Aviator - Édition collector 2 DVD - DVD

Aviator, 2004

Alertes
Aviator - Édition collector 2 DVD
4,0
Image Star Rating 10
Son Star Rating 9
Interactivité Star Rating 5
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Test DVD - Aviator - Édition collector 2 DVD

Rédigé le 16 aoû 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

Avis image
Star Rating 10
Avis son
Star Rating 9
Avis bonus
Star Rating 5
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Test technique

L'une des plus belles images de cette année – si ce n'est LA plus belle. Un film de Martin Scorsese photographié par Robert Richardson était forcément attendu au tournant, et le résultat est à la hauteur : un régal de chaque instant pour nos rétines. En plus d'un master bien entendu parfait, ce sont surtout la gestion des contrastes (avec des noirs d'une profondeur parfaite et des blancs brûlés juste comme il faut) et la colorimétrie qui impressionnent. Cette dernière est d'une finesse quasi-irréelle jusque dans les couleurs réputées les plus délicates à encoder, comme les bleus ou les rouges les plus purs.



Dans ces cas précis, la compression ne laisse apparaître que quelques légers ratés (piqué moins précis, fourmillements) que l'on retrouve aussi par moments dans les plans larges en extérieur. Mais ces défauts sont tellement mineurs au regard de la durée du film, et surtout insignifiants comparés aux innombrables splendeurs visuelles que nous réserve Aviator que la note maximale est largement méritée.



À nouveau du grand, du très grand spectacle. Que ce soit en VO ou en VF, le Dolby Digital 5.1 donne tout ce qu'il a en puissance et en précision tout au long des 2h40 de film. Il faut dire aussi que les scènes se prêtant à de grandes envolées sonores ne manquent pas, qu'il s'agisse du glamour hollywoodien (le music-hall du Coconut Grove, la première de Hell's angels sur Hollywood Boulevard) ou des moments de bravoure aéronautique qui ont rythmé la vie d'Howard Hughes. Le tournage du combat aérien de Hell's angels, les vols d'essai des différents prototypes ou encore le grave accident de Hughes avec le XF-11 sont tout simplement ébouriffants, nous plongeant au cœur de l'action jusqu'à nous laisser le souffle coupé.


Pourquoi seulement 9 et pas 10 alors ? Pour deux trois petites choses : le doublage français beaucoup trop poupin de Leonardo Di Caprio (d'autant plus rageant que les autres personnages sont bien retranscris) ; l'utilisation plus que limitée du caisson de basses ; et enfin l'absence de piste DTS, qui certes se justifie par la durée du film, mais TF1 Vidéo nous a déjà habitué à réaliser des éditions réparties sur plusieurs disques afin de nous proposer ce genre d'option.

Test des bonus

Aviator arrive en zone 2 dans deux éditions distinctes : une collector double DVD qui reprend derrière ses menus très travaillés les principales caractéristiques du zone 1 testé il y a quelque temps par Laurent Pécha, et une simple composée uniquement du premier disque, qui comprend évidemment le film, agrémenté en termes de suppléments par le commentaire audio à trois voix et la scène coupée.


L'édition 3-DVD dite « super collector »

Reste que TF1 vidéo prévoit aussi de sortir une troisième édition dite « super collector » le 13 octobre prochain. Comme indiqué dans notre news du 18 juin dernier, outre la présence d'un livre de 64 pages, d'une reproduction en miniature d'un avion de Hughes et de deux photos avec autographes de Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio, ce coffret devrait aussi contenir un troisième disque que l'on pourra se procurer séparément pour la « modique somme » de 14,99 euros. Le test de ce troisième DVD, intitulé Howard Hughes, l'aviateur peut être consulté en cliquant directement ici.


Étant donnée la qualité assez décevante des bonus dédiés au film en lui-même sur le second disque, l'édition collector est donc à réserver pour ceux qui seraient curieux d'en apprendre un peu plus sur Howard Hughes grâce aux différents documentaires qui lui sont consacrés dans la section portant son nom. Pour le reste, il faut en effet se contenter d'une édition faussement riche qui passe le plus souvent à côté de la possibilité de décortiquer de manière cinéphile et même technique la genèse et production d'Aviator. Plus d'une fois frustrante quand elle n'est pas simplement soporifique, l'interactivité proposée par cette édition double DVD démontre bien cette incapacité chronique des studios américains de proposer un prolongement réellement pertinent sur leurs gros films. En tout cas, une chose est sûre : à moins d'être conciliant, il va falloir faire ici le tri entre ce qui est intéressant et ce qui l'est (nettement) moins. Pour cela, nous reprenons ici la critique in et off du test du zone 1, en y intégrant les deux bonus exclusifs au zone 2 français : l'interview de Martin Scorsese (in) et la conférence de presse française (largement off). Honneur tout d'abord à ceux qui valent le détour !

LES BONUS IN

Scène coupée : En fait, il s'agit d'une séquence prolongée d'une scène figurant bien dans le film, celle où Hughes veut offrir un collier de diamants à Ava Gardner. Si la séquence se finissait simplement par le refus de l'actrice de se voir ainsi acheter par son amant, elle possède désormais une intensité dramatique nettement plus marquante, Hughes faisant part de manière à la fois cynique et désabusée de la toute puissance de l'argent, capable d'acheter tout y compris la mort de quelqu'un.


Une soirée avec Leonardo Di Caprio et Alan Alda : Alors qu'on aurait pu s'attendre à un long document consensuel où les deux acteurs rivalisent de prouesses pour vendre leur film tout en se complimentant réciproquement, la conversation qu'ils animent devant une audience toute acquise à leur cause, est de bout en bout passionnante. Tout en évoquant par des anecdotes souvent savoureuses leurs souvenirs du tournage, ils se livrent à une sorte de cours intime sur leur manière de travailler. Hautement instructif, il s'agit du bonus le plus réussi ou du moins le plus abouti de cette édition.


Les effets visuels : Malheureusement bien trop court, ce module, le seul convaincant concernant le tournage et la création du film, évoque de manière spectaculaire et efficace comment ont été créés les effets visuels d'Aviator. Et le moins que l'on puisse dire est que c'est aussi saisissant que surprenant à l'image de la découverte du tournage en live et miniature du crash de l'avion dans les villas de Los Angeles.


Interview de Martin Scorsese par Jean-Pierre Lavoignat : Il s'agit en réalité de l'enregistrement d'une master-class Fnac donnée par le réalisateur à l'occasion de la sortie du film en France. La durée est du coup assez limitée (moins d'un quart d'heure), les questions aussi, qui se concentrent surtout sur les ressemblances entre Hughes et Scorsese. Malgré tout, écouter ce dernier parler est toujours un plaisir qui ne se refuse pas, d'autant plus que la fin de l'interview nous réserve des remarques un peu plus intéressantes sur la préparation et le tournage de la scène du crash (complétant ainsi le module sur les effets spéciaux) ou encore sur la modestie de Scorsese. Celui-ci assume entièrement l'aspect film de commande d'Aviator et se considère plus comme un amateur cherchant à tourner le plus possible de longs-métrages afin d'emmagasiner de nouvelles expériences que comme un maître hautain n'acceptant de porter à l'écran que ses propres sujets.


Le rôle de Howard Hughes dans l'histoire de l'aviation et Merveilles du monde moderne : Howard Hughes, un documentaire de History channel : Contrairement à ce qu'a pu en dire Laurent (sûrement sous le coup de la déception d'avoir à subir l'inanité des featurettes traitant du tournage) dans son test du zone 1, ces deux documentaires méritent le détour. Même si a priori vous n'étiez pas plus curieux que ça d'en apprendre plus sur le vrai Howard Hughes, les informations présentées sont suffisamment étonnantes pour accrocher l'œil et l'oreille. Détails techniques sur les avions, replacement des conquêtes et batailles de Hughes dans leur contexte, et surtout récit de ce que fut la vie de Hughes après la fin du film de Scorsese (entre repli paranoïaque sur soi à Las Vegas et inventions continuelles dans les domaines de l'hélicoptère et de la conquête spatiale) : s'il n'y a pas le glamour d'Aviator, l'utilisation d'un point de vue objectif et exhaustif compense largement cette perte en termes d'intérêt.



Galerie de photos : Elle n'est plus là ! Seul retrait effectué par TF1 Vidéo par rapport à l'édition américaine, ce que l'on peut regretter puisqu'elle faisait partie des bonus in.

LES BONUS OFF

Commentaire audio de Martin Scorsese (réalisateur), Michael Mann (producteur) et Thelma Schoonmaker (monteuse) : sur le papier, c'était un supplément de rêve. Malheureusement, le rêve restera sur le papier. Plombé constamment par le fait que les trois intervenants (seul Scorsese se présente d'ailleurs) aient été enregistrés séparément, ce commentaire n'a de cesse de nous frustrer. Alors que l'on fantasmait sur une conversation forcément aussi géniale que passionnante entre deux des plus grands cinéastes de notre temps, il faut se contenter d'interventions solistes plus ou moins intéressantes. À ce petit jeu, et même si Michael Mann montre par ses connaissances sur Hughes et son époque qu'il fut longtemps le réalisateur qui devait faire le film, c'est Scorsese et son débit mitraillette qui livre les remarques et informations les plus pertinentes (comme par exemple sur le travail mené en collaboration avec Robert Richardson pour coller aux couleurs et procédés techniques de l'époque), Thelma Schoonmaker ayant tendance à se faire discrète sauf lors de certaines séquences bien spécifiques. Malheureusement, l'ensemble reste trop complexe et superficiel pour que l'on retienne vraiment quelque chose de durable.


Une vie sans limites : les coulisses de Aviator : Les reproches commencent vraiment ici avec l'éternel making-of promotionnel qui survole la production du film de manière honteusement frustrante et met notamment l'accent sur l'implication énorme de Di Caprio dans le projet.

Avant-première parisienne et conférence de presse : Pour ceux qui fantasmaient encore sur ce qu'est une conférence de presse officielle, ce supplément devrait sérieusement refroidir leurs ardeurs. La litanie de questions et de réponses (par Martin Scorsese, Cate Blanchett et Leonardo Di Caprio) est aussi plate qu'un making-of promotionnel, centrée sur la préparation du film plutôt que sur son tournage : les recherches effectuées sur Howard Hughes, le plaisir inouï de travailler tous ensemble, l'extrême souci de réalisme de tous les intervenants… Seul(e)s les fans de Di Caprio y trouveront leur compte, avec les nombreux gros plans réalisés sur leur idole.


L'infirmité de Howard Hughes : le trouble obsessionnel compulsif (TOC) : Bonus qui se veut consensuel sur les affres de la maladie qui a touché Hughes, le trouble obsessionnel compulsif. Entre remarques inutiles (le docteur qui dit que Hughes aurait pu être soigné à notre époque) et témoignages de victimes de TOC, on reste circonspect devant la réelle utilité de ce supplément. Le DVDphage qui achète le DVD d'Aviator acceptera t-il aussi aisément de troquer un bonus bien fait sur la genèse du projet (Aviator fut un film très compliqué à mettre en route) pour ce type de supplément à caractère médical ? On en doute terriblement !


Discussion sur le TOC avec Di Caprio, Scorsese, la veuve de Hughes et un psychiatre : Et si un bonus ne suffisait pas à évoquer les TOC, en voici un autre qui souffre en plus de ne donner la parole à la veuve de Hughes qu'une petite minute alors qu'on aurait bien aimé l'entendre évoquer en détails la mémoire de son mari. Seul véritable moment de plaisir cinéphile que réserve ce supplément, les rares interventions de Scorsese qui élève un peu les débats en explicitant comment il a suggéré visuellement le handicap dont souffrait Hughes.


La conception visuelle : le travail de Dante Ferretti
La conception des costumes : le travail de Sandy Powell
L'ère du glamour : les coiffures et le maquillage de Aviator
Trois featurettes totalement superficielles qui apportent de faibles informations techniques et artistiques sur des départements précis du film. C'est bien simple on reste constamment à la surface des choses alors que la matière est bien là à portée d'yeux et d'oreilles. Et comment dans tout ça peut-on passer aussi facilement sous silence (une phrase ou deux livrées en pâture) l'extraordinaire travail sur la photo qui fut d'ailleurs à juste titre oscarisé cette année ?


La musique d'Aviator de Howard Shore : Un module désormais classique qui voit le compositeur du film en question revenir sur la manière dont il travaille et compose la bande originale. À force de voir ce type de bonus, on a la furieuse impression de les connaître avant même qu'il ne débute. Confirmation faite à l'écoute d'Howard Shore qui a la mérite de relever un peu les débats par rapport aux intervenants des précédents modules.


La famille Wainwright : On n'insistera pas trop devant l'aspect particulièrement pathétique de ce bonus mettant en vedette un personnage imbu de lui-même et qui décortique un élément (les chanteurs du Coconut grove) peu important dans l'historique du film eu égard notamment à tous les éléments clés que le DVD se refuse d'évoquer.

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