King Kong (1933) - Édition collector 2 DVD
King Kong- REALISATEUR:Ernest B. Schoedsack , Merian C. Cooper
- ACTEURS:Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot
- GENRE:Fantastique
- EDITEUR:Éditions Montparnasse
- DATE DE SORTIE:03 novembre 2005
TEST TECHNIQUE
Le master restauré de la VO de King Kong est une bonne surprise comme en témoigne d'ailleurs le « module de restauration » joint en supplément ou encore les captures ci-dessous. Jamais la richesse graphique de son image 1.33 N&B n'a été aussi bien restituée en vidéo chez nous. Bien sûr ce n'est pas l'absolue perfection : le générique d'ouverture est par exemple instable, on relève aussi quelques poussières et des saletés sur la fenêtre de l'objectif. Mais enfin convenons que le fourmillement est bien contrôlé, les scènes nocturnes comme les scènes de jungle ne comportent aucun artefact de compression, ni aucun bruit vidéo, et enfin les nuances de noirs et de gris sont soignées. Les mêmes remarques peuvent être faite concernant le master VF puisqu'il s'agit in fine du même master.

Les Éditions Montparnasse nous ont en effet précisé lors d'un entretien téléphonique que leurs recherches ont avant tout porté sur un master VO en bon état puisque celui présent sur la précédente édition était inexploitable (voir captures ci-dessous). Devant la difficulté pour obtenir des négatifs exploitables quand on s'appelle « Éditions Montparnasse » et non Warner (les cinémathèques française et étrangères ne permettent en effet que très rarement l'accès « pro bono » à leurs négatifs ou alors il faut être pistonné), l'éditeur français s'est tout simplement tourné vers l'ayant droit du film en France et a pu mettre la main sur un internégatif de très bonne facture lui permettant de réaliser un nouveau télécinéma. Par la suite ils ont pu se concentrer sur l'étape restauration qui permet donc comme on l'a dit de découvrir une image bien au-dessus de la moyenne pour un film de cette époque. Mais le travail ne s'est pas arrêté là. Voulant à tout prix proposer une version française du film et faire ainsi oublier l'horrible présentation de la précédente édition (voir captures ci-dessous), Montparnasse s'est fendu lui-même d'un montage image et son à partir du master VO en recherchant pour les dialogues français les meilleurs éléments possibles à leur portée. Gros travail s'il en est pour un intérêt discutable puisque le film s'adresse d'abord aux cinéphiles et autres cinéphages adeptes comme on le sait de la VO.

Édition simple 2000 : master VF

Édition simple 2000 : master VO

Édition Collector 2005 : master VF

Édition Collector 2005 : master VO

Édition simple 2000 : master VF

Édition simple 2000 : master VO

Édition Collector 2005 : master VF

Édition Collector 2005 : master VO

Édition simple 2000 : master VF

Édition simple 2000 : master VO

Édition Collector 2005 : master VF

Édition Collector 2005 : master VO
La dernière question qui se pose mais non la moins essentielle, est de savoir si les montages proposés tant en VF qu'en VO sont les bons. S'il est bien difficile de répondre à cette question tant il y a de montages différents qui ont circulé à travers les décennies, disons tout de même que les versions montrées ici diffèrent déjà de celles visibles sur la précédente édition chez le même éditeur. En effet on pouvait y voir des gros plans où King Kong, lors de l'attaque contre le village pour récupérer sa belle, mange et écrase de pauvres indigènes qui tentent de fuir ou de se défendre. Présents sur les master VO et VF, ces plans ont donc disparu de cette nouvelle édition confirmant le sentiment que si le travail de restauration semble exemplaire, celui du respect de l'œuvre original est moins évident. Gageons que l'édition américaine qui sortira chez Warner le 22 novembre apportera des éléments définitifs à ce débat. Rob Hummel, le restaurateur du film pour le DVD Warner, que nous avions rencontré à Deauville en septembre dernier, semblait déjà le confirmer (découverte de scènes que l'on croyait perdu, restauration d'un métrage définitifÂ…). Mais nous y reviendrons d'ici là. Affaire donc à suivreÂ…


Deux des scènes absentes du montage proposé dans cette nouvelle édition
Le master vidéo numérique du Fils de King-Kong contient quant à lui, en dépit d'une belle restauration, quelques petits défauts (une brûlure de cigarette, une ou deux déchirures, etc.) mais sans gravité compte tenu de la rareté du film : son image est en général nette, aussi bien définie que celle du film principal dont il est la suite directe. Cela dit, le budget du Fils de King Kong fut évidemment inférieur à celui de King Kong : les effets spéciaux de Willis O'Brien sont toujours aussi beaux lorsque le scénario, dans sa seconde moitié, leur donne l'occasion de se révéler mais la photographie dans son ensemble est moins sophistiquée même si régulièrement d'une beauté poétique à couper le souffle.
Francis Moury et Sandy Gillet
Offre remarquable concernant King Kong puisque l'on a le choix entre une VO mono 2.0 restaurée (belle puissance sonore via des dialogues bien présents) ou une VO remastérisée en Dolby Digital 5.1 assez convaincante (ouverture sonore pertinente avec belle mise en valeur de la musique de Max Steiner -probablement sa meilleure partition jamais composée - même si au détriment du volume sonore des dialogues). L'éditeur pousse même le choix d'écouter ces deux VO avec ou sans sous-titres français.
La VF d'époque au doublage extraordinairement mauvais proposée sur le deuxième disque avec le reste des suppléments est pour sa part bien nettoyée. Elle est aussi proposée en mono d'origine 2.0 et ou en version remastérisée Dolby Digital 5.1. On reprécisera donc aussi ici qu'il s'agit là d'un montage sonore fait à partir de multiples sources et cela s'entend (étalonnage qui peine à récupérer les niveaux sonores) malgré le très bon travail opéré par la dorénavant incontournable société Maia.

Concernant Le Fils de King Kong, seule une VOSTF mono 2.0 d'origine est proposée : elle est en bon état général. Mais pourquoi ne pas avoir fait l'effort de retrouver sa VF d'époque ?
Francis Moury et Sandy Gillet
TEST DES BONUS
À noter d'entrée de jeu que l'éditeur nous gratifie sur le premier disque, outre donc de King Kong en VO, du Fils de King Kong, plaçant ainsi cette suite si souvent villipendée au même rang cinéphilique que son prédécesseur. Ce qui justifie que nous lui consacrions ici même une critique à part entière. On félicite les éditions Montparnasse de cette attitude hautement honorable appliquée à un film certes plus modeste mais non moins passionnant.

À la fois très décevant puisqu'il ne s'agit plus d'un film orienté vers la peur et la terreur mais passionnant du point de vue de l'histoire du cinéma, Le Fils de King Kong (The Son of Kong, USA 1933) d'E.B. Schoedsack produit par Cooper et tourné pratiquement par la même équipe technique, n'a de toute évidence pas coûté les 600.000 dollars américains investis dans son illustre prédécesseur. Le chef indigène joué par Noble Johnson perd les centaines de figurants qui lui donnaient son ampleur sociologique. Et la sublime Fay Wray, la plus mythique « screaming queen » de toute l'histoire du cinéma fantastique, est remplacé par la tarte et mièvre Helen Mack. Le Fils de King Kong n'est plus une pulsion mi-sadique, mi-érotique matérialisée comme l'était son père, c'est un ami de la race humaine. On peut d'ailleurs se demander qui est sa mère : on se dit que l'histoire du cinéma nous doit une revanche et on aurait aimé la connaître, celle-là ! Il est vrai que le sublime Gorgo (GB 1961) d'Eugène Lourié compensera admirablement cette lacune même si le domaine zoologique n'est plus le même.

Cela dit Le Fils de King Kong – car tel est bien le titre d'exploitation français de 1933 et pas Le Fils de Kong qui n'est qu'une traduction littérale du titre américain - est un film poétique et charmant, très beau en lui-même car il prolonge les aventures de Denham d'une manière étonnante. Accablés par la crise à un degré peut-être pire encore que les personnages du film antérieur, les protagonistes trouvent à nouveau refuge dans Skull Island, cette fois-ci assagie sous la forme d'un relatif Eden, même si parcouru par quelques monstres redoutables. Le petit Kong est doux, enfantin, et aide celui qui a provoqué la mort de son père, mort dont il s'excuse formellement auprès de lui. Les combats du fils contre quelques monstres ne sont que de pâles redites de ceux du père mais la catastrophe finale est plastiquement grandiose et constitue une belle métaphore du créateur (de King Kong comme image-spectacle ayant tué le véritable et innocent/sauvage King Kong) sauvé de la mort et du destin par sa création-découverte. Entre une mutinerie dont les dialogues tout de même ahurissants de cynisme font presque allusion à celle du Cuirassé Potemkine, et une peinture assez désespérée de la condition humaine, Le Fils de King Kong pèche paradoxalement par optimisme et par un souci évident d'assagir la virulence brutale du premier film. De ce point de vue, c'est le premier jalon de la décadence de Schoedsack comme cinéaste fantastique mais une décadence si réflexive – et si régulièrement sincère - qu'elle en devient souvent séduisante et inspirée.
Note : 7/10

Remarque préliminaire à l'usage de ceux qui n'auraient jamais vu King Kong et Le Fils de King Kong : ne visionnez les suppléments qu'après avoir vu les deux films, car les bonus contiennent de très nombreux extraits et l'un d'entre eux (l'analyse historico-esthétique) n'est même pratiquement illustré que d'extraits du premier film ! Outre donc les 15 chapitres pour King Kong et les 11 chapitres pour Le Fils de King Kong (numérotés, sur image fixe non titrée) on trouve sur ce zone 2 :

Joe Dante
Kong et moi (VOSTF, 21 min.) est un entretien avec le cinéaste Joe Dante, qui est sympathique et intéressant : on constate d'après l'expérience de Dante – alors jeune spectateur de télévision ayant découvert le film par ce media - que l'exploitation chaotique du film fut identique des deux côtés de l'Atlantique, voire pire peut-être encore aux USA où la télévision américaine avait considérablement mutilé le film de tous les plans jugés excessivement barbares.

Ray Harryhausen
Ray Harryhausen : le film qui a changé ma vie (VOSTF, 15 min.40sec.) est un entretien (filmé lors de sa venue au Festival du Film Jules Vernes oganisé au cinéma parisien Le Grand Rex en 2005) avec celui qui est l'authentique fils spirituel, du point de vue technique, de Willis O'Brien, le spécialiste des effets spéciaux de King Kong. Harryhausen et O'Brien travailleront ensemble sur le crépusculaire Monsieur Joë / Le Roi de l'Afrique (Mighty Joe Young, USA 1949) co-produit par Cooper et John Ford, co-écrit par Merian C. Cooper et réalisé par E.B. Schoedsack. Harryhausen, tout comme Dante, mentionne l'influence esthétique de Gustave Doré sur Willis O'Brien.
Une fable cinématographique (VF, 20min.) est une analyse du film par Suzanne Liandrat-Guigues qui contient quelques remarques historiques précieuses pour le non-spécialiste, comme celles relatives à certains éléments de décor repris de Les Chasses du comte Zaroff d'Ernest B. Schoedsack, et esthétiques mais dites sur un ton un peu monocorde et lassant. En fait ce genre de texte gagne plutôt à être lu qu'à être entendu.

Avant / Après : la restauration de King Kong (VF, 4min.) est un module de restauration sympathique qui vous montrera comment on restaure une pliure du négatif, comment on corrige à l'aide d'une palette graphique les traces de colle ou les poussières positives, comment l'étalonnage a été restauré. Très bien fait et compréhensible même par le novice en technique.
Une bande-annonce originale de King Kong (VOSTF, 1min.31sec., 1.37 4/3 N.&B.) dont l'image n'a pas été restaurée mais qui est un document rare et intéressant.
Enfin il est bon de souligner le soin graphique apporté au coffret. Le recto de l'étui protégeant le coffret proprement dit est inférieur au verso qui présente le si beau photomontage N&B réalisé dans les années 1960. C'est lui qui aurait pu être avantageusement placé au recto à la place de ces lettrines assez lourdes et peu élégantes. Le coffret lui-même est en revanche beau : il est illustré de photos d'exploitation, de plateau et de beaux dessins originaux, et contient aussi un livret (sans aucun commentaire) de documents iconographiques historiquement de première main.
NB : les durées des films comme des suppléments, mentionnées au verso du boîtier, sont approximatives. Nous avons restitué dans la fiche DVD les durées exactes constatées en vidéo. Bien sûr, tout cela ne remplace pas -– même si ce DVD permet de rectifier leurs quelques coquilles respectives comme l'hésitation entre Willis O'Brien et Merian C. Cooper en crédit sous la même photo, et quelques inexactitudes orthographiques de certaines fiches techniques - les mythiques exemplaires de la revue française Midi-Minuit Fantastique N°3 spécial King Kong, éd. Le Terrain vague, Paris octobre-novembre 1962 et de son complément indispensable, l'édition française du magazine Creepy N°8 spécial King Kong sous la direction de Michel Caen et Jacques Boivin, éd. Publicness Paris 1972. L'ensemble de cette interactivité zone 2 constitue cependant une très sympathique introduction à ce grand classique du cinéma fantastique, à cette « huitième merveille du monde » si bien défendue par des intellectuels et des cinéphiles aussi divers que Paul Eluard (lorsqu'on lui demanda de présider un ciné-club, il répondit : "Je veux bien... mais redonnerez-vous King Kong ?" : cité par Midi-Minuit Fantastique N°3 ou par Creepy n°8 ou par les deux, de mémoire), Jean Boullet, Alain Le Bris, Michel Caen, Jean-Claude Romer, René Prédal, Gérard Lenne, Jean-Marie Sabatier et tant d'autres grands critiques français des années 1933 à nos jours.
CETTE EDITION
Emballage: Digipack
Duree: 95 min
Format d'image: 1.33:1
Type de disque: 2 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL
DISQUE 1
Disque 1 :
King Kong (montage US, 95min 35s)
Master numérique restauré
Anglais mono 2.0 et DD 5.1
Sous-titres français
Le fils de Kong (69min, VOSTF)Disque 2 :
King Kong (montage français, 84min 50s)
Master numérique restauré
Français 2.0 mono et DD 5.1
Entretien avec Joe Dante : Kong et moi (21min, VOSTF)
Entretien avec Ray Harryhausen : Le film qui a changé ma vie (15min, VOSTF)
Documentaire : Une fable cinématographique, par Suzanne Liandrat-Guigues (20min, VF)
Documentaire : Avant / Après, la restauration (4min)
Bande-annonce originale (1min 30s, VOSTF)
Livret d'accompagnement d'une vingtaine de pages environ
Captures
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02/04/2007 20:31 par La Rédaction
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