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Neverland - DVD
Neverland, 2004
2,7
Image
Son
Interactivité
Test DVD - Neverland
Rédigé le 19 oct 2005 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
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Test technique
Peter Pan serait-il un sujet inépuisable pour Hollywood ? On ne compte plus à ce jour les multiples versions de l'uvre majeure du romancier britannique James M. Barrie qui, tour à tour, auront bercées de souvenirs délicats et fantasmagoriques des millions d'enfants, et ce jusqu'à la dernière version encore présente dans nos esprits (et plutôt réussie) de P.J. Hogan. En adaptant aujourd'hui pour le grand écran le roman de l'écrivain Alan Knee (L'homme qui était Peter Pan), le cinéaste Marc Foster bouleverse, par un habile jeu de mise en abîme, tout un pan de la culture anglaise victorienne.

S'il y a bien un sujet sur lequel nous n'attendions pas le réalisateur de À l'ombre de la haine, c'était celui du film pour enfant, coloré et gorgé de bons sentiments. Dans une certaine mesure, Neverland n'est pas le film escompté, parce qu'il tient davantage à une tristesse quotidienne et incurable, balayant les bonheurs possibles et imaginaires d'une famille qui ne l'est pas moins. Et de tristesse, Neverland, de par son aspect biographique, en regorge. Non pas que le film de Foster soit un grand drame dépressif, loin de là, mais il contient finalement plus d'instants chargés d'émotions douloureuses que de réelle magie. D'ailleurs, on comprendra d'avantage cette tournure en arpentant les différentes étapes de la vie de Barrie, parfaitement mises en avant dans le film avec, comme principal évènement, le décès à 13 ans du frère aîné de James, David, qu'il idolâtrait.

En se focalisant sur la rencontre de Barrie et de la famille Llwelyn Davies, Foster s'attaque à l'imaginaire et à son processus de création. Les jeux se succèdent, les évasions aussi, en passant du Far West aux Mers agitées du Sud. Ces instants, tous issus de l'imaginaire, s'évertuent en effet à rendre grâce à un temps passé, révérence subtile et nostalgique au cinéma d'antan. Les pastiches se succèdent, de Morricone à Curtiz, en passant par une esthétique qui ne sera pas sans rappeler à certains celle du Casanova de Fellini ; et Foster de tisser avec les enfants la trame fantastique, visionnaire et subtilement mélancolique de Peter Pan en ouvrant ainsi les portes de Neverland.

À ceci près qu'intervient au même moment le plus grand défaut du film, remettant partiellement en cause le choix de son réalisateur. L'émotion qui émane de ces quelques séquences semble formatée, chassant toute forme de naturel. Foster, à l'inverse de Burton ou de Cuarón, ne sait ou ne veut satisfaire à son univers, tant et si bien que la magie n'opère pas suffisament, le cinéaste préférant satisfaire à une ceraine convention lors des trois premiers quarts du film afin de terminer dans sa dernière partie sur une forme élégiaque et tourmentée. Le montage alterné embrasse ici la naissance et la mort, la joie et le deuil (marquant là l'une des plus belles rencontres de cinéma, en la présence de Johnny Depp et de Kate Winslet, habités l'un et l'autre par leur rôle) et on préfèrera donc se rappeler de ces quelques touches plutôt qu'un ensemble à l'homogénéité discutable.

La mort cependant n'aura sans doute jamais été aussi présente dans une adaptation de Peter Pan à l'écran, effaçant avec elle toute forme d'innocence. Neverland, à défaut d'être le film pour enfants attendu, est une intelligente métaphore sur le Paradis, ce pays de Nulle Part dont on ne revient jamais, seulement en rêve
Avis artistique par Fabien Braule

Techniquement, cette édition zone 2 de Nerveland est aussi réussie en ce qui concerne le son qu'elle déçoit visuellement. L'image souffre en effet d'une compression et d'une définition besogneuses, franchement étonnantes pour un film récent et d'une durée moyenne comme Neverland. Ces défauts se traduisent par une image manquant cruellement de piqué et envahie par d'énormes fourmillements dans les arrière-plans, au point de rendre l'action peu lisible dès que l'on passe en plan large ou même en plan moyen :

Difficile dans ces conditions de profiter à plein du film, même si les autres aspects du transfert en numérique sont quant à eux honnêtes : master propre, contraste soigné, et colorimétrie satisfaisante (le rouge bordeaux des sièges du théâtre est un très bon juge de paix sur ce point) bien qu'un peu terne.

Le rendu sonore proposé par le DVD est autrement meilleur, voire même luxueux. La présence de pistes DTS en anglais et en français est en effet presque de trop au vu du genre du film, et l'on se serait tout à fait contenté des mixages Dolby Digital 5.1 anglais et français. Mais ne boudons pas trop notre plaisir, car ces quatre pistes sont en tous points excellentes (avec bien sûr un rendu encore plus pointu pour le DTS) : clarté des dialogues, belle balance entre les aigus et les graves, et spatialisation intelligemment amplifiée lors des séquences prenant place au théâtre, lieu où les rêves deviennent réalité. La musique et les différents effets sonores y sont répartis sur l'ensemble des canaux pour un résultat tout à fait prenant, en particulier lors de la première triomphale de la pièce Peter Pan.

Suite à la disparition du commentaire audio présent sur le zone 1 (« remplacé » par les deux nouvelles pistes DTS), l'interactivité de Neverland se résume principalement à ses menus animés au style enfantin très plaisant. Les suppléments en eux-mêmes sont en effet aussitôt vus, aussitôt oubliés. La magiede Neverland est la traditionnelle featurette promo ne nous apprenant rien sur le film, hormis que son message est beau et émouvant et que cela valait la peine de réunir la meilleure équipe possible pour le porter à l'écran. Chose curieuse, ce documentaire réalise non seulement la publicité du film mais aussi celle de Johnny Depp ; la moitié de la featurette est ainsi consacrée à la célébration de son talent d'acteur, tant par des interviews de confrères que par de nombreux extraits de films, de Edward aux mains d'argent à Pirates des Caraïbes. Une opération de promo qui visait à aider le comédien dans sa quête de l'Oscar du meilleur acteur (pour lequel il fut finalement battu par Jamie « Ray Charles » Foxx) ?

La durée cumulée des autres bonus ne dépasse pas le quart d'heure. Les images de la première du film, le documentaire sur les effets visuels Créer Neverland et les trois scènes coupées (qui sont des dialogues supplémentaires apportant des précisions superflues sur les relations entre personnages) sont d'une rare pauvreté, de sorte que seul le bêtisier possède un quelconque intérêt. Il démontre en effet le don d'improvisation et de réactivité de Johnny Depp, dont l'imagination débordante colle très bien à son rôle dans le film. De plus, ce bêtisier contient la seule information un tant soit peu remarquable sur le tournage : l'utilisation par le réalisateur de boîtes à pets pour faire rire les enfants à certains moments précis. La présentation d'une scène sans l'effacement des bruits de ces accessoires donne un exemple inattendu de la « magie du cinéma », celle qui fait toute la différence entre le tournage et le résultat final.



