Beaucoup de bruit pour rien - DVD

Beaucoup de bruit pour rien

Beaucoup de bruit pour rien
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TEST TECHNIQUE

01 oct 2005 Par Erwan Desbois

À regarder les nombreux films tirés de pièces ou même de la vie de Shakespeare, une évidence se fait corps : rien ne vaut la fidélité absolue aux écrits du dramaturge anglais, tant ce dernier semble indémodable. Kenneth Branagh fut sans conteste son plus grand apôtre au cours des dernières années, en adaptant avec succès une demi-douzaine de ses œuvres dans des longs-métrages qui allient respect du texte et prise de risque payante en ce qui concerne l'habillage. Son coup d'éclat fut bien sûr son Hamlet transposé à la fin du 19è siècle et d'une durée de quatre heures ; mais avec sa bonne humeur communicative, ses décors paradisiaques et son casting de rêve, Beaucoup de bruit pour rien mérite lui aussi une place de choix au panthéon des mises en scène de pièces de Shakespeare.


Beaucoup de bruit pour rien est connue pour être l'unique comédie de Shakespeare – qualification principalement due au fait que, pour une fois, tout ne se finit pas dans un bain de sang sous les cieux pluvieux d'un pays nordique mais dans une farandole enjouée et illuminée par le soleil de la Toscane. Mais Shakespeare ne se trahit pas pour autant, sa « comédie » se construisant autour de ses thèmes habituels : trahisons, ressentiments, luttes de pouvoir, et amours se faisant et se défaisant au gré d'intrigues et de mensonges. Ce qui diffère ici, c'est que l'auteur fait de ces rouages d'ordinaire cachés le cœur de l'histoire et prend ouvertement le parti de s'en moquer. La situation de la pièce est ainsi on ne peut plus abstraite : dans une époque et un lieu plus ou moins indéterminés, des soldats dans la fleur de l'âge et revenant victorieux d'une guerre font halte dans la demeure d'un seigneur allié et y courtisent les jeunes et belles demoiselles de la maisonnée.


Après un premier acte d'exposition longuet, la pièce s'emballe par la grâce du sens du récit et de la répartie de son auteur lorsque tous les personnages commencent à se mystifier les uns les autres dans un jeu de dupes ininterrompu et rieur. Maîtrisant à la perfection les codes et artifices du théâtre (personnages discutant à haute voix afin qu'un autre qui se croit caché les entende, imbroglio sur des identités, bal masqué…), Shakespeare en joue avec virtuosité en les appliquant dans une scène pour mieux les désamorcer ou les railler dès la suivante. Le chassé-croisé amoureux entre les deux personnages principaux Don Benedict et Béatrice (Kenneth Branagh et Emma Thompson, tous deux survoltés), qui flirte en permanence avec l'autoparodie, est ainsi purement jouissif, de même que la bande de policiers bouffons menée par Michael Keaton (qui, pour notre plus grand plaisir, cabotine presque autant que dans Beetlejuice), intégrée de façon totalement arbitraire à l'histoire et grâce à qui la situation sera sauvée in extremis.


Pour adapter ce texte délirant et qui n'a pas pris une ride, Kenneth Branagh ne s'est fixé aucune limite. Il balaye tout risque de théâtralité pesante en plaçant constamment sa caméra au cœur de l'action, et transforme ainsi le spectateur en acteur de la pièce. De plus, le film est d'une grande modernité et en définitive très respectueux de l'esprit voulu par Shakespeare grâce à sa douce folie, entre références cinématographiques décalées – Kenneth Branagh acteur ressemble ainsi tour à tour à Peter Sellers et à Woody Allen selon qu'il se débatte avec une chaise longue pliante ou qu'il s'évertue à exposer avec emphase et fierté ses théories de célibataire endurci sur l'amour et le mariage – et danses et chansons inopinées. Parmi ces dernières, on retiendra surtout le numéro final qui clôt ce film de la plus belle des manières, par un remarquable plan-séquence aux effets euphorisants indéniables.


Comme à chaque fois qu'elle brade un titre de son catalogue (Beaucoup de bruit pour rien est proposé directement dans une collection à petit prix), la MGM ne fait pas les choses à moitié : aucun supplément, des menus fixes et minimalistes (avec ce qui représente désormais la marque de fabrique de l'éditeur, à savoir l'absence du nom du film sur tous les différents menus), et aucun travail particulier sur les sources visuelles et sonores, puisque le master utilisé présente de nombreux drops et poussières, et que les différentes pistes audio sont toutes en stéréo 2.0 d'origine.


Beaucoup de bruit pour rien étant un film assez récent, l'état dans lequel il est présenté reste cependant très honorable. Les pistes son restituent de façon claire tant les dialogues que l'ambiance musicale (si le niveau d'anglais le permet, on privilégiera bien évidemment la version originale afin de profiter au mieux des conversations pleines d'esprit), et le rendu visuel du film est de qualité malgré les réserves concernant le master. La très bonne gestion des contrastes est le point le plus appréciable, car elle met particulièrement bien en valeur les paysages gorgés de lumière de la Toscane. Autre source de satisfaction, les arrières-plans sont tout à fait lisibles et seuls de très légers artefacts de compression apparaissent lors de grands mouvements de caméra.

CETTE EDITION

Disque 1: Beaucoup de bruit pour rien
Emballage: Amaray
Duree: 106 min
Format d'image: 1.78:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1


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La Rédaction 02/04/2007 20:26 par La Rédaction

[DVD] Beaucoup de bruit pour rien - Zone 2

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