As tears go by - DVD

As tears go by, 1988

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As tears go by
3,2
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Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 8
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Test DVD - As tears go by

Rédigé le 17 aoû 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Test technique

S'il n'a pas changé en profondeur les habitudes de consommation du grand public (les meilleures ventes étant toujours réservées aux dessins animés et aux comédies), le format DVD aura au moins eu comme effet de servir de prétexte à des ressorties en grande pompe de films plus ou moins tombés dans l'oubli – quant ils n'étaient pas anecdotiques dès le départ. As tears go by rentre dans cette catégorie, en profitant à posteriori de la renommée désormais mondiale de son réalisateur (Wong Kar-Wai) et de ses acteurs (Andy « Infernal affairs » Lau et Maggie « In the mood for love » Cheung). Bien qu'opportunistes, ces rééditions sont souvent l'occasion pour les éditeurs de réaliser un DVD de qualité, ce qui est le cas ici.


Techniquement, il n'y a bien sûr pas de miracle : As tears go by étant un film HK des années 80, les conditions de préservation du master furent loin d'être optimales et cela s'en ressent lors du visionnage. Les drops et poussières sont omniprésents, les couleurs quelque peu passées et l'image est la plupart du temps tremblotante. Sur cette base délicate, CTV a fait de son mieux comme le prouvent la qualité de l'encodage et la belle gestion des contrastes, en particulier dans les scènes nocturnes. Sur le plan sonore, le mono 2.0 cantonais d'origine (seule configuration proposée en l'absence de version française) est correct, sans qu'il n'y ait rien de particulier à noter en négatif ou en positif.


Le réel effort fourni par CTV concerne les suppléments, avec la présence de deux interviews dont la particularité est d'offrir deux points de vue contradictoires sur As tears go by qui permettent une analyse d'une rare exhaustivité. D'un côté, on trouve Gérard Delorme (journaliste à Première, à gauche), qui reste assez circonspect quant au film et a du mal à en dire du bien ; de l'autre, Fathi Beddiar (journaliste à Mad movies entre autre, à droite), qui lui ne tarit pas d'éloges quant à la première réalisation de Wong Kar-Wai. Le fossé entre les deux homme est suffisamment marqué pour que l'on puisse dire sans trop se tromper qu'un compromis semble difficilement possible : Delorme considère que le réalisateur hong-kongais ne trouvera réellement son style qu'à l'occasion de son film suivant, Nos années sauvages, qui marque également sa rencontre avec celui qui est devenu son chef-opérateur fétiche, Christopher Doyle ; alors que selon Beddiar Wong Kar-Wai « a déjà tout dit » dans As tears go by qui est « son meilleur film ».


En définitive, les deux journalistes ne sont d'accord que lorsqu'ils évoquent l'influence de Mean streets sur le scénario écrit par Wong Kar-Wai. Celui-ci, pour une fois linéaire, suit de manière réaliste les péripéties de deux amis, Wah (Andy Lau) et Fly, dans le milieu des triades de Hong-Kong. Milieu duquel Wah ne s'évade que lorsqu'il se réfugie auprès de la femme qu'il aime, la belle Ngor (Maggie Cheung, dans un rôle très secondaire). Inutile de laisser planer le suspense plus longtemps : As tears go by n'a que très peu de choses en commun avec la suite de la filmographie de Wong Kar-Wai, suite qui est incomparablement plus intéressante que l'on aime ou que l'on déteste le style du metteur en scène. Hormis quelques influences Nouvelle Vague (le romantisme auto-destructeur de Wah rappelle par instants celui de Belmondo dans A bout de souffle) et un embryon de velléité stylistique de la part du futur réalisateur de Chungking Express et In the mood for love, As tears go by n'est en effet rien d'autre qu'un film de gangsters parmi tant d'autres produits à la chaîne par Hong Kong après le succès du Syndicat du crime.


Tout le monde à beau y faire son travail avec professionnalisme (de Andrew Lau à la photo crue et brutale quinze ans avant de réaliser Infernal affairs à Tung Wai – Le syndicat du crime justement, The blade – à la chorégraphie des scènes d'action), le film manque cruellement de l'imagination nécessaire pour sortir de l'anonymat, tant dans le déroulement du récit que dans la description des personnages. Vous l'aurez compris, à la rédaction d'Écran Large on se range du côté de Gérard Delorme dans le « débat » proposé par l'interactivité du DVD ; et ce avec d'autant plus de conviction qu'As tears go by est aujourd'hui torpillé par son esthétique estampillée eighties qui a horriblement mal vieilli.


Non non, la capture ci-dessus n'est pas une blague : Wong Kar-Wai s'est bel et bien inspiré de Tony Scott pour le look de son premier film, et plus particulièrement de Top gun. Il faut donc supporter une lumière bicolore rouge et bleue des plus criardes, une musique au synthétiseur datée sans aucun doute possible dès les premières notes, et surtout le clou du spectacle : une reprise de Take my breath away de dix minutes en… cantonais. Difficile de rester de marbre face à cette expérience aussi extrême qu'inattendue (qu'au passage seul un film HK peut nous offrir) ; il ne reste alors qu'à choisir entre le rire et les larmes.

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