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La chair et le sang - DVD
Chair et le sang (La), 1985
2,3
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Interactivité
Test DVD - La chair et le sang
Rédigé le 07 juil 2005 par
Sandy Gillet
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Avis son
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Test technique
Ce premier film de Verhoeven financé intégralement par un studio américain recèle, dès la lecture de son titre, une promesse. Celle, bien entendu, qui sied au voyeuriste lambda en mal de sensations fortes (connu aussi sous l'appellation savante de « cinéphile » ou de « cinéphage ») de découvrir des images chargées, donc, en chairs dénudées et en éclaboussures de sang projetées au quatre coins du cadre, mais aussi de permettre au « flying dutchman » de dévoiler enfin une radio grandeur nature de ce qui se trame au sein d'un cerveau que l'on sait depuis fort longtemps jouissivement dérangé.

Sur un scénario aussi simple qu'efficace (au XVIe siècle, la vengeance d'un petit groupe de mercenaires à l'encontre d'un seigneur castillan qui a trahi leur confiance), bien que maintes fois remanié afin de répondre aux desiderata du bailleur de fonds Orion, Verhoeven accouche d'un film visuellement très riche, sans pour autant abandonner ce qui lui tient le plus à cur, à savoir mettre en scène une certaine forme de violence toujours très graphique, associée à une conception abstraite des corps où la sensualité de la chair n'est qu'un écho à sa propre perversité. Pour son premier grand rôle au cinéma, on trouve Jennifer Jason Leigh et sa chair d'enfant quasi virginale, dont Verhoeven ne pouvait faire autrement que de confronter et d'accoupler à celui de Rutger Hauer, son acteur fétiche depuis Turkish delight en 1973, et accessoirement ici grand pourvoyeur en hémoglobine en tout genre.

Ce couple richement assorti et jamais abandonné aux affres de la caricature manichéenne, le réalisateur hollandais en fait sa matrice principale, le ballotant au gré d'une histoire riche en rebondissements incroyables (au sens littéral du terme) ou tout simplement impossibles (la construction en une nuit de la « tortue » façon Léonard de Vinci, lors du siège du château, est à ce titre exemplaire). Mais si Verhoeven fait fi de la vraisemblance, il compte bien sur notre voyeurisme de croyant. Celui qui nous permet de prendre pour argent comptant ce qui se passe à l'image et d'envoyer paître toutes autres considérations à partir du moment où le film assume, au sein de chacune de ses scènes, son côté baroque flamboyant. De fait, la charge envers la bêtise humaine (thème choyé par le réalisateur tout au long de sa filmographie), qui prend ici la forme d'une décadence à la fois brutale et contrite, n'en est que plus renforcée, permettant à cette Chair et le sang de conserver une modernité de ton (gratuité du propos, pertinence de la démonstration) toujours aussi réjouissante à « mater ».

C'est avec des majors comme MGM qu'on se dit que la zone 1 a bien fait d'exister. L'éditeur a en effet « l'art » de se moquer éperdument du DVDphage français avec ce qu'il juge être son « fond de catalogue ». C'est ainsi qu'après plus d'un an d'attente par rapport à sa sortie US, on peut enfin avoir le droit d'acheter certes pour pas cher (10 euros) l'édition française de La Chair et le sang. Seulement voilà, c'est une version ultra slim que l'éditeur propose. Ceux qui espéraient entendre le commentaire audio de Paul Verhoeven avec cette fois-ci des sous-titres français, devront donc se rabattre sur l'édition américaine. Il en va de même pour l'interview de Basil Poledoris et la article-details_c-trailers du film. Voilà donc encore un nouveau DVD massacré par MGM France alors que tout était disponible aux States pour concocter une édition respectable et respectée. Dans quelques jours, ce sera au tour de Police fédérale Los Angeles de se voir appliquer la politique minimaliste de l'éditeur. Un bien beau gâchis pour ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) se rabattre sur la zone 1.Pour découvrir ce que l'on rate, on vous renvoie à notre critique du disque US qui figurait dans notre dossier consacré à Paul Verhoeven.

Heureusement, techniquement parlant les éditions MGM sont identiques selon les zones (comme le montre les deux captures ci-dessus et ci-dessous). Premier film de Verhoeven tourné en Scope, La Chair et le sang a bénéficié ici d'un nouveau télécinéma enterrant tout ce qui a pu être vu auparavant en vidéo. La master ainsi lifté, l'encodage s'en donne à cur joie et restitue fidèlement la photo à la fois ultra saturée et chaleureuse de Jan de Bont. Les contrastes sont appuyés et réussis, alors qu'un grain de pellicule souvent présent permet à l'ensemble de donner cette impression organique qui fait indubitablement la différence entre un travail d'encodage subjectivement réussi et un autre objectivement sans fautes mais forcément un peu froid et plat.

On sera plus réservé côté son avec les différentes pistes sonores. La VO en Dolby Surround s'avère malheureusement trop discrète tant en termes d'effets et de dynamique que de graves pour emporter l'adhésion. Un peu dommage tout de même au regard d'un film qui, à l'image de son format Scope, doit s'écouter en « grand », avec toute la richesse sonore qui va avec. Mais c'est encore plus décevant en VF avec une piste mono bien plate et terne (et non un mix stéréo ou Dolby Surround comme on a pu le lire ici ou là) au doublage qui plus est, pas toujours très convaincant.
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