Boomtown - L'intégrale - DVD

Boomtown [Série], 2002

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Boomtown - L'intégrale
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Test DVD - Boomtown - L'intégrale

Rédigé le 24 juin 2005 par Stéphane ArgentinStéphane Argentin

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Test technique

Le principe sur lequel repose la série Boomtown, à savoir le point de vue multiple d'un même évènement vécu au travers du regard de plusieurs personnages, n'a certes rien de révolutionnaire dans le monde du cinéma puisque Quentin Tarantino n'a cessé d'en (ab)user dans ses trois premiers films (Reservoir dogs, Pulp fiction et Jackie Brown) ou encore, plus récemment, Greg Marcks et son excellent 11 :14, mais le procédé est déjà beaucoup plus inhabituel dans l'univers des séries télés, surtout lorsqu'il s'agit de réitérer le principe à chaque nouvel épisode.

  

Contrairement aux penchants de Tarantino pour la racaille, Boomtown préfère s'attarder sur la flicaille par le biais de sept personnages centraux : deux inspecteurs de police, Joel et Bobby dit « Fonceur », deux officiers de police coéquipiers, Ray et Tom, et un procureur David McNorris, auxquelles se joignent deux silhouettes féminines, la reporter Andrea et la secouriste Teresa. Le principe est donc des plus simples : autour d'un évènement de départ (agression, homicide, vol…) vont graviter tous ces corps de métier différent, liés de près ou de loin à l'affaire en question. Si, en apparence, le concept apparaît parfaitement limpide à l'écran, sur le papier, on imagine bien volontiers le véritable casse-tête pour imbriquer tous les évènements et tous les personnages les uns dans les autres en les faisant se rejoindre à plusieurs reprises au cours de l'intrigue. D'autant plus qu'à ces sept se joignent d'autres personnages (parfois les criminels eux-mêmes !) utilisés ponctuellement au cours d'un épisode.

  

Pourtant, dès le pilote, Boomtown trouve le bon équilibre entre scénario bien ficelé et intrigue facile à suivre. Ne cherchant à aucun moment à perdre le spectateur en route, la série offre toujours suffisamment de points de repères visuels et sonores (mêmes lieux, mêmes dialogues) pour que celui-ci se raccroche aisément à la narration lorsque celle-ci bascule d'un personnage à un autre, tout en cumulant peu à peu les indices jusqu'à obtenir la solution finale de l'enquête. Pour y parvenir, la série s'est dotée de deux artifices des plus « basiques » mais efficaces : primo, des cartons mentionnant, à chaque changement, le nom du nouveau personnage que l'on va désormais suivre et secundo, des couleurs désaturées et bleutées pour signaler, pendant quelques secondes, que l'on est en présence d'une scène déjà vue au préalable, avant de revenir à la couleur dès que l'on aborde des évènements (un point de vue) inédits.

  

Ce principe permet non seulement de se resituer sur le plan géographique et chronologique au sein de l'intrigue, mais aussi, de s'impliquer avec le nouveau personnage dont on vient de « prendre possession ». Car le second point fort de Boomtown, tout comme d'autres grandes séries policières telles que NYPD Blue, FBI : Portés disparus… c'est d'avoir su impliquer le spectateur émotionnellement au travers de chaque personnage. Outre les liens de l'enquête, les scénaristes ont également eu l'excellente idée d'utiliser ces évènements communs comme source de relations extraprofessionnelles (la liaison entre le procureur et la journaliste, le mariage de Joel qui bat de l'aide alors qu'il se trouve attirer par la secouriste), ou encore pour faire rejaillir le passé (la guerre du Golfe pour Fonceur, l'I.G.S. pour le père de Tom). Un choix judicieux qui, savamment dosé au fil des épisodes, permet à la série de s'humaniser, aux différents personnages de se souder (l'officier Ray et le procureur McNorris qui se haïssent à cause d'une histoire de diamants volés) et ainsi de dépasser le simple cadre glacial des enquêtes policières.

  

Alors pourquoi Boomtown a-t-elle été brusquement stoppée après seulement 24 épisodes ? Tout simplement pour deux raisons, la première étant que la série s'est elle-même fait hara-kiri. En s'éloignant en effet assez radicalement de son principe de départ dès le début de la deuxième saison (le nouveau personnage féminin interprété par Vanessa Williams s'intègre trop artificiellement au reste du groupe), en effectuant de moins en moins de changements de personnages tout en offrant de plus en plus de scènes vécues en groupe et non plus individuellement, Boomtown est alors retombée dans la série policière lambda. Deuxième raison, sans doute la plus fatale et explicitée dans les suppléments : le changement de case horaire pour la diffusion US (le vendredi soir est un jour mort !).

  

Résultat : l'audience en chute libre a conduit le studio à mettre un terme immédiat à la série. Un constat d'autant plus regrettable que le concept avait su porter ces fruits puisque Boomtown était parvenu à boucler les 18 épisodes de sa première saison (déjà une gageure en soit, les séries qui ne marchent absolument pas dépassent rarement les 10 premiers épisodes, cf. Le royaume créée par Chris Carter) avant d'être reconduite pour une deuxième année (encore plus difficile puisque seules les « happy few » y parviennent dans la jungle des nouvelles séries TV US). Une reconduction qui prouve bien que la série disposait d'un certain prestige (certes davantage critique que public dans le cas présent). Dans tous les cas, on préfèrera se rappeler la première saison de ces enquêtes en plein cœur de la ville de Los Angeles avant de voir la série faire « Boom » en début de deuxième année.

  

Le seul supplément disponible sur cette édition zone 2 est une présentation de Boomtown par Alain Carrazé (36min 57s), journaliste français spécialisé dans les séries télé, qui nous dresse un petit historique de Boomtown, depuis ses origines (le désir de NBC de concurrencer la chaîne HBO) jusqu'à sa chute (un changement de case horaire du dimanche au vendredi soir) en passant par les trois hommes à l'origine de la série (les deux officiels, Graham Yost et Jon Avnet, et le troisième officieux, Steven Spielberg) et un petit coup de cœur à trois des acteurs (Donnie Wahlberg, Neal McDonough et Jason Gedrick). Si cette présentation s'avère très complète et aussi passionnante que passionnée, on regrettera bien entendu de ne pas retrouver les différents making of ainsi que les commentaires audio présents sur l'édition Z1 sortie l'an passé.

  

Sur le plan technique, les images, volontairement très granuleuses, sont particulièrement difficiles à encoder en DVD mais la compression s'en sort aussi bien que possible et parvient, sans trop se faire ressentir, à restituer au mieux les intentions photographiques de départ. En dehors d'une ou deux taches sur la copie, le rendu général est lui aussi conforme aux variations photographiques. Toutefois, on s'interrogera sur le format 1.33 proposé, la série étant disponible en DVD Z1 au format 1.78 16/9 (depuis plusieurs années maintenant, de nombreuses séries américaines sont d'ailleurs tournées dans ce format). Côté son, les deux pistes VO et VF offrent des rendus assez proches, à savoir très ouvert et dynamique avec toutefois un petit plus pour la VO, un peu plus ample et précise.

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