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L Word (The) - Saison 1 - DVD
L Word (The) [Série], 2004
Test DVD - L Word (The) - Saison 1
Rédigé le 29 aoû 2005 par
Coralie Bru
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Avis image
Avis son
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Test technique
Attention, série choc. C'est le sentiment que semble avoir voulu susciter la réalisatrice de The L word, Ilene Chaiken. Série choc cachée derrière un « L » mystérieux, à la façon d'un gros mot on salue d'ailleurs l'ironie de cette trouvaille. Effectivement, rien n'est épargné aux lesbiennes huppées de Los Angeles sur les quatre disques du coffret. Représentée comme un tourbillon qui risque d'emporter quiconque s'en approche de trop près, la galaxie des femmes qui aiment les femmes est impitoyable . aussi impitoyable que celle des femmes qui aiment les hommes. C'est précisément le bonheur de cette série de s'être détachée un peu de son sujet brûlant pour rattraper un ton moins engagé et finalement, l'air de rien, montrer qu'il n'y a pas tant de différence que ça entre les mondes homosexuel et hétérosexuel.

En témoigne l'intrigue majeure de cette première saison : la liaison extra-conjugale de la jeune Jenny avec la belle Marina, qui porte plus sur la culpabilité liée à l'adultère que sur le choix d'une orientation sexuelle. En effet, à travers les débuts hésitants de Jenny dans la communauté homosexuelle, la question du plaisir et de l'amour est posée de façon explicite. C'est plus à la tentation qu'à une femme que la jeune fiancée paraît ne pas pouvoir résister, mettant gravement en péril sa relation avec Tim, l'homme hétéro « parfait » de la série selon les termes de la réalisatrice dans le commentaire audio qui accompagne l'épisode pilote.

Le message passe à grands renforts d'érotisme. Ilene Chaiken s'attarde sur la beauté de l'amour physique et aucune scène n'est éludée pudiquement. Les huit femmes se font donc maîtresses séduisantes et leurs discussions sans tabous donnent un ton très sexy à une série qui tardait légèrement à décoller. On regrette un peu certains clichés et représentations extrêmes : y avait-il besoin que la plus séductrice du groupe ait conquit plus de mille corps, tandis que deux de ses meilleures amies sont ensemble depuis plusieurs années et se battent pour avoir un bébé ? Ces écarts auraient gagné à être nuancés, d'autant plus qu'ils créent une séparation artificielle et pesante entre ce couple installé (Bette et Tina) et la légèreté excessive des autres Marina, Alice, Shane

C'est pourtant l'évocation de ce couple qui est prétexte au plus grand nombre de variations, puisqu'il a dépassé le stade des premières nuits. Les thèmes de la vie de couple et de la vie professionnelle y sont habilement abordés (par exemple le sujet de la liberté artistique, et le parallèle réalisé avec la cause homosexuelle) mais ne le sont parfois que partiellement et sans grande motivation, vite enterrés sous le thème récurrent des désirs sexuels de la petite bande de filles, désirs qui semblent tout conditionner.

Des regrets vite oubliés car ce choix est extrêmement bien utilisé et The L word parle de sexe avec une liberté et une beauté rares. Pour cause, toutes les actrices sont magnifiques, de la BCBG Jennifer Beals (Flashdance) à la provocante Katherine Moennig en passant par la fragile Mia Kirshner, bien loin du personnage de tueuse en gages qu'elle tenait dans 24 heures chrono. Reste à savoir désormais si le sujet tiendra la route dans la longueur.

Chose surprenante, le commentaire audio de Ilene Chaiken et Jennifer Beals reste désespérément en surface, et même si la réalisatrice nous donne des détails très intéressants sur le tournage, elle semble ne pas avoir remarqué que sa série ne parle presque que de sexe (!). Ce naturel peut au choix charmer ou agacer, charmer car cette innocence explique probablement la pureté des mises en scène de l'amour, et agacer car c'est tout de même là le moteur de la série et qu'on n'attendait vraiment pas d'impasse sur le sujet. À l'image de ce commentaire finalement un peu anecdotique, le DVD propose en bonus une garde-robe des personnages, avec photos et éventail de leurs marques fétiches façon Cosmopolitan. Un supplément qui n'est en plus même pas mis en valeur, car partageant l'esthétique criarde des menus. Une autre tentative de faire honneur à ce casting de charme était sans doute la galerie de photos qui regroupe en un clip un peu bancal des captures et images promotionnelles de la saison.

Techniquement, ce coffret est par contre d'excellente qualité. L'image est proche de la perfection, avec des couleurs chaleureuses, une superbe gestion des contrastes malgré les nombreux changements d'ambiances (les nombreuses fêtes nocturnes et la lumière presque aveuglante de L.A., pour citer les plus extrêmes), et une compression irréprochable.

Rien à dire non plus sur la partie audio, où la version originale bénéficie d'un mixage Dolby Digital 5.1 très travaillé qui fait la part belle aux goûts musicaux « hype » des protagonistes. Bonne surprise, le doublage français est plus qu'honorable, respectant les personnages sur le fond (les dialogues) et sur la forme (les voix). Pourquoi alors ne le proposer qu'en stéréo 2.0 ?
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