Samaria - DVD

Samaria, 2003

Alertes
Samaria
3,2
Image Star Rating 9
Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 4
note 2 country_flag dvd

Test DVD - Samaria

Rédigé le 26 juil 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

Avis image
Star Rating 9
Avis son
Star Rating 6
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Test technique

Ours d'Argent à la Berlinale en 2004 (un prix qui semble désormais réservé à Kim Ki-Duk, puisqu'il l'a à nouveau remporté en 2005 pour Locataires), Samaria se place dans la veine la plus symbolique de son réalisateur, entamée avec son poème bouddhiste Printemps, été, automne, hiver… et printemps. Comme il l'explique lui-même au cours du très succinct (et anecdotique en dehors de cette interview) making-of qui représente la seule réelle interactivité de ce DVD, Ki-Duk ne s'est pas tant intéressé à des personnages qu'à des thèmes pour ce film ; à savoir la prostitution adolescente et les relations distendues entre parents et enfants dans la société contemporaine.


Le récit de Samaria démarre en suivant un couple de lycéennes très complices, Yeo-Jin et Jae-Young, qui ont organisé à elles deux une combine de prostitution pour se payer des vacances en Europe : Yeo-Jin trouve les clients, prépare les rendez-vous et conserve l'argent tandis que Jae-Young s'occupe du « contact clients ». Portée principalement par le magnétisme de la débutante Seo Min-Jung, qui prête au personnage de Jae-Young son sourire angélique et une aura générale d'innocence et de pureté malgré les actes qu'elle commet, la première partie de Samaria, filmée caméra à l'épaule avec beaucoup de spontanéité, est un enchantement.


Ce paradis éclate en morceaux lorsque Jae-Young se suicide lors d'une descente de police. Yeo-Jin devient alors le personnage principal de l'histoire, et les sentiments plus complexes entrevus derrière l'apparente limpidité de son amitié avec Jae-Young, entre désir physique et culpabilité, domination et jalousie, passent au premier plan. Ce sont sans doute eux qui la mettent en quête d'une (impossible ?) rédemption, au cours de laquelle elle va à son tour coucher avec les différents clients de Jae-Young en mémoire de la bonté que cette dernière apportait dans le monde.


Là s'achèverait – de fort belle manière – Samaria, si l'on n'en était pas qu'à trois-quarts d'heure de film. Obligé d'étirer plus ou moins artificiellement son scénario, Kim Ki-Duk a accolé à ce premier moyen-métrage un second, qui n'a malheureusement ni la même inspiration ni la même force. Centrée sur Kim, le père de Yeo-Jin, policier qui découvre la double vie menée par sa fille et qui ne sait comment réagir à cette situation, cette partie du long-métrage se révèle beaucoup trop redondante. Afin d'illustrer un propos pourtant pertinent (la pureté également présente chez le père se traduit par une violence brute et inflexible envers les clients, avant qu'il ne cherche à se rapprocher de sa fille et de créer de véritables liens avec elle), Ki-Duk y juxtapose des scènes trop similaires qui engendrent au mieux l'ennui, et au pire l'écœurement face à la certaine complaisance avec laquelle le metteur en scène semble traiter la croisade de son personnage.


Deux très belles séquences illuminent toutefois ce dernier acte : un dîner en famille interrompu par Kim qui prend violemment à partie le père car il est l'un de ceux ayant couché avec Yeo-Jin, et la toute dernière scène, mi-onirique mi-tragique, qui apporte la plus belle des conclusions au chemin parcouru en commun par Kim et Yeo-Jin. Par leur message et leur mise en scène (tous deux pourtant très différents de l'une à l'autre), ces deux passages résument parfaitement Samaria : un film qui, bien que touché par instants par la grâce, s'avère trop inabouti et décousu pour ne pas frustrer.


Ceux qui ont été envoûtés par Samaria seront ravis de le redécouvrir en DVD dans une édition techniquement remarquable. En particulier au niveau de l'image, qui bénéficie d'un master immaculé et d'un transfert sans faute. On apprécie en particulier la définition de très haut niveau et l'exceptionnel piqué de l'image, qui permet un rendu superbe du grain de peau et de la texture des visages.


La section sonore est logiquement plus discrète, car un tel film ne se prête pas à de grandes effusions du côté de votre home-cinéma. Samaria est tout de même proposé en Dolby Digital 5.1, dans des mixages qui font ce que l'on attend d'eux, à savoir offrir une bande-son claire et une spatialisation efficace lorsque l'on a besoin d'elle. « Des » mixages, car une version française est disponible en plus de la version originale, avec un doublage honnête même s'il cherche un peu trop à donner des accentuations coréennes aux personnages.

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