Hidden 1 et 2
Hidden- REALISATEUR:Jack Sholder
- ACTEURS:Kyle MacLachlan, Claudia Christian, Clu Gulager
- GENRE:Action, Horreur, Science-fiction
- EDITEUR:Seven 7
- DATE DE SORTIE:12 juillet 2005
TEST TECHNIQUE
Nous pouvons féliciter Jack Sholder. Pour quelqu'un qui ne se positionne pas comme un inconditionnel des films d'horreur, avoir embrayé dans le cinéma de genre sans en connaître les règles et les codes relève de la gageure. Surtout quand cette incursion dans la série B (commencée avec Alone in the Dark et Freddy 2) se solde au final par The Hidden, véritable surprise au Festival d'Avoriaz 1988, haut lieu du cinéma fantastique d'alors, duquel son troisième long-métrage reviendra avec le Grand Prix. Mais la carrière de Jack Sholder, à l'image d'un Robert Harmon filmant The Hitcher, ne se résume, hélas, qu'à ce coup d'éclat. Fatalité du cinéaste qui, embarqué, et même catalogué, dans le cinéma de genre parce qu'il a mis en scène un de ses étonnants représentants et à qui on demandera ensuite de réaliser des clones sans intérêt ? Cloîtré dans la série B où le succès est difficilement accessible et tient en partie au sujet qui ne peut marcher que s'il est original, le réalisateur a vite fait de passer pour mort. Surtout lorsque l'on voit avec quelle fréquence se renouvelle le genre (qui en est à remaker ses propres réussites ou à parodier ses meilleurs crus), on se dit que cela est peine perdue et qu'une vie de cinéaste ne suffit pas. L'oubli, forcément, les guette…

Heureusement il y a le DVD (ce zone 2 sort enfin, près de 5 ans après le zone 1) qui permet de retrouver tout l'impact et l'énergie dévastatrice de The Hidden. Car The Hidden est d'abord un concept simple que n'aurait pas renié, à une autre échelle, un certain David Croenenberg : une entité parasite les corps et les rend complètement cinglés. Ce n'est rien de plus qu'un même personnage qui enfile sept costumes différents (dont celui d'un chien), mais comme ces « déguisements » ne sont pas trop adaptés au mode de vie de cette entité, cela créé quelques problèmes insolubles qui conduisent à une destruction de l'enveloppe/hôte et à un éclatement des certitudes du monde dans laquelle elle évolue. Et lorsque ce point de départ, mélange original de science-fiction et d'horreur, est filmé sans temps morts, avec une redoutable efficacité (à l'image d'une poursuite en voiture introductive, modèle du genre) et que la mise en scène âpre et sèche permet de tirer à bout portant sur certaines icônes de la société américaine (destruction de Ferrari rutilantes, « flingage » de yuppies et autres golden boys défoncés à la coke, « éclatage » de vendeurs peu scrupuleux, « défouraillage » de politiciens sur fond de musique hard rock), chose qui faisait aussi le bonheur d'un Romero quelques années auparavant, cela en est que plus jouissif. Surtout que, sous-jacente, il y a cette question en ligne de mire : cela fait quoi d'être humain ? Qui plus est dans une société bien-pensante qui impose des règles dont le film, dans un élan politiquement incorrect, montre le plaisir que l'on peut éprouver à les enfreindre ? Bon ! Bien sûr, on ne vous dit pas qu'il faut flinguer le serveur parce qu'il vous refuse un verre d'eau ou qu'il faut écraser le champignon dans les rues de Paris, mais le film agit comme un bon palliatif à nos pulsions. On en revient à l'essence même du film de genre…

Cette édition DVD propose un « package » de deux films : à savoir The Hidden et Hidden 2. On se croirait revenu à l'époque déplorable où, pour se procurer Robocop, il fallait acheter le coffret regroupant les trois épisodes. Une manière pour un éditeur d'écouler des suites qui, vendues à l'unité, resteraient à prendre la poussière dans les bacs des revendeurs. Mais à contrario de cet épisode malheureux chez MGM, on n'en tiendra pas trop rigueur à l'éditeur puisqu'il en a profité pour descendre son prix de vente conseillé en dessous des vingt euros, ce qui reste, somme toute, fort raisonnable. Quoiqu'il en soit, nous ne parlerons pas dans cette chronique du DVD de The Hidden 2, tout simplement parce que Seven7 a semble-t'il manqué de temps pour produire et donc proposer aux différentes rédactions le disque test de cet épisode. Livré en plus sans aucun bonus, l'intérêt qualitatif de cette séquelle est de toute façon à démontrer. Mais nous ne manquerons pas, lorsque le coffret sortira, de rajouter quelques lignes sur cette deuxième galette, au moins en ce qui concerne l'image et le son.

Le disque 1, The Hidden donc, introduit dans le lecteur, nous sommes accueillis par les bandes-annonces de Birth et de The Grudge, promotion Metropolitan oblige. Elles cèdent la place au menu d'accueil animé et sonore, pas très recherché graphiquement. Il donne accès au chapitrage (16 vignettes), aux choix de la langue, et à une section suppléments.

Et ces suppléments commencent par un élan enthousiaste à la vision de la présence d'un commentaire audio de Jack Sholder et Tim Hunter. Hélas, l'euphorie retombe vite en découvrant l'absence de sous-titrage, rédhibitoire pour les anglophobes et toujours très dommageable sur un disque zone 2 normalement fabriqué pour le DVDphile hexagonal. Pas la peine de s'y étendre donc, puisque peu saisiront, à juste titre, ce qui y est raconté. Pourtant, Jack Sholder, bien que partant dans toutes les directions à la fois et rendant ce commentaire parfois inconsistant, livre quelques anecdotes de tournage et revient sur les différentes étapes de la production, en venant parfois même à s'autocritiquer. En notre for intérieur, on cherche toujours le lien que peut avoir Tim Hunter avec le film. Pour preuve, dans ce commentaire, il fait de la figuration ! On pourra noter que Jack Sholder reste curieusement muet en ce qui concerne les nombreux problèmes d'egos qui ont parasité la production du film, sans doute pour ne pas rouvrir une plaie douloureuse qui s'est depuis refermée.

Comme le montre d'ailleurs la section Autour du film (29min au total, VOSTF) malheureusement découpée en quatre parties (acteurs, scènes de poursuite, musique et parcours de Jack Sholder) non visibles dans la continuité (pour faire croire à une avalanche de bonus ?) alors qu'il s'agit ni plus, ni moins d'une longue interview croisée de Michael Nouri et Jack Sholder qui aurait pu être montrée in extenso. Dans la partie « Les Acteurs » (11min43s), on voit en effet les deux hommes s'exprimer sur les relations exécrables qu'ils avaient tous les deux à l'époque, affirmant haut et fort que c'est de l'histoire ancienne et que, ayant tous les deux bien changés, ils sont maintenant en bons termes. « La Scène de la poursuite » (6min44s) permet au réalisateur d'évoquer le montage, le mouvement, le rythme d'un tel film jusqu'à la recherche de la meilleure focale pour obtenir l'effet désiré. Il se permet d'ailleurs au passage une petite critique vis-à -vis des réalisateurs publicitaires ou MTVistes qui conçoivent les scènes d'action comme des beaux plans mais oublient souvent d'y mettre le point de vue d'un personnage ce qui fait qu'elles ne fonctionnent pas. Nous partageons ton opinion Jack !

Un petit module sur « La Musique » (3min53s) lui permet de nous dire que, à l'époque, tout le monde détestait la musique et que sur une production d'aujourd'hui, le compositeur aurait été rapidement remercié. À l'époque, New Line n'avait pas l'argent pour le remplacer et il a continué. Jack Sholder le remercie maintenant car il estime que le film traverse les années grâce aussi à cette musique des plus étranges pour le genre. « Le Parcours de Jack Sholder » termine cette section. Le réalisateur explique que, comme un acteur, sur beaucoup de ses films, il fut employé à contre-emploi, se prédestinant au début à des films plus « généralistes ». Il salue le travail de Jim Kouf, créateur de The Hidden, qui, à son humble avis, doit plus à son scénariste qu'à son réalisateur. Cette section se clôture sur les filmographies de Michael Nouri, Jack Sholder (tous deux perdus depuis dans les limbes des productions dites « direct-to-vidéo ») et enfin, Kyle MacLachlan, éternel interprète de l'agent Dale Cooper dans la série Twin Peaks.

Des bandes-annonces de sorties DVD Metropolitan complètent cette interactivité : Critters, Re-animator et L'Armée des morts. Elles sont soi-disant cachées dans une section dédiée mais l'utilisateur habitué à naviguer dans les menus des DVD aura tôt fait de voir qu'il faut cliquer sur le symbole de l'arme extra-terrestre pour y accéder.






Bien que l'on ne note aucune pixellisation intempestive ni artefacts de compression trop visibles, les images de The Hidden ne sont pas de toute première fraîcheur. La raison en est simple : l'encodage a du mal à gérer un master extrêmement granuleux qui rend les arrière-plans instables et nuit au piqué des images. Certains plans sont très bruités et des rémanences désagréables apparaissent de-ci de-là . La définition est pourtant correcte, les noirs profonds et l'étalonnage des couleurs convaincant. Mais n'importe quel traitement numérique ne peut venir à bout d'un matériau d'origine en deçà des spécifications requises par le support. Cela aurait plutôt tendance à en dégrader encore un peu plus sa qualité.

Du côté du son, le Dolby Digital 5.1 ne fait pas des miracles en anglais puisque les enceintes arrière ne sont quasiment pas exploitées. Mais l'ensemble est bien présent, avec des basses discrètes mais réelles, et se positionne sans doute comme étant la piste la plus proche du mixage original. Les amateurs de sensations fortes lui préféreront la remasterisation française 5.1, beaucoup plus clair, dynamique, spatialisée à outrance (on dirait presque qu'il y a un écho). Les détails ressortent beaucoup mieux, la musique retrouve de l'ampleur mais il en découle une piste plus brouillonne et plus artificielle. En comparaison, la piste française mono d'origine apparaît creuse et étouffée. C'est une question de goût mais sachez que le doublage VF est épouvantable au niveau des voix et que les traductions sont souvent très approximatives.

En guise de conclusion, disons qu'attendre cinq ans pour cette édition loin de satisfaire toutes les attentes, c'est, disons, légèrement abusé ! Heureusement, il reste le film, petit bijou incontournable du cinéma fantastique...
CETTE EDITION
Emballage: Amaray
Duree: 182 min
Format d'image: 1.85:1
Type de disque: 2 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL
DISQUE 1
Hidden 1 :
Piste son : Anglais D.D. 5.1, Français D.D. 5.1 et Mono d'origine
Commentaire audio du réalisateur Jack Sholder et Tim Hunter (VO)
Documentaire : Autour du film (29min / VOSTF)
Filmographies
Bande-annonce Hidden
Bandes-annonces de l'éditeurHidden 2 :
Piste son : Anglais DD 5.1 et Français 2.0 Dolby Surround
Captures
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02/04/2007 20:22 par La Rédaction
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