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Hook - DVD
Hook ou la revanche du Capitaine Crochet, 1991
Test DVD - Hook
Rédigé le 26 mar 2005 par
Julien Welter
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Avis son
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Test technique
Voir Hook comme n'importe quel autre film de Steven Spielberg, c'est prendre le risque de se retrouver en face d'une attraction hollywoodienne abrutissante. Car si le personnage de Peter Pan s'apparente parfaitement aux préoccupations et au discours du réalisateur américain, il ne s'y intègre pour autant pas et donne l'allure d'un long-métrage agaçant et infantile.

Reprendre l'histoire du héros de J. M. Barrie là où l'écrivain l'avait laissé, n'était pas la meilleure façon de se l'approprier. Régis Loisel, qui a dessiné la genèse de Peter Pan, l'a bien compris, il faut s'accaparer ce personnage au moment où il n'existe pas encore c'est-à-dire quand ses traits peuvent être créé sans être détourné. L'univers de l'auteur victorien dépasse les genres et les auteurs qui s'y sont frottés. Marc Forster, dans son humble Neverland, le résume bien lorsque à la première représentation de la pièce (Peter Pan a été une pièce et ensuite un livre), il met ces mots dans la bouche d'un Barrie interprété par Johnny Depp : « Ce n'est pas du théâtre ». C'est effectivement au-dessus de tout cela, puisque c'est un mythe, le plus important du XXème siècle. Très certainement, Hook est alors moins à prendre comme une pièce moyenne de la filmographie de Steven Spielberg que comme un point de friction entre les obsessions d'un auteur et le mythe qui l'a guidé inconsciemment depuis toujours.

Premier échauffement lorsque Spielberg ouvre son film en montrant la pièce de Peter Pan joué par les enfants de Robin Williams. En plaçant le garçon éternel parmi nous, il introduit un paradoxe : la fiction est une réalité. Ce passe-passe futile, voire enfantin, enfonce le clou de ce que tout le monde sait : la propagation dans le monde physique des idées artistiques. On le savait pourtant déjà grâce à Dan Kiley qui a décrit cliniquement un syndrome correspondant aux maux du héros de J. M. Barrie. Mais en jouant avec la notion de réalité et de merveilleux, Spielberg se pose en sujet du mythe. Son savoir-faire reste indéniable. D'une ambiance de bureau à l'américaine, on s'envole vers l'architecture classique anglaise par le simple passage d'un éclairage naturel et fade à des sources brillantes très précises, sortes de bougies modernes. Les anciennes à flamme prennent le relais lorsque le courant se coupe et qu'une épée et un parchemin se font menaçant. En une demi-heure de temps, le réalisateur transporte le spectateur à Neverland où la lumière claire et diffuse donne l'impression d'être au plus près de la lumière. Trajet magnifique dans sa réalisation mais oh combien inutile. Dans le livre, le merveilleux est déjà là, les enfants étant « baby-sittés » très naturellement par un Saint-Bernard. Ainsi cet aller-retour, justifié par un rideau théâtral que déchire Robin Williams au début ou par une apparition de Bob Hoskins en balayeur à la fin, montre le manque de foi du réalisateur en cet univers et sa propre nécessité de rationaliser, mouvement malheureusement adulte qui rompt avec l'insouciance de Barrie.

Deuxième échauffement dans son abordage de l'éducation. Steven Spielberg lance les signes de son sujet en répétant la figure de l'alcôve protectrice (les encadrements de fenêtres et le crochet de Crochet, entre autres). La revanche du Capitaine à une main, c'est le retour du foyer comme sujet de préoccupation. Alors que le monde aventureux de Neverland était une échappatoire au parent et que Peter Pan était un combattant de la figure paternelle qu'est Crochet, le héros cherche ici à être le meilleur des pères. Dans le roman en tant que chef des enfants perdus il avait cette autorité parentale mais en se refusant à Wendy, il rejetait les notions sexuelles et amoureuses qui auraient fait de lui un père complet. Ici, étant biologiquement un papa, il n'est plus un enfant. D'ailleurs le rejet de son fils aîné amène cette évidence : si les parents ne grandissent pas, les enfants les oublieront. Dès lors, que représente ce retour de Peter vers Pan ? Son comportement d'adulte qui passe par un combat de coq (voir son cri) se révèle lorsqu'il dit au revoir à Clochette : il s'agit de prouver sa valeur à la gente féminine tout en refusant toute les avances d'adultère. La lumière que reflète Clochette et qui ressemble à celle d'un projecteur, est bien la source de ses désirs refoulés. Peter Pan n'était qu'un enfant virevoltant entre différentes figures féminines sans en choisir une, il était réellement libéré. Le Pan de Spielberg est lui, pétri d'interdits moraux. Il doit se détacher de Clochette.

C'est ce conservatisme qui sied finalement mal à l'univers de Pan et à J.M. Barrie. Le garçon éternel ne réfléchissait pas à sa condition il était le mal qui faisant de lui un mythe. Steven Spielberg tourne autour et cherche à prouver sa filiation à ce héros mythique. En vain, on l'est ou on ne l'est point.

Édité avec un nouveau packaging à l'occasion de la sortie cinéma en février 2004 de Peter Pan de P.J. Hogan, le DVD de Hook ne fait malheureusement pas preuve d'une grande richesse éditoriale. Et pour cause, il s'agit de l'exact réplique de la précédente édition sortie chez le même éditeur en avril 2000.

À partir de menus 4/3 d'un autre temps (soit graphiquement peu réussis et à l'animation plus que sommaire), on doit ainsi se contenter comme seul bonus « d'envergure » d'un making of qui n'en a que le nom, en fait une featurette de 6min 41s (VOSTF) dont le plus grand intérêt réside dans les quelques images sur les décors du film et l'entraînement pour le combat final entre Hoffman et Williams.

Le reste est pure tradition avec article-details_c-trailers du film, filmographies sélectives, galeries de photos sur les décors, costumes et affiches publicitaires du film (respectivement un montage de 1min 47s, 1min 05s et 1min 12s). Pour les plus jeunes, un jeu interactif au graphisme minimaliste et possibilités dramatiquement faibles invite à trouver un trésor caché sur Neverland. Attention à la grosse arnaque qui constituerait à aller au bout de ce jeu pathétiquement nul pour espérer comme indiqué en préambule découvrir un bonus supplémentaire : rien n'arrive au bout de l'aventure si ce n'est une mise en images rapide du parcours que l'on a fait pour arriver jusqu'au trésor.

En tout cas, pas de doute dans l'univers du DVD, les films mineurs ou ratés de Spielberg sont délimités facilement par la pauvreté de leur édition DVD. Hook en apporte la preuve irréfutable.

À l'époque de sa première sortie (soit il y a 5 ans), l'image de Hook n'était pas déjà fameuse. Avec les techniques d'encodage sans cesse améliorées depuis, il va s'en dire que la qualité de cette édition est loin d'être optimale. Pour autant, le rendu reste relativement correct, loin des désastres techniques que sont Always et 1941. Pour preuve, le rendu des couleurs particulièrement chatoyantes et la gestion impeccable des contrastes permettant d'admirer des noirs profonds. Pour le reste, le master accuse quelques imperfections fâcheuses et la définition n'est pas toujours des plus précises.
Les pistes DD 5.1 de qualité intrinsèquement équivalente sont à l'avenant de l'image. À savoir, un rendu bien plus fonctionnel que mémorable. Et pour cause : la scène d'écoute est avant tout concentrée sur les avants et plus particulièrement la voie centrale. L'ouverture des canaux reste du domaine de l'occasionnel surtout en ce qui concerne les enceintes surround. Seule finalement, la musique de John Williams tire profit de l'expérience 5.1.


