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9 songs - DVD
9 songs, 2004
3,3
Image
Son
Interactivité
Test DVD - 9 songs
Rédigé le 10 oct 2005 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
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Test technique
Soyons fous et prenons la défense de 9 songs, descendu en flammes dans la quasi-totalité des magazines de cinéma, y compris le notre à l'occasion d'une critique [url]incendiaire (ce dernier mot étant surligné en rouge non pas pour en accentuer l'effet mais pour vous rediriger vers la dite critique). En effet, 9 songs suit de manière (presque) fidèle son concept de départ : du sexe (non simulé), du rock'n'roll (non simulé) et rien d'autre.

C'est au niveau du « rien d'autre » que le bât blesse. Michael Winterbottom, réalisateur au-delà des qualificatifs « prolifique » et « éclectique » (quatorze films sur ces dix dernières années, allant du drame en costumes au road-movie afghan en passant par le western), n'a en effet pu s'empêcher de se prendre à nouveau pour un auteur sans s'en donner les moyens. Il brode sur son récit limpide une mise en abyme tellement hors de propos et bâclée qu'elle en frise le ridicule, en envoyant le personnage masculin en Antarctique philosopher sur la vie et l'amour. Au lieu de cela et de singer Godard en faisant lire à son actrice nue sur un lit des livres très sérieux (Plate-forme de Houellebecq, un ouvrage scientifique sur l'Antarctique encore !) d'un ton pesant, il aurait mieux fait d'écrire un scénario simple mais appliqué ou bien de ne rien écrire du tout.

Car le reste du temps, 9 songs est une uvre tout à fait recommandable pour peu que l'on apprécie le sexe et le rock'n'roll deux activités beaucoup moins répréhensibles et dangereuses que le trafic d'armes et la chasse à l'homme, par exemple. Le choix des huit groupes jouant dans le film, de Franz Ferdinand au Dandy Warhols en passant par les Black Rebel Motorcycle Club (qui ont droit à un « bis », d'où la présence de huit groupes pour neuf chansons) est la preuve d'un bon goût certain, et leurs performances scéniques sont filmées de très belle manière, avec en particulier un montage très simple qui rend palpable l'ambiance du concert en évitant les excès des clip ou des DVD de tournée.

De même, Winterbottom et ses deux interprètes ont trouvé pour les scènes intimes un juste milieu entre les ellipses pudiques des films érotiques et la crudité presque gynécologique des pornos. Là encore la mise en scène se fait discrète et juste, rendant l'intimité des deux amants évidente et surtout jamais vulgaire. La sexualité se fait presque banale, un jeu qui fait partie intégrante de la vie de couple comme le prouve le fait que la majorité des scènes de sexe du film ne sont pas indépendantes, mais introduites ou conclues par une scène naturelle de la vie de tous les jours sans pour autant tomber dans des « scénarii » de type pornographique.

Si le pari osé de Michael Winterbottom est donc globalement réussi, les sérieuses lacunes au niveau de l'écriture et de la finition circonscrivent cependant 9 songs au statut de simple curiosité, intéressante et originale mais en définitive plus anecdotique que marquante. Une expérience à tenter cependant, d'autant plus qu'elle se révèle bien plus agréable à suivre chez soi qu'au cinéma et pas seulement car on n'y est pas embêté par les gens quittant la salle pendant le film. Le tournage au format DV retrouve toute sa netteté sur support numérique, ce qui permet d'apprécier à sa juste valeur la photographie lumineuse et travaillée de Marcel Zyskind. La définition peu soignée fait cependant déchanter dès que la caméra ne filme plus en plan serré ou en faible lumière (ce qui n'arrive heureusement qu'assez rarement), avec dans ce cas des arrière-plans flous et des blancs qui bavent sur le reste de l'image.

La seule configuration sonore proposée est un mixage Dolby Digital 5.1 en version originale, qui donne elle aussi satisfaction, en retranscrivant comme il se doit l'ambiance des concerts rock grâce à une utilisation pertinente des enceintes surround et du caisson de basses. Cette piste audio a toutefois l'intelligence de ne jamais trop en faire, et de ne pas faire passer une performance live pour un album studio léché.

L'interactivité qui accompagne le film (identique à celle du zone 2 anglais) ressemble à l'image du verre à moitié vide ou à moitié plein selon le point de vue. Ainsi, les trois interviews du réalisateur et du couple d'acteurs, qui abordent tous les aspects de 9 songs (genèse, casting, tournage des scènes intimes et de concerts, impact du film lors de sa sortie), sont très intéressantes en particulier celle de l'actrice Margo Stilley, qui fournit les réponses les plus franches et les plus approfondies sur sa participation au long-métrage, les réactions que celui-ci a engendrées et sa vision du métier de comédienne , mais les vingt-trois pages de notes de production qui les accompagnent pour raconter la préparation et le tournage semblent sorties d'un autre siècle. De même, si l'accès direct aux chansons via le sous-menu « 9 songs V.I.P. » est en soi une idée amusante, la structure du film, qui alterne de façon quasi-métronomique ces chansons avec les scènes de sexe, fait inévitablement se demander pour quelles raisons ces dernières n'ont pas elles aussi leur chapitrage dédié.






