Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Paparazzi - DVD
Paparazzi objectif chasse à l'homme, 2004
Test DVD - Paparazzi
Rédigé le 13 jan 2005 par
Jean-Baptiste Herment
|
Avis image
Avis son
|
|
Test technique
Plus dangereux que le terroriste : le paparazzo ! Pur produit destiné à venger les stars de leurs nemesis les plus envahissants à savoir ces photographes sans scrupules , cette production Mel Gibson est un de ces films réactionnaires comme Hollywood aime à en produire. À la vision de la article-details_c-trailers, on pouvait au moins espérer un polar bourrin et sans complexes dans le plus pur esprit de la Cannon. Ce n'est malheureusement pas le cas, Paparazzi visant apparemment les ménagères de moins de 50 ans et les républicains les plus endurcis. Le film refuse bêtement d'illustrer un thème passionnant et d'actualité (le droit au respect de la vie privée des célébrités) pour ne délivrer qu'un vigilante movie de plus qui n'a même pas les couilles de s'assumer. Le film à beau faire mine d'ouvrir le débat, le simplisme de son traitement ne permet qu'une seule conclusion : les stars sont des chics types poussés à bout et les photographes, des crapules de la pire espèce. Bonjour le sens des réalités !

Avec la finesse d'un éléphant, le film dresse donc un portrait complaisant du monde hollywoodien en opposition à celui plus que caricatural des paparazzi. Tout les clichés répondent à l'appel : du jeune héros débarqué de sa province natale en passant par l'épouse docile et victime, sans oublier le flic tenace mais sympa. Au lieu de traiter son sujet et de confronter deux mondes forcéments indissociables quelles que soient leurs différences, le film préfère nous la jouer vierge effarouchée. Il faut voir comment ses créateurs usent des pires moyens pour justifier les actes plus que limites de son héros, décrits ici comme une réponse normale aux agissements des bad guys. Le reste est à l'avenant : les acteurs en font des mega tonnes (Tom Sizemore en tête), et le script fonce tête baissée dans les clichés les plus éculés et semble insidieusement justifier l'autodéfense. Et c'est pas la peine d'espérer une bifurcation de l'histoire dans le trash et la violence, ce qui aurait au moins permis au film d'être un peu plus jouissif à défaut d'être plus réussi. Mais ici, le héros ne tue (presque) pas les méchants, il les pousse le plus souvent à mourir (appréciez la nuance !), PG-13 oblige. Le film ose même conclure sur une fausse résolution à l'amiable de la situation, histoire de se donner bonne conscience.

Paparazzi se donne des airs supérieurs, mais ce n'est pas l'habillage (2.35 et 5.1 de rigueur) qui nous trompera sur la marchandise : Paparazzi, c'est du bon gros téléfilm des familles. Pur produit inoffensif (pas de mort du côté des gentils) et complaisant (les caméos de stars venues apporter leur soutien, Chris Rock en tête), il finira en toute logique sa course sur les étagères des vidéoclubs pour ne plus les quitter. On lui préférera donc toujours un vieux Bronson (voire un Schumacher, pour les plus pervers...), histoire de se défouler de nos instincts les plus vils !

L'avantage (façon de parler) avec le DVD, c'est que des films comme Paparazzi, qui ressemble avant tout à un direct-to-video qu'à un vrai film destiné à une exploitation en salles, se voit offrir un traitement éditorial et technique qui cherche à être un tant soit peu respectable (image 16/9, piste 5.1, menus animés
). Pour autant, les bonus proposés (répartis sur les deux faces du DVD, comme c'est malheureusement l'habitude chez l'éditeur lorsqu'il propose la version du film en format respecté et en Pan & Scan sur un DVD-10) ne vont absolument pas marquer l'histoire du support. Ce sont juste des suppléments jetables qui font illusion comme ils peuvent. Le commentaire audio du réalisateur est à ce titre éloquent. Peu loquace, ayant du mal à suivre ce qui se passe à l'image (ils n'évoquent ainsi pas les caméos de son film, à l'exception de Chris Rock), l'homme est vite rasoir et seuls les fans de son film réussiront à tenir jusqu'au bout.
Le making of est un parfait exemple de la featurette promotionnelle sans intérêt, les scènes coupées sont sans surprise et peu concluantes, mis à part celle loufoque de Tom Sizemore en prison pris en « sympathie » par son compagnon de cellule. Seul, finalement, le module sur les cascades parvient à capturer notre attention de par son rythme et sa capacité à montrer succinctement mais efficacement la manière dont ont été préparées les scènes d'action les plus spectaculaires du film.

Pour ce qui est du rendu technique de l'image et du son, on dira que Paparazzi fournit ce que l'on est en droit d'attendre du support DVD, mais sans plus. L'image possède une colorimétrie vive et variée (toutefois trop saturée par moments, avec des tons jaunes trop envahissants), et s'avère correctement encodée malgré une manque évident de définition sur certains plans larges. La piste anglaise DD 5.1 ne tire pas toujours partie des possibilités offertes par la bande-son, par la faute d'une dynamique et d'une spatialisation un tantinet trop timorées. Mais cela reste toujours largement plus convaincant que la simple piste Surround québécoise et son doublage pas vraiment heureux.

