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Rage du tigre (La) - DVD
Rage du tigre (La), 1971
Test DVD - Rage du tigre (La)
Rédigé le 21 mar 2005 par
Stéphane Argentin
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Une restauration qui donne une nouvelle fois l'impression de découvrir un film tourné à notre époque avec une copie d'une propreté quasi irréprochable. Les couleurs parfaitement saturées et les contrastes somptueusement appuyés sont épaulés par un encodage sans anicroches particulières.
Pas le moindre défaut inhérent au temps à l'horizon (souffle, craquement) si ce n'est quelques saturations minimales, notamment lors des passages musicaux qui diffèrent par ailleurs assez distinctement selon que l'on choisit la piste mandarine ou française (ex : le générique du début). Curieux ! Plus homogène, la VO se montre très légèrement plus étouffée que la VF au mono un peu trop « décentralisée » occasionnant une curieuse sensation d'écho (comme si la bande son avait été enregistrée dans un lieu sujet aux réverbérations acoustiques).
Test des bonus
Sur le premier disque, on trouve tout d'abord trois bandes-annonces (2.35 16/9, 5min 18s VOSTF) tandis qu'une galerie d'affiches et de photos nous attend sur le second DVD intégralement dédié aux bonus (tous VOSTF avec certains passages en français parlé).

On y trouve tout d'abord un entretien avec Ku Feng intitulé Souvenir d'un « tyran » (13min) au cours duquel le comédien revient sur le succès instantané d'Un seul bras les tua tous, sur son arrivée au sein du film, les chorégraphies de celui-ci par Liu Chia-Liang et Tang Chia (tous deux futurs metteurs en scènes) et notamment l'apprentissage du nunchaku. Il témoigne également de toute la difficulté des prises de vue, à l'époque en plans-séquences, qui nécessita une centaine de prises pour la scène de son combat avec Ti Lung. Il nous apprend également que la scène du pont (un décor construit grandeur nature) est l'une des deux séquences au cours de laquelle il fut doublé par un certain Yuen Woo-Ping. Le peu d'évolution des personnages masculins dans les films de Chang Cheh amena Ku Feng à s'orienter vers d'autres metteurs en scène (Chu Yuan, Li Han-Hsiang).

On trouve ensuite un deuxième entretien intitulé David Chiang, le rebelle (13min) où l'acteur revient sur ses débuts de cascadeur dès l'age de sept ans avant de signer avec la Shaw sur les conseils de Chang Cheh, qui le dirigea pour la première fois dans Dead End aux côtés de Ti Lung, soit les deux acteurs fétiches du metteur en scène. David Chiang qui, dans un premier temps refusa de prendre part à La rage du tigre, évoque également le tournage le plus éreintant de sa carrière : La manteuse religieuse, avant de conclure sur ses propres réalisations : The drug addict, Silent love, The wrong couples.

Le troisième entretien intitulé Il était une fois Chang Cheh, volume 2 (13min) cède la parole à Sam Ho qui revient sur l'amputation du bras d'Un seul bras les tua tous que beaucoup considérèrent comme un hommage voire un plagiat au roman de Jin Yong, The return of the condor heroes. Toujours très attaché aux personnages masculins (il remplaça d'ailleurs l'héroïne par un homme dans Le retour de l'hirondelle d'or, la suite de L'hirondelle d'or), Chang Cheh projeta également beaucoup de lui-même dans les rôles tenus à l'écran par Jimmy Wang Yu tout en mettant de plus en plus de côté les personnages féminins (ex : La rage du tigre), ce qui n'empêcha aucunement le metteur en scène de remporter un franc succès durant les années 70 où il tourna jusqu'à neuf films par an.

Quatrième et dernier supplément, le documentaire Chang Cheh et le sabreur manchot (26min) au cours duquel interviennent de nombreux journalistes, metteurs en scène et comédiens, débute par le premier film de la trilogie, Un seul bras les tua tous, avec une histoire à laquelle Chang Cheh, également scénariste, tenait énormément. Même s'il n'en était qu'à ses balbutiements, le style visuel du cinéaste était déjà sous forte influence japonaise et de ses duels à l'épée et n'atteindra son apogée qu'avec La rage du tigre qui mit KO au box office le projet concurrent de la Golden Harvest, Le boxeur manchot. La seconde partie du reportage, plus diffuse, aborde la violence très stylisée des films de Chang Cheh, sa misogynie, revient sur ses deux acteurs fétiches (David Chiang et Ti Lung) avant de se conclure sur la distribution du film en Occident (et plus particulièrement en France) où il fut catalogué « film de kung-fu » (un terme générique pour indiquer un long-métrage en provenance de Hong-Kong ?), la distinction avec le Wu Xia Pian ne venant que bien plus tard.

Enfin, pour clore ce disque de suppléments, on trouve pas moins de 29 bandes-annonces de films de la Shaw Brothers, déjà parus ou bien à paraître, réparties selon leurs huit réalisateurs (2.35 16/9, 31min 33s VOSTF).


