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Super size me - DVD
Super size me, 2004
Test DVD - Super size me
Rédigé le 06 jan 2005 par
Stéphane Argentin
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Avis son
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Test technique
Une chose est sûre : au terme des 1h40 de Super size me, vous ne regarderez plus jamais un hamburger de la même façon. Si vous envisagiez d'en manger un juste après, vous changerez sûrement d'avis, et si vous en avez déjà avalé un juste avant, vous risquez rapidement d'avoir des haut-le-cur. Si les conséquences sur l'organisme d'un tel « régime » alimentaire étaient prévisibles, les pronostics restent bien en-deçà des résultats qui virent tous rapidement au rouge, voire à des couleurs qui ne sont plus dans le manuel, comme dirait Coluche. Si l'humour est bel et bien présent au départ avec des séquences toonesques dignes d'un Michael Moore, les effets désastreux passées les quinze premiers jours changent rapidement le ton du documentaire. Spurlock a déjà pris cinq kilos, bande mou (dixit sa compagne), souffle comme un buf à la moindre marche gravie, tout son organisme (intestin, cur ) fout le camp, à commencer par son foie, tout juste bon à balancer aux ordures, et les médecins lui somment de s'arrêter sous peine de danger de mort !

Tout ceci n'a rien d'une fiction du genre « L'Attaque du hamburger géant », mais établit un postulat bel et bien réel : cette malbouffe tue ! À tel point que le taux de mortalité imputé à cette « junk food » rattrape à grands pas celui du tabac. Le point fort de Super size me n'est pas de nous gaver de chiffres parfois jusqu'à l'indigestion, mais d'aborder le problème à la source : le fast food est aujourd'hui ancré dans nos murs, notre mode de vie dès le plus jeune âge. Outre de véritables drogués accros à leur dose quotidienne, c'est toute une vie sociale qui fout le camp. Rien n'arrête le rouleau compresseur marketing qui a su faire son uvre jusque dans les écoles où les mots « légume » et « sport » sombrent un peu plus chaque jour dans le domaine de la langue morte. Si le documentaire de Morgan Spurlock dispose d'un cadrage limite vomitif par endroits (voulu ?) et manque un peu de mordant, voire de causticité, il a néanmoins le mérite d'envisager le problème sous tous les angles à l'aide de chapitres bien distincts. Et si vous pensez que la France et sa bonne chère ne risquent pas d'être contaminées par ce fléau, détrompez-vous ! La proportion d'enfants scolarisés présentant un excès pondéral est passée de 3% en 1965 à 16% aujourd'hui, soit la situation des USA dans les années soixante-dix.

Bien plus qu'un simple documentaire informatif, Super size me est un véritable signal d'alarme sur les dérives passablement dangereuses de nos habitudes alimentaires. Un cri qui semble avoir été entendu aux États-Unis, où le film a rapporté plus de 10 millions de dollars pour un budget de 65 000.

Un bel effort a été effectué du côté des suppléments (tous en VOST ou en VF) pour l'édition Z2 française, même si l'on pourra regretter l'absence du commentaire audio du réalisateur présent sur le DVD Z1. Directement liés au film, on trouve tout d'abord quatre scènes coupées, d'une durée de 20s à 2min 35s, qui nous montrent au choix la quantité de déchets générés quotidiennement par les MacDo, une fameuse réunion d'anonymes comme il en existe tant aux États-Unis où chacun parle de son addiction à la restauration rapide, une femme (Molly Cannady) qui évoque seule son problème d'obésité, ou encore ce couple de collectionneurs d'objets MacDo.

On passe ensuite à l'interview de trois personnalités : Phil Lempert (4min 10s), qui nous explique les emplacements stratégiques des aliments dans les supermarchés (à hauteur des yeux, près des caisses ) ainsi que la façon qu'ont les Américains de faire leurs courses (comparaison avec les Européens à l'appui). De son côté, Phil Lawer (6min 57s) nous parle de cette école où l'activité physique et une alimentation équilibrée occupent une place de choix dans le quotidien des enfants qui y viennent. Enfin, le dernier intervenant est un certain Don Gorske (3min 01s), consommateur quotidien de MacDo, qui ne souffre visiblement d'aucun problème de santé particulier.

Dans la catégorie des reportages à durée réduite, on trouve un projet (3min 26s) pour le moins atypique à base de déclinaison de produits MacDo, y compris des couvertures, des bulletins de vote, et même des préservatifs ! Chip chop (3min 15s) nous dévoile toutes les vertus des aliments sucrés et fris. Enfin, la petite expérience amusante (5min 08s) consiste à placer plusieurs aliments de chez MacDo dans d'immenses bocaux fermés et à observer leur évolution (décomposition) semaine après semaine. Résultat : les frites ne bronchent pas d'un iota après plus de deux mois !

Du côté des suppléments plus conséquents en durée, on trouve tout d'abord un entretien (25min 07s) en compagnie d'Éric Schlosser, auteur du livre intitulé Fast food nation où y sont décrit la composition exacte des aliments vendus dans les fast food. Au cours de l'interview, l'auteur évoque également les origines de la viande, des pommes de terre, l'évolution des conditions d'élevage, puis revient sur les débuts de la restauration rapide avant de conclure sur les mesures à prendre pour éviter l'obésité, notamment auprès des enfants, et l'impact du fameux clown MacDo sur ces derniers, ainsi que les liens commerciaux entre la célèbre enseigne et Disney.

Outre une biographique écrite, on trouve également une interview (16min 24s) du réalisateur, Morgan Spurlock, qui revient sur les réactions de MacDo face au film (les dirigeants du groupe le suivaient partout dans sa tournée promotionnelle), sur la raison de cette enseigne comme « cible » de son film, sur les changements qu'on entraîné celui-ci, même si, selon lui, les habitudes alimentaires des consommateurs (américains) n'ont pas vraiment évolué pour cause de désinformation. Le réalisateur conclut ensuite sur ses influences documentaires (Michael Moore) mais aussi cinématographiques (Capra, Kazan ).
Dans une dernière vidéo tournée lors d'une avant-première (10min 14s), Morgan Spurlock répond aux questions du public, parmi lesquelles l'accueil qu'a reçu le film, la réaction de MacDo, ou encore les problèmes liés à la distribution du film. Enfin, outre le film-annonce (1min 16s), on trouve un petit quizz, ainsi qu'une rubrique pour aller plus loin contenant quelques recommandations littéraires supplémentaires.

Techniquement parlant, le DVD offre des images plus que correctes où la seule compression visible est bien entendu celle de la DV employée, tandis que la partie sonore nous permet de profiter pleinement de tous les dialogues sans en perdre une miette, bien que la VF (doublée par-dessus la VO) ait été mixée un peu fort, précisément pour couvrir la VO d'origine en arrière-plan.


