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Sacrifiés (Les) - DVD
Sacrifiés (Les), 1945
2,7
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Interactivité
Test DVD - Sacrifiés (Les)
Rédigé le 14 mar 2007 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
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Test technique
L'image de John Ford communément retenue est celle d'un réalisateur de films hors du temps, à commencer bien sûr par ses nombreux westerns. Les sacrifiés tient donc une place à part dans sa filmographie, ce long-métrage réalisé en 1946 étant l'un des premiers à avoir pris pour sujet la Seconde Guerre Mondiale, page d'histoire alors tout juste tournée. Ce traitement à chaud, couplé au regard empreint de modestie du cinéaste, fait des Sacrifiés un film de guerre pas comme les autres, car exempt de tout message sur le caractère néfaste ou nécessaire d'un conflit armé.

Le récit prend la forme d'un simple journal de campagne, qui suit la vie au quotidien d'un bataillon de bateaux-torpilles (PT-boat). Centré sur le capitaine de la compagnie (Robert Montgomery), son second (John Wayne, tout jeune et très différent de l'image de lui-même qu'il va façonner par la suite) et l'infirmière dont ce dernier est amoureux (Donna Reed), le film s'échine à donner une histoire et une âme à ces soldats que les stratèges militaires bougent comme des pions anonymes. Pour cela, Ford filme au plus près de leurs visages et de leurs expressions (en usant à bon escient des gros plans) et s'appuie sur des idées géniales de scénario : la nouvelle de l'attaque de Pearl Harbor est donnée dans un club dont la chanteuse est japonaise ; la fin du film s'attache au destin du numéro 31 sur la liste de rapatriement, sachant que l'avion qui arrive ne peut prendre que trente passagers

Le cinéaste crée ainsi entre ses protagonistes un esprit de troupe solidaire et humble comparable à celui qui animera les pionniers de La poursuite infernale ou de La prisonnière du désert. Et si les scènes d'action ne sont du coup pas au centre du récit, elles n'en sont pas bâclées pour autant : les assauts des croiseurs ennemis par les minuscules PT-boat des héros semblent avoir tout appris en termes de découpage, de fougue et d'adrénaline aux batailles interstellaires de La guerre des étoiles.

Pas de bonus pour cette « Légende du cinéma » Warner, mais un rendu technique remarquable. Tirée d'une copie très propre, l'image présente un piqué superbe et sa profondeur de champ est aussi impeccable qu'au premier jour. L'encodage est lui aussi sans faille, et permet de profiter au mieux des scènes de bataille. Le son (mono d'origine anglais) est lui aussi excellent au cours de ces séquences avec un niveau de détails surprenant, et plus généralement une clarté parfaite des dialogues.



