Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Antibodies - DVD
Antibodies, 2005
Test DVD - Antibodies
Rédigé le 01 fév 2007 par
Laurent Pécha
|
Avis image
Avis son
|
|
Test technique
Avec son titre anglais et son affiche tape à l'il, Antibodies pourrait bien passer pour une production yankee médiocre. Ce serait commettre une bien belle erreur de jugement tant ce thriller teuton d'une maîtrise technique confondante constitue une expérience éprouvante. Alors que l'on continue l'éternel débat du renouveau du cinéma de genre français, voici que débarque sans crier gare le deuxième long-métrage d'un jeune cinéaste (voir son interview où l'homme, cinéphile, défend une conception du cinéma des plus enthousiasmantes) qui a pris le meilleur du thriller à l'américaine tout en y intégrant ses obsessions européennes et, plus particulièrement, allemandes.

Même s'il s'en défend (cf again notre interview), Christian Alvart signe avec Antibodies un thriller haletant et d'une noirceur que n'aurait pas reniée un certain William Friedkin. « Le combat entre le bien et le mal ne se joue pas entre des individus, mais à l'intérieur de chacun. Chaque jour ! » Avec cette phrase que le réalisateur de French connection a sans doute proclamé un jour lors d'une de ses innombrables interviews (mais pas avec nous ou presque), Alvart synthétise avec une rare justesse le cur de son film. Après une ouverture diablement efficace mettant en scène l'arrestation musclée d'un dangereux serial killer où le cinéaste impose en quelques plans et séquences une richesse formelle totalement bluffante (cinémascope élégant et précis, photo aux ambiances particulièrement travaillées, bande son riche et complexe, ), Antibodies nous emmène « tranquillement » dans les méandres sombres de l'âme humaine.

Lorgnant du côté du Manhunter de Michael Mann et du Silence des agneaux de Jonathan Demme (plus ou moins ouvertement cités dans le récit), Alvart capitalise sur le jeu du chat et la souris qui s'instaure entre le serial killer isolé dans sa cellule et le flic obsédé par la recherche de la vérité pour imposer une réflexion troublante sur la dualité qui sommeille en chacun de nous. Tout le film fonctionne autour de cette dichotomie entre les personnages et les lieux où ils vivent, une Allemagne clairement disparate où, à la ville remplie de vices et de corruption (les scènes dans le bar à putes, l'attitude désinvolte de l'inspecteur, la tentation de la fille facile, ) répond la campagne du héros policier où la religion, l'ordre établi et le quiétude jusque là prédominaient.

Mais le meurtre d'une jeune fille dans ce lieu paisible et retiré a tout gangrené, et peut être encore plus qu'ailleurs, la sensation de faire face à un mal tapi devenant petit à petit aussi insupportable que pesant pour l'ensemble de la communauté. Emerge alors pour le spectateur averti un véritable sentiment de malaise quand les fantômes sombres de l'Allemagne nazie ressortent indirectement au détour de certaines séquences (la réunion dans la salle du village pour tenter de confondre le meurtrier). Quand la portée du message du cinéaste sur le Mal, capable se cacher chez la plus inattendue et innocente des personnes, prend un virage spectaculairement angoissant dans la dernière demi-heure du récit, Antibodies atteint son sommet émotionnel.

Si le final, pour le moins controversé mais logique et, finalement, humain, vient tout juste tempérer le sentiment d'avoir pris une claque monumentale, on ressort de la projection médusé d'avoir assisté par le plus grand des hasards à ce qui sera peut être l'acte de naissance cinématographique d'un futur très grand réalisateur.

Passé bien trop inaperçu l'été dernier, Antibodies tente à nouveau sa chance en DVD avec malheureusement une édition quasi vierge en bonus. Hormis la article-details_c-trailers du film, il n'y a rien et pour en savoir plus par exemple sur les intentions du réalisateur, vous devrez vous reporter à l'interview qu'il nous avait accordée à l'époque de la sortie. Dommage tant le film prête à des réactions vives et controversées et donc à une soif de connaissance du projet que l'édition ne remplit pas du tout. Autre point particulièrement néfaste, l'absence de la section chapitres ce qui nous oblige à naviguer en aveugle durant la vision du film si l'on désire accéder à une séquence particulière (par exemple et par le plus grand des hasards, la très provocante séquence de sexe).

Heureusement l'éditeur a soigné l'essentiel à savoir la technique de son DVD. L'image, quoique un peu lisse par moments et souffrant de quelques rares artefacts de compression, s'offre un piqué particulièrement poussé. Et surtout, la palette chromatique particulièrement variée du film est en tous points respectée, alternant les séquences à tons froids (les séquences à la ville) avec celles plus bucoliques de la campagne allemande. Au niveau sonore, les pistes DD 5.1 rendent parfaitement hommage au soin apporté à la bande son du film. À l'image d'une séquence inaugurale qui permet aux surround de s'en donner à cur joie (la pluie façon Seven), on dénote une richesse des effets des plus séduisantes. Quant à l'utilisation des basses, elle sera mettre à mal par sa profondeur votre installation comme par exemple lors de la scène d'amour.

Liens sponsorisés
|
Films attendus The Dark Knight Mesrine : L’instinct de mort James Bond : Quantum of Solace Babylon A.D. Coluche Faubourg 36 Harry Potter 6 |
Séries télé du moment Heroes Lost, les disparus Desperate housewives Prison break Grey's Anatomy Ugly Betty 24 |
Stars du moment Jennifer Lopez Paris Hilton Jessica Alba Britney Spears Eva Longoria Lindsay Lohan Carmen Electra |


