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C.R.A.Z.Y. - DVD
C.R.A.Z.Y., 2005
Test DVD - C.R.A.Z.Y.
Rédigé le 13 nov 2006 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
C'est un véritable sans-faute visuel que nous offre cette édition, avec une démonstration de ce dont le format DVD est capable. La photographie contrastée et fourmillant de détails de C.R.A.Z.Y. est retranscrite à la perfection grâce à un encodage sans faille. Les artefacts de compression sont ainsi introuvables, y compris dans les arrière-plans et au cours des mouvements de caméra, et la définition solide respecte le grain originel de l'image. L'étalonnage est lui aussi remarquable, avec des couleurs saturées et éclatantes.


Si l'on peut regretter l'absence de piste DTS (mais la qualité d'image aurait-elle alors été la même ?), il est impossible de ne pas être conquis par la qualité du mixage DD 5.1. Les voies surround sont discrètement mais constamment utilisées pour des effets qui contribuent à la mise en place d'une ambiance sonore prenante. Le rendu des passages musicaux est également puissant et dynamique, avec en particulier une belle utilisation du canal de graves, mais tout cela ne se fait jamais au détriment de la clarté des dialogues. Une option propose d'activer des sous-titres français lors de la lecture du film, mais après avoir passé avec succès le quiz proposé dans les bonus, vous n'en aurez bien sûr plus besoin !
Test des bonus
L'interactivité qui accompagne la sortie en DVD de C.R.A.Z.Y. apporte au support une bouffée d'air frais comparable à celle qu'a occasionné la sortie du film en salles. Le spectateur saturé de bonus promotionnels pondus à la chaîne revit en effet à la vision de ces suppléments innovants, sincères et qui se laissent le temps de (re)créer une atmosphère, un état d'esprit qui ont accompagné l'équipe du film tout au long du tournage. Si l'édition simple est déjà des plus agréables, on ne saurait trop vous recommander de rajouter les quelques euros supplémentaires du prix de l'édition collector, dont le second disque recèle quelques pépites.

Le DVD du film est un modèle d'interactivité simple mais imaginative. Ce terme d'interactivité n'est d'ailleurs pour une fois pas galvaudé, entre un chapitrage musical conséquent (18 morceaux) et un quiz franco-québécois composé de vingt-quatre expressions québécoises dont il faut retrouver la signification, laquelle est expliquée en détails et avec des exemples. Très amusant en soi, ce quiz offre de plus l'accès à un bonus caché une fois toutes les bonnes réponses obtenues : le casting d'Émile, montage des bouts d'essai et des auditions passées par le fils du réalisateur pour jouer le rôle du héros à ses six ans. Le commentaire du réalisateur sur ces images est tendre et amusé.

Ces qualificatifs correspondent également au commentaire audio du film par ce même Jean-Marc Vallée. Assurément, ce dernier n'est pas encore descendu du nuage qu'a représenté pour lui la réalisation de ce long-métrage. C'est avec plaisir que l'on partage son euphorie, d'autant plus que ses souvenirs encore vivaces nous offrent toute une série de petites histoires plaisantes sur le scénario, la réalisation, l'ambiance sur le tournage. Une galerie de projets d'affiches et des filmographies des acteurs complètent ce disque.

Sur le second DVD, on passe aux choses sérieuses avec un total de 2h30 d'images garanties sans remplissage. Le gros morceau de cette interactivité se trouve dans la section « Les making-ofs ». Le pluriel employé est justifié car il ne s'agit pas là d'un documentaire en plusieurs parties mais bien de trois points de vue différents portés sur la production du film : celui du réalisateur, celui du producteur et celui des acteurs. Ces making-ofs n'aspirent donc pas à couvrir de manière objective ou exhaustive le tournage, mais à nous en faire partager l'ambiance et l'énergie. Le contrat est rempli, grâce en particulier à une forme extrêmement libre, à mille lieues des featurettes calibrées et où tout style est prohibé. Ici, la durée importe peu (1h45 au total), et des images du tournage commentées en voix-off par l'un ou l'autre des participants ou accompagnées de musique sont mélangées avec des bribes d'interviews sur le vif et des moments de détente entre deux prises.

Tout cela ne s'avère à aucun moment lassant, car les différents intervenants n'ont pas de discours pré-mâché à réciter et se complètent plutôt qu'ils se répètent. Jean-Marc Vallée évoque ainsi en détails et preuves en images à l'appui sa vision artistique, celle d'un « film spectacle » rendu agréable à regarder grâce à un extrême souci du détail et émouvant à suivre mais toujours pudique. Parfois sur les mêmes images, le producteur Pierre Even parle quant à lui de la réalité pratique (le budget serré, les coupes dans le scénario et les effets spéciaux), et les acteurs de leur préparation du rôle et de leur vécu au quotidien et à leur niveau du tournage. Et le spectateur, lui, boit les paroles de tous ces gens de la première à la dernière seconde.

Les autres suppléments font perdurer cet état de grâce. Le court module Tournage au Maroc a des allures de carte postale envoyée par les membres de l'équipe depuis leur voyage au soleil. Le menu consacré aux effets spéciaux est très instructif, avec une présentation étape par étape commentée par le responsable de ces effets de tous les plans retouchés par ordinateur, depuis les ronds de fumée jusqu'à la recréation complète d'un désert. On aime particulièrement l'amusant module « Le souci du détail », qui recense les modifications quasi-invisibles faites pour éviter des erreurs temporelles ou autres.

En bas à gauche, on distingue un sparadrap trop "moderne"...

... et qui est donc effacé du plan présenté à l'écran
Enfin, des scènes coupées au nombre de vingt complètent cette édition. Il ne faut cependant rien en attendre de révolutionnaire, car celles-ci ne durent au total que dix-neuf minutes. Il s'agit pour la plupart de répliques supplémentaires ou de passages musicaux étendus, qui accentuent l'aspect « chronique » du récit mais rallongent également ce dernier sans doute au-delà du nécessaire.


