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Eraserhead - Édition collector - DVD
Eraserhead, 1977
Test DVD - Eraserhead - Édition collector
Rédigé le 07 fév 2007 par
Sandy Gillet
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Avis image
Avis son
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Test technique
D'un cauchemar à l'autre
Alors que sort en salles Inland Empire, il a semblé cohérent de revenir ici sur Eraserhead, le premier long-métrage de David Lynch. En effet, Inland Empire boucle d'une certaine manière la boucle en revenant à un art pur et exigeant après deux décennies passées par le cinéaste à louvoyer dans l'univers audiovisuel commercial, pour le meilleur et pour le pire les deux étant souvent intimement liés, comme dans les deux projets avortés et pourtant magnifiques que sont Twin Peaks et Mulholland Drive.

Il y a bientôt trente ans de cela, Lynch accouchait de ce manifeste artistique démesuré et cauchemardesque. Car Eraserhead est un cauchemar au sens propre, absurde, abject et arbitraire. Comme tous les « bons » cauchemars, il choisit un concept a priori positif et le retourne, le maltraite jusqu'à ce qu'il soit source de rejet et de dégoût. Dans Eraserhead, c'est de la création dont il est question, et de la plus belle qui soit celle de la vie. Cet événement habituellement vendu comme parfait est ici vicié de l'extérieur (le contexte dans lequel il se produit) autant que de l'intérieur le bébé, pudiquement dit « prématuré », est carrément difforme et repoussant.

Le film a la cohérence terrifiante et implacable des cauchemars, en cela que ce nouveau-né sans nom n'est pas une aberration mais un produit de son environnement. Le monde d'Eraserhead est une société industrielle déshumanisée au dernier stade, ou post-apocalyptique, ou peut-être les deux. Le père et héros du récit à une tête surmontée d'une chevelure improbable, la mère est capricieuse et égoïste, et les parents de cette dernière sont acariâtres et dégagent une aura malsaine. Tout le reste est un voyage sans lueur et sans humanité. Sur une trame diffuse et parasitée de toutes parts, Lynch compose une succession de tableaux monstrueux liés par une logique plus organique que cartésienne : une minuscule chanteuse de music-hall coincée dans un radiateur, des poulets morts qui se débattent, l'électricité qui réagit aux attaques envers le bébé

À l'instar de la DV changeante et bruitée de Inland Empire, le noir et blanc blafard, agonisant de Eraserhead renforce d'autant le potentiel effrayant du film. Cette détérioration permanente de l'image met en effet à mal la neutralité habituelle de cette dernière, et par ricochet les garanties données au spectateur. Devant Eraserhead, on n'a plus l'impression d'être face à un long-métrage, mais d'observer sans filtre les images générées par le subconscient d'une personne inconnue. L'horreur du cauchemar vient au final de cela : la crudité et la violence inhabituelles avec lesquelles ces sensations nous sont données à vivre.
ED
Sorti pour la première fois en septembre 2000 cette édition estampillée collector chez feu Film Office serait jugée plus qu'usurpée pour les standards actuels (encore que !). Ceci étant on sera surpris d'y trouver la retranscription d'une interview écrite de Lynch réalisée en son temps par Bill Kronn et traduite pour les Cahiers du Cinéma par Serge Grünberg, grand admirateur devant l'éternel du cinéaste. Axée exclusivement sur le travaille effectuée par Lynch sur ses bandes-son, celle-ci se révèle particulièrement intéressante au regard du quasi mutisme actuel de l'homme sur son travaille en général.


On trouve aussi une courte mais très instructive notule vidéo de présentation du film où il est question de la genèse d'Eraserhead et du cheminement pris ensuite par le film pour obtenir une reconnaissance critique et publique internationale. Enfin une filmographie complète mais s'arrêtant en 2000 rappellera si besoin est l'âge de cette édition

David Lynch sur le tournage d'Eraserhead
Un temps où les exigences en terme d'encodage étaient forcément moins élevés qu'aujourd'hui et qu'il faut donc apprécier comme tel sachant que depuis 2000 Eraserhead n'a pas bénéficié d'une nouvelle édition mais juste d'une d'un repackaging et d'un changement d'éditeur (H2F puis M6 vidéo dans la collection « Talent du cinéma »). Ceci étant comme celui-ci est donc toujours proposé à la vente en l'état l'on se doit de préciser que le master gagnerait à être restauré ou à tout le moins de bénéficier d'un sérieux dépoussiérage. Non que l'image proposée soit impropre au visionnage, disons simplement qu'elle ne répond plus aux normes actuelles en terme de définition et de contrastes.

Une rayure verticale balafre ici un visage « éléphantmanesque »
Un constat accentué par une bande son en DD 2.0 stéréo des plus dynamique dynamique et au spectre suffisamment « surround » pour nous envelopper au sein de cette fantastique composition sonore que Lynch en compagnie de Alan Splet, son ingénieur du son d'alors avaient donc en 1994 « upgradé » en Dolby Stéréo lors d'une ressortie du film.


