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Belle et le Clochard (La) - Édition collector - DVD
Belle et le Clochard (La), 1955
Test DVD - Belle et le Clochard (La) - Édition collector
Rédigé le 10 fév 2006 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Enfin, cette nouvelle édition respecte le fabuleux CinémaScope d'origine qui, en 1955, était un vrai pari technique puisque La Belle et le Clochard s'imposait comme le premier long-métrage d'animation au monde tourné dans ce format. La précédente édition zone 2 était honteusement recadrée alors que le studio l'avait produit spécialement dans deux versions : l'une CinémaScope 2.55 et l'autre dans un format 1.37, à l'époque plus académique.
Il faut savoir qu'en 1953, date de sa création, le format CinémaScope était au ratio 2.55 : 1. C'est en 1955 qu'il passa au ratio 2.35 : 1, perdant au passage le « S » majuscule dans son intitulé. Ce Disney ayant été produit quasiment sur cette période, le format 2.55 : 1 a -t-il vraiment été le format de diffusion, abandonné au moment de la sortie du film ? Il se pourrait que La Belle et le Clochard ait été produit au format 2.55 et exploité en 2.35. On se retrouve donc ici pour la première fois avec le cadrage scope original qui magnifie les superbes décors du film. Comme on peut le voir sur les captures ci-dessous, il y a une vraie différence de cadre entre le format original et celui qui jusqu'ici respectait au mieux les intentions initiales de Disney et son équipe, à savoir l'édition zone 1 et son image au ratio 2.35 encodée en 4/3.


Non content de nous permettre de nous faire découvrir pour la première fois le film en 2.55, l'édition offre un lifting salvateur à l'image. C'est ainsi que La Belle et le Clochard bénéficie du même standard de qualité que les précédents classiques Disney édités en DVD, à savoir l'excellence. Les sorties ont beau se succéder d'année en année, on est à chaque fois ébahi devant la netteté de l'image, l'éclat des couleurs, la profondeur du contraste, la finesse des détails, et le soin apporté au transfert en numérique (définition et compression parfaites). Autant de choses qui permettent de redécouvrir à quel point un dessin animé estampillé Disney était à l'époque un véritable travail d'orfèvre au niveau des graphismes et de l'animation. Le seul à râler en définitive, c'est le critique qui va finir par se trouver à court d'idées pour renouveler ses textes sur l'image des DVD Disney


Une fois la note baissée d'un point en réaction à l'absence d'une piste DTS pour la version originale (le film ne durant qu'une heure et quart et presque tous les bonus étant regroupés sur le second disque, il y avait largement la place), la liste des reproches concernant la configuration sonore de La Belle et le Clochard est aussi famélique que celle pour l'image.

Les trois mixages disponibles (DTS et DD 5.1 VF, DD 5.1 VOST) ont fait l'objet d'un travail particulièrement soigné de nettoyage de la bande-son chansons et dialogues sont d'une clarté et d'une chaleur superbes et de spatialisation de ses différentes composantes. Voix, musique et effets sonores emplissent en effet avec bonheur l'ensemble des canaux, sans qu'à aucun moment ce travail titanesque (les mixeurs ont dû s'arracher les cheveux face à la quantité de bruitages présents dans le film) ne tombe dans l'artificiel ou dans le forcé. Enfin, la version originale est préférable malgré l'absence de DTS, ce dernier offrant une dynamique encore meilleure à l'ensemble , car la qualité de la retranscription en français des accents des différents personnages du film varie entre le bon (les pizzaïolos) et le moins bon (les chiens de la haute société).
Test des bonus
Le double DVD collector réalisé pour La Belle et le Clochard est l'un des plus fournis et des plus passionnants de la collection Disney, grâce à la grande quantité de documents concernant le film qui furent retrouvés dans les archives du studio. En effet, Walt Disney a lancé sa propre émission de télévision en 1954 et La Belle et le Clochard, qui sortit un an plus tard, fut le premier long-métrage à bénéficier de cet outil promotionnel d'avant-garde. Deux numéros de l'émission Disneyland furent ainsi consacrés à La Belle et le Clochard et sont présentés ici : Histoires de chiens et Cavalcade of songs. Ils forment à eux deux un véritable making of avant l'heure, puisque le scénario du film y est raconté en détails, et de longs extraits finalisés sont dévoilés de même que toutes les étapes de la réalisation. On voit ainsi les dessinateurs et les animateurs au travail dans des petites saynètes très instructives, comme par exemple celle où l'on découvre les différentes ébauches du personnage du Clochard avant de suivre « en direct » le dessin de sa version définitive.

Cavalcade of songs s'attarde plus particulièrement sur la composition des différentes chansons du film. À nouveau très enrichissant (aujourd'hui encore, on a rarement l'occasion de bénéficier de telles images de créateurs au travail), ce document frappe par sa transparence et le talent pour la communication de Walt Disney, puisque tous les numéros chantés du film y sont présentés dans leur version intégrale avant même la sortie en salles. La richesse et la qualité de ces deux émissions est telle qu'elles ont servi de principale source d'inspiration et d'images pour le nouveau making of réalisé spécialement pour cette édition. Les chapitres consacrés à la production de La Belle et le Clochard y puisant abondamment et n'apportant donc rien de neuf, c'est vers les parties traitant de la genèse mouvementée du film (vingt ans de gestation, et de nombreuses remises à plat) et de la rupture que ce dernier représenta par rapport aux uvres précédentes de Disney qu'il faut se tourner pour trouver des choses très intéressantes.

La rupture fut bien sûr visuelle (le film fut le premier dessin animé réalisé au format CinémaScope), mais elle fut surtout thématique puisque c'était la première fois que le scénario d'un long-métrage Disney n'était basé sur aucun conte existant. Le making of nous emmène avec brio sur les traces des audaces plus ou moins visibles que cette révolution a engendrées : l'hommage explicite de Walt Disney à Marceline, la ville de son enfance (la mise en évidence de certains repères temporels du début du XXe et la comparaison entre les décors du film et des images d'archives de Marceline sont à ce titre passionnantes), le thème sous-jacent à tout le film de la nostalgie d'une Amérique utopique aux valeurs de tolérance et d'entraide, et surtout les contournements de la censure pour faire passer certaines séquences « osées » (l'abattage des chiens à la fourrière, la nuit d'amour entre les deux héros) sont autant de points qui offrent à La Belle et le Clochard une place à part dans la filmographie du studio.

Le reste des suppléments se compose d'images d'archives supplémentaires : deux scènes coupées sous forme de story-boards (dont une, Les Rôles inversés, fait preuve d'un humour incroyablement impertinent pour un Disney en imaginant un monde où les humains seraient les animaux domestiques des chiens cf. la première capture ci-dessous), et un documentaire présentant les différents concepts envisagés pour l'enregistrement de la chanson des chats siamois. Mais le clou du spectacle est sans conteste la présentation de l'intégralité des story-boards de la version préliminaire de 1943 du film. La comparaison avec le résultat final, douze ans après, est des plus ludiques. On s'amuse en effet à repérer les idées déjà bien présentes (le personnage de Tante Sarah, le combat final contre le rat) et celles encore en sommeil mais dont le développement rendra La Belle et le Clochard bien meilleur que ce qu'il aurait été en suivant strictement ces story-boards : ainsi le personnage du Clochard, et plus généralement toutes les scènes se déroulant hors de la maison.

Ce supplément ouvre sur le dernier bonus de cette édition, un documentaire intitulé L'Art du story-board, introduction aux bases du story-board et de son rôle dans la réalisation d'un film. L'intérêt de ce module vient du fait que les exemples présentés ne se limitent pas aux films d'animation Disney, puisque des intervenants aussi divers que Kevin Costner, Andrew Adamson (Le Monde de Narnia) ou encore le responsable du story-board sur La Cinquième Colonne d'Alfred Hitchcock (!) témoignent de leur propre utilisation de cet outil. Le résultat est un patchwork inattendu mais original et efficace.

Au final, ce double DVD collector de haut vol ne pèche que par ses quelques redites entre les archives et les nouveaux documents, et par ses menus en 3D sans âme et tristement identiques à ceux de tous les autres DVD Disney. À noter que La Belle et le Clochard sort également en édition simple, avec une interactivité « light » composée d'une scène coupée (Des rôles inversés), d'un jeu, d'une version plus courte du making of et des mêmes galeries d'images que sur l'édition collector.
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