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Vengeance du tigre (La) - DVD
Vengeance du tigre (La), 1970
4,0
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Test DVD - Vengeance du tigre (La)
Rédigé le 28 oct 2005 par
Patrick Antona
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Test technique
Avec la Vengeance du tigre, c'est à la fois une uvre séminale et importante du cinéma de kung-fu qui nous est enfin proposé dans sa version d'origine, mais que l'on peut regarder avec une certaine distance, vu le côté quelque peu « dégénéré » de la chose. Car attendez-vous à voir, à traver cette linéaire histoire de revanche martiale, une série de scènes plus violentes les unes que les autres !

Si le résultat est quand même jouissif, malgré ou du fait de ces outrances, c'est en particulier dû à la personnalité de son auteur-réalisateur, Jimmy Wang Yu. Ce dernier, vedette incontestée des studios Shaw Brothers dans les années 60, grâce aux succès de la série des Sabreurs Manchots (Un seul bras les tua tous, Le Bras de la vengeance), décida de se lancer seul à la barre de Chinese boxer (titre originale de La Vengeance du tigre). Le film, qui remporta un succès fracassant à sa sortie, fut le dernier que Wang Yu fit au sein des studios de Clearwater Bay et marqua une rupture à part entière dans le domaine du kung-fu.

Surfant à la fois sur la vague du film de vengeance et sur un nationalisme exacerbé, La Vengeance du tigre est une suite d'affrontements barbares et violents entièrement assumés par un Jimmy Wang Yu qui semble se repaître dans la haine contre les japonais. Ces derniers, interprétés par des acteurs chinois, Lo Lieh en premier, sont décrits d'une manière on ne peut plus caricaturale (comparés dans le film à de véritables vampires !), se livrant à toutes sortes d'exactions qui vont du viol à l'énucléation, tout en exploitant bassement les chinois.

Après l'apprentissage forcené et automutilateur de la technique de la « Paume de fer » (séquence renvoyant à La Main de fer) qui est une des scènes les plus marquantes du film, Jimmy Wang Yu finira par rendre la justice lui-même. Si le film ne réussit pas à sortir du cadre balisé du film d'arts martiaux de l'époque, du fait d'une trame par trop classique, il reste quand même intéressant à plus d'un titre. Doté d'un physique moins athlétique que Bruce Lee ou Chen Kuan Tai , Wang Yu compense ses faiblesses par une sauvagerie sans limite, rehaussée par une froideur d'expression que d'aucun jugera être un manque de charisme mais qui posera définitivement le personnage.

Autre paradoxe, l'histoire et la tonalité de La Vengeance du tigre sont clairement inspirés des films d'action japonais, pourtant décrits ici comme des adversaires haineux , la scène de sabre dans les hautes herbes étant emblématique des films de samouraï. Véritable bombe au moment de sa sortie, le film peut paraître sévèrement daté même s'il possède encore une aura spectaculaire, sans oublier qu'il prépara la voie aux films de Bruce Lee et fut sûrement une source d'inspiration pour La Fureur de vaincre par sa teneur anti-nipponne. De son côté, Wang Yu enfonça encore plus profondément le clou en 1971 avec son Boxeur manchot complètement barré (sorti chez HK), où cette fois-ci il n'échappa pas au ridicule.

Que ce soit au niveau des constrastes très bien géré que de la colorimètrie impeccable, cette copie de Chinese boxer est proprement miraculeuse. À part quelques flous sur la scène des hautes herbes, tout le reste est exempt de défaut à l'image d'un master superbement lumineux.

Seule piste disponible, la version originale en mandarin est un mono remastérisé. Le mixage est excellent et nous fait bénéficier de tous les effets sonores qui parsèment le film tout en laissant une belle part à la musique.

Au niveau menus, l'interface, illustrée par des photos des différents personnages du film, est claire, avec un chapitrage divisé en douze parties (une constante chez Wild Side). Concernant l'interactivité, le supplément de choix est une interview du journaliste Marc Toullec (Mad Movies, CinéLive), titré Karaté à mort (12min 59s).

Dans cette entretien, Marc Toullec nous fait partager son souvenir de la découverte de pépites du cinéma kung-fu au détour de séances double-programmes et évoque le personnage atypique de Jimmy Wang Yu, de sa particularité dans le cinéma des arts martiaux, et des influences qu'il eut sur l'oeuvre de Bruce Lee. Le titre de ce documentaire plutôt instructif fait référence au titre du film tel qu'il fut distribué en France, Karaté à mort pour une poignée de soja !

L'éditeur propose également la nouvelle article-details_c-trailers du film (1min 10s), une galerie de photos et affiches, proposant la sublime affiche originale plus une vingtaine de photos, et les habituels liens Internet vers le site et le magasin en ligne Wild Side Vidéo. Les filmographies disponibles sont celles de Jimmy Wang Yu (commençant bizarrement en 1972) , Lo Lieh, Wang Ping et Cheng Lei, présentées sous forme de panneaux.



