Longest nite (The) - DVD

Longest nite (The), 1997

Alertes
Longest nite (The)
3,3
Image Star Rating 9
Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 5
note 2 country_flag dvd

Test DVD - Longest nite (The)

Rédigé le 28 sep 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 6
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Test technique

Après les départs pour Hollywood de John Woo et Tsui Hark et l'essoufflement du genre « heroic bloodshed » inventé par Le syndicat du crime, la fin des années 90 marqua un tournant dans le cinéma d'action de Hong Kong, initié principalement par Ringo Lam (le diptyque Full alert – Victim) et Johnnie To au travers de sa boîte de production Milky way. The longest nite est la version exacerbée à l'extrême des polars violents, crus et très, très noirs qui ont marqué cette période : un cauchemar éveillé qui dure toute une nuit, d'une sauvagerie extrême et sans aucun espoir de salut.


Tous les personnages du film, y compris ses deux têtes d'affiche Tony Leung Chui-Wai (dans le rôle d'un flic ripou) et Lau Ching-Wan (tueur à gages mystérieux), ne sont en effet que des pions au sein du règlement de comptes machiavélique et sanglant entre chefs de triades qui prend place au cours de la nuit relatée par The longest nite. Chose rare à Hong Kong, le scénario à tiroirs ne dévoile ses secrets et rebondissements qu'au compte-gouttes. La toile ainsi tissée avec patience et application est digne des grandes heures du film noir hollywoodien, avec ses anti-héros pris au piège pour avoir voulu joué dans la cour des grands.


De tels personnages sont du pain béni pour les acteurs de composition que sont Tony Leung Chiu-Wai, qui étale une méchanceté et une énergie du désespoir inattendues, et Lau Ching-Wan, hypnotisant dans un rôle incroyablement charismatique bien qu'avare en paroles. Autour de ces deux performances mémorables et constamment sur le fil s'orchestre un jeu du chat et de la souris qui remise la psychologie au placard et se compose uniquement de morceaux de bravoure à couper le souffle. La violence physique et mentale de ceux-ci va crescendo, de tortures insoutenables en cadavres décapités.


Les décors sont eux aussi la proie de cette folie destructrice et hallucinée, qui fait tendre la ville de Macao où se déroule l'action vers un univers abstrait dans lequel seule subsiste la violence : poursuite en voiture en aveugle dans un véhicule au pare-brise fissuré de toutes parts, face-à-face entre les deux anti-héros dans une cellule aux contours incertains et aux allures de Purgatoire… et surtout ce gunfight final d'anthologie dans un entrepôt désaffecté et plongé dans l'obscurité. Dix minutes sans dialogue au cours desquelles la tension atteint son paroxysme en même temps que les idées de situation et de mise en scène fusent, qu'elles soient novatrices (l'utilisation du téléphone portable, cinq ans avant Infernal affairs) ou efficacement recyclées (la salle aux miroirs).


Avec ses aspects scénaristiques, visuel et musical ainsi que sa mise en scène et son interprétation soignées à l'extrême, exempts de tout compromis et tendus vers le même but d'efficacité maximale, The longest nite fait donc partie de la crème des polars, toutes nationalités confondues. Presque dix ans après sa sortie, la férocité et le nihilisme de cette énorme claque n'ont rien perdu de leur force et en font un classique immanquable, l'acte de (re)naissance agressif et détonant d'un genre qui a depuis gagné la reconnaissance critique et publique avec des œuvres comme Infernal affairs ou PTU (le prochain Johnnie To, qui sort en octobre dans les salles françaises).


Une nouvelle fois, le travail réalisé sur l'image par HK Vidéo est digne d'éloges, à commencer par le format 16/9 qui remplace le 4/3 du DVD zone all hong-kongais. La comparaison entre les deux éditions tourne d'ailleurs à une victoire écrasante du zone 2 HK Vidéo sur tous les points. Le master nettoyé d'une grande partie de ses impuretés (même si certaines subsistent, en particulier une vilaine rayure à 13'55”) et l'excellence de la définition permettent de profiter de la superbe photographie nocturne du film, tant au niveau des couleurs très léchées que des nombreux détails présents dans la plupart des plans. Comme le montrent les comparaisons de captures ci-dessous, le gain est également évident au niveau du contraste, avec une très belle gestion des extrêmes (noirs très profonds, blancs aveuglants) qui n'empiètent jamais sur le reste du cadrage.


Zone all Hong Kong


Zone 2 HK Vidéo


Zone all Hong Kong


Zone 2 HK Vidéo


Zone all Hong Kong


Zone 2 HK Vidéo

Si visuellement le spectacle est au rendez-vous, la partie sonore nous laisse quelque peu sur notre faim, en particulier en raison de la décision discutable d'offrir une version française en Dolby Digital 5.1 alors que la version originale n'est proposée « que » dans sa configuration d'origine en mono 2.0 d'origine. La qualité de cette dernière piste, tout à fait honnête pour du mono, n'est pas remise en cause ; mais au vu de la capacité du piètre doublage à gâcher les rares dialogues du film par des intonations beaucoup trop forcées, on regrette vivement que les efforts consentis pour la réalisation d'un mixage 5.1 plutôt réussi (plus ample et nerveux que le 2.0, sans pour autant trop en faire) n'aient pas été consacrés à la version originale.


Les suppléments se résument à un livret de 56 pages intarissable de louanges sur Johnnie To et à une interview d'une dizaine de minutes de ce dernier. Dans ce court laps de temps, le nouveau prince du polar hong-kongais revient sur l'évolution vers plus de réalisme de ce genre au cours des années 90 et sur son propre parcours de réalisateur et de producteur. La partie la plus intéressante concerne l'évocation à demi-mot de l'échec de son studio Milky way. En effet, ce dernier ne sert aujourd'hui plus qu'à produire les propres films de Johnnie To, bien loin de son ambition artistique initiale qui était de lancer la nouvelle génération de réalisateurs de films policiers. To avoue qu'il n'a jamais su se cantonner au rôle de producteur sur tous ces tournages, au sein desquels on trouve The longest nite, sans toutefois lever entièrement le voile sur son implication exacte dans la mise en scène de ces films.


D'une manière générale, The longest nite est très peu traité dans cette interview, hormis quelques mots sur son génial acteur principal Lau Ching-Wan. La déception est donc de mise face à l'écart entre la qualité intrinsèque du long-métrage et l'interactivité qui l'accompagne, pour ce qui représente le premier couac de HK Vidéo en termes de contenu éditorial après un parcours jusque là sans faute.

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