Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Samouraï - DVD
Samouraï, 1965
3,5
Image
Son
Interactivité
Test DVD - Samouraï
Rédigé le 30 sep 2005 par
Patrick Antona
|
Avis image
Avis son
|
|
Test technique
Si Samouraï est un pur film de genre, le chambara, réalisé de main de maître en 1965 par un Kihachi Okamoto en plein essor artistique, il est aussi la peinture d'un moment clé et tragique de l'histoire du Japon, à l'orée de son basculement dans le monde moderne.

Par le biais des péripéties de Niiro, rônin ambitieux magnifiquement interprété par le grand Toshirô Mifune, qui adhère à un complot censé renverser le Shogunat, c'est tout un pan brutal de la société nipponne qui nous est dévoilé. Politique, violence et trahison ne sont que quelques uns des aspects de l'intrigue sur laquelle viennent se greffer une histoire d'amour déçu, avec la belle Okiku interprété par Michiyo Aratama (Les 47 rônins, Kwaïdan) et surtout le portrait complexe d'un homme à la recherche de son identité, ballotté entre les différents camps qui s'affrontent.

Usant avec intelligence du flash-back, lors de l'évocation de la mère de Niiro, interprété aussi par Michiyo Aratama qui assume ici un double rôle, ou dans les scènes de comptes-rendus du scribe, Kihachi Okamoto nous sert encore un film dans lequel il écorne tout un pan du mythe des samouraïs. Si les personnages secondaires sont légion et les dialogues conséquents, Samouraï reste une uvre à la fois dense, fluide et pourtant simple dans sa narration.

Mais ici, à la différence de Kill, point d'ironie mais la dénonciation précise et sans faille d'un système dont le cynisme et la brutalité exploseront dans un long final tragique et terrifiant. D'ailleurs, si les scènes martiales sont toujours le point fort du cinéaste, les affrontements sont plus secs et brutaux, loin des empoignades stylisées habituelles, appuyant le côté réaliste et historique du film, et l'utilisation magistrale de la tempête de neige dans la scène de fin préfigure de deux ans l'ambiance du Sabre du mal. Encore un chef d'oeuvre méconnu mais à découvrir derechef, et sûrement l'un des meilleurs films de Kihachi Okamoto, qui mérite de plus en plus son statut de maître du chambara, à l'égal de Kobayashi et de Kurosawa.

Un excellent travail de restauration nous permet d'apprécier la très belle photographie noir & blanc du film. Les différentes nuances appliquées ainsi que la bonne gestion des contrastes prennent toute leur mesure dans la scène du guet-apens sous la pluie mais aussi dans la scène d'anthologie du film, à savoir l'attaque sous la neige. Transfert impeccable même si on peut déceler quelques petits drops.

La restitution sonore est elle aussi de très bonne qualité, avec notamment un mixage parfaitement équilibré entre bruitages et dialogues, tandis que l'ampleur acoustique générale permet d'apprécier la superbe partition de Masaru Sato.

Les menus sont à l'image de l'édition de Kill, la forteresse des samouraï, à savoir animés pour les items principaux et fixes pour les filmographies. Les bonus sont ici réduits à la portion congrue, avec les filmographies complètes de Kihachi Okamoto et de Toshirô Mifune et une galerie d'une dizaine de photos. Dommage ! Un documentaire sur le background historique du chambara, à savoir ce qu'on appelle la période Tokugawa, n'aurait pas été superflu.



