Box 507 - DVD

Box 507, 2002

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Box 507
3,7
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Test DVD - Box 507

Rédigé le 07 juil 2005 par Patrick AntonaPatrick Antona

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Test technique

Pourquoi est-ce qu'une oeuvre comme Box 507 n'a pas connu l'honneur d'une sortie en salles en France (pourtant Grand Prix du festival policier de Cognac en 2003) alors que tant de nullités parsèment nos écrans ? Reste que le DVD est là pour réparer cette grande injustice tant le film se révèle être excellent.


De la même trempe que les polars à tendance sociale que l'Italie produisait dans les années 70, Box 507 décrit de manière âpre et terriblement efficace le destin croisé de deux personnes, que tout oppose mais dont la quête du dossier dérobé dans le coffre N° 507 va les emmener vers une extrémité fatale. D'un côté, Modesto (Antonio Resines), directeur d'une banque de Marbella, qui se retrouve en possession du fameux contenu du coffre 507, preuve de la mort « accidentelle » de sa fille survenue 7 ans plus tôt. De l'autre, Rafael (excellent José Coronado), ex-policier devenu homme de mains de la maffia, pour qui la recherche du dossier devient une question de vie ou de mort, impliquant aussi sa fiancée Mónica (Goya Toledo).


Tout à la fois chronique dramatique (les relations entre Rafael et sa compagne), investigation journalistique (la recherche de preuves par Modesto), et bien sûr polar hard-boiled (les interventions musclées de Rafael dans le monde interlope des truands), Box 507 dresse un portrait d'une « Costa del Sol » loin de la carte postale idyllique de vacances mais bien celui d'une région gangrénée par le crime et la corruption, où les incendies d'été cachent les basse oeuvres de promoteurs immobiliers sans vergogne, le tout sous le soleil de plomb et la chaleur étouffante de l'Andalousie (magnifiée par la très belle photographie de Carles Gusi).


Minimisant les dialogues et exploitant au maximum la présence de ces deux acteurs principaux, le réalisateur Enrique Urbizu réussit, en distillant peu à peu les éléments de son scénario, à tisser l'implacable toile scénaristique dans laquelle tous les tenants et les aboutissants vont se révéler peu à peu, jusqu'à la confrontation finale, sèche, brutale et sans affect aucun. Mieux, le film se clôt sur une note des plus ambigües, donnant à ce récit une dimension autre que celle du simple film de vengeance.


L'amateur de film policier sera comblé : il y a un parfum de Mickey Spillane, voire de James Ellroy, qui transpire via le personnage de Rafael, à la fois prédateur sans pitié (la fusillade dans le repère des braqueurs), « macho » amoureux aux manières brusques et homme aux abois, et la description du monde corrompu de la presse et de la finance, esquissée par petites touches mais avec efficacité, renvoie aux grands classiques du polar tels que L'Enfer de la corruption ou Main basse sur la ville. Quant à la technique de narration linéaire (à part l'utilisation d'un flashback mais uniquement à dessein « émotionnel ») qui se borne à suivre les actions des personnages principaux, chacun tenant le bout de la corde qui va étrangler l'autre, non seulement celle-ci ne dessert en rien le suspens mais donne au film un côté à la fois réaliste et brutale. Et le metteur en scène de nous asséner une magnifique pirouette quasi-poétique qui ne nuit en rien à la cohésion de Box 507, sûrement un des meilleurs policiers découverts cette année.


Parfaite alternative aux polars américains peu inspirés que nous subissons ces dernières années, Box 507 est une nouvelle preuve de la vitalité d'un cinéma ibère en pleine créativité qui nous donne des leçons de cinéma sans peine. En effet, il y a de quoi rester songeur face à la frilosité de nos productions nationales, n'osant s'attaquer à un sujet pourtant emblématique de notre société, les histoires de magouilles financières faisant bien les choux gras de la presse hexagonale... et que les premiers incendies commencent à embraser la Côte d'Azur.


Côté suppléments, on ne pourra se mettre sous la dent qu'un seul making-of (16min), mais qui nous permet d'apprécier le degré d'implication de tous les partenaires du film.
En premier, Enrique Urbizu qui a tout de suite compris que la clé de voûte de son film résiderait dans le casting de ces deux acteurs principaux : ces derniers, en osmose complète, décrivent leurs rôles avec une parfaite acuité. Si le rôle dévolu à Goya Toledo est plus secondaire, son avis sur le côté « machiste » du film mérite d'être écouté. Avec au final quelques explications de la part du directeur de la photographie sur les tonalités générales qu'il a spécifiquement choisies pour le film. Un bonus court mais instructif !


Transfert et encodage parfait, pas de fourmillement à signaler, avec un respect optimum des couleurs et des contrastes (malgré l'omniprésence du blanc et du bleu dans nombre de scènes). Encore du beau travail à mettre au crédit de la par La Fabrique de films.


Si on vous conseille de découvrir le film avec sa VO Dolby digital 5.1 à mi-débit, la VF Dolby digital 5.1 est tout à fait correcte. L'ambiance sonore est gérée avec soin, et le mixage est des plus réussis, les scènes de calme, avec quelques discrets effets sonores, succédant à quelques scènes plus chocs (incendie, coups de feu), le tout dans une parfaite homogénéité.

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