Bad guy - DVD

Bad guy, 2001

Alertes
Bad guy
3,0
Image Star Rating 7
Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 5
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Test DVD - Bad guy

Rédigé le 29 juin 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 7
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Star Rating 6
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Test technique

Bad guy clot l'impressionnante série de cinq films de Kim Ki-Duk sortis en France depuis septembre dernier, après The coast guard, Samaria, Adresse inconnue et Locataires. Pathé a d'ailleurs choisi de sortir ce film (qui se situe entre Adresse inconnue et The coast guard dans la filmographie du réalisateur) directement en DVD au sein de sa collection Asian Star afin d'éviter de le confronter à un sentiment de trop-plein de la part des spectateurs. Cette découverte tardive de Bad guy le dessert quelque peu malgré tout, principalement car le sublime Locataires est passé par là entre temps. On retrouve en effet les mêmes thèmes et les mêmes types de personnages d'un film à l'autre, mais sous une forme plus épurée et plus puissante dans Locataires. À l'instar du scénario de ce dernier, Bad guy conte le cheminement (pour le moins mouvementé) vers l'amour et la sérénité d'un homme et d'une femme n'ayant en commun que leur profond désespoir face à la violence de la société coréenne. Une société dont l'on sait tout le bien qu'en pense le metteur en scène : femmes brimées et réduites à leur fonction sexuelle, hommes aux nerfs à fleur de peau qui règlent leurs problèmes aux poings, autorités (police, justice) despotiques, et pouvoir énorme de l'argent qui permet de tout acheter.


Les personnages de Kim Ki-Duk sont des victimes de ce système implacable et dont l'arbitraire justifie les excès narratifs du réalisateur – ici, la façon dont l'héroïne Sun-hwa devient en l'espace de trois séquences une prostituée appartenant au maquereau Han-gui, qui accomplit ainsi sa vengeance vis-à-vis de celle qui a osé l'humilier en public après qu'il ait eu le coup de foudre pour elle et l'ait embrassée de force. Mais après cette première phase de « rencontre » pour le moins musclée, Han-gui et Sun-hwa vont peu à peu s'apprivoiser plutôt que persister à s'affronter. C'est dans cette partie de l'intrigue que Bad guy pêche quelque peu, en tournant en rond autour de scènes et de personnages répétitifs qui alourdissent le récit : l'attitude des sous-fifres de Han-gui vis-à-vis de Sun-hwa, l'acclimatation forcée de celle-ci à son nouveau travail, les sentiments contrariés de Han-gui qui ne sait rien de la douceur ni de la tendresse sont autant de points excessivement soulignés.


Malgré l'environnement glauque et d'une grande violence que constitue le quartier des prostituées, l'amour naît entre Sun-hwa et Han-gui. Mais si Kim Ki-Duk est un romantique, il n'en reste pas moins froidement réaliste et est conscient que la réalisation d'une telle relation reste du domaine du rêve. C'est donc par l'onirisme qu'il offre une porte de sortie à son couple de héros : la mort et la résurrection de Han-gui ainsi que la dimension quasi irréelle donnée au couple que ce dernier forme avec Sun-hwa en sont autant d'illustrations. Cette opposition violente entre le bonheur auquel aspirent les deux héros et le monde tel qu'il est réellement se retrouve dans la mise en scène de Kim Ki-Duk, qui confronte des images d'une sécheresse et d'une brutalité parfois insoutenable à une bande-son aérienne, dont l'ascension émotionnelle se fait l'écho des sentiments exacerbés qui se développent entre Sun-hwa et Han-gui – jusqu'à atteindre son paroxysme avec l'utilisation de la chanson « I tuoi fiori » interprétée par l'italienne Etta Scollo.


Comme dans les meilleurs films du réalisateur (L'île, Locataires), on se surprend malgré les quelques défauts de Bad guy à être transporté par cet amour à la fois impossible et indestructible qui permet aux deux héros de trouver leur salut. Même s'ils doivent pour cela se placer en marge de la société, ainsi que l'exprime Kim Ki-Duk dans l'image qui clôt le film – un point rouge se détachant sur un fond noir.


Ce DVD reprend dans leurs grandes lignes les caractéristiques du zone 3 coréen. On retrouve ainsi les deux pistes audio en version originale en Dolby Digital 5.1 et 2.0 (il n'y a pas de version française), qui sont toutes les deux claires et précises. Le manque d'ampleur du mixage 5.1 est regrettable, celui-ci étant trop porté sur l'enceinte centrale et qui n'apporte qu'une ampleur toute relative aux envolées lyriques de la musique. Concernant l'image, le master est immaculé et la définition honnête sans être exceptionnelle. Bien que la gestion des sources de lumière soit particulièrement réussie (comme on peut s'en rendre compte dans les scènes se déroulant de nuit dans le quartier des prostituées illuminé de multiples néons de couleurs différentes), le contraste est dans l'ensemble un peu terne et froid – mais peut-être est-ce là une volonté du réalisateur afin de rendre compte du manque d'humanité de la société au sein de laquelle se débattent les héros de Bad guy.


La rubrique interactivité est elle aussi constituée principalement de suppléments issus de l'édition coréenne. Sous la pompeuse appellation making-of se trouve un mini-documentaire sur les séances de coiffure et de maquillage de l'actrice principale. Autrement plus fournie est la section des interviews, avec pas moins de douze entretiens d'une durée totale approchant celle du film (cent minutes). Neuf de ces interviews sont d'origine, et répondent donc aux « standards » classiques des DVD coréens : intervenants filmés en plan fixe face à la caméra, série de questions identique pour tous. Cette homogénéité ne nuit toutefois pas à la liberté d'expression des acteurs (pour la plupart débutants) et techniciens, qui parlent sans langue de bois des soucis et des doutes qu'ils ont pu expérimenter au cours du tournage de Bad guy. Si les acteurs s'attardent principalement sur la difficulté de s'adapter au rythme de tournage très rapide imposé par le réalisateur (qui cherche par ce biais à privilégier la spontanéité), les interviews des membres de l'équipe technique (les chefs opérateurs, le chef décorateur et le compositeur) sont particulièrement intéressantes car ils parlent de leurs choix artistiques et des discussions parfois houleuses qu'il a fallu mener avec Kim Ki-Duk afin de parvenir à un compromis entre la vision du film de ce dernier et leurs propres idées.


Les trois interviews exclusives à cette édition (une des deux acteurs principaux Seo Won et Cho Jae-Hyun, une de ce dernier seul et une du metteur en scène) n'apportent que peu de choses aux précédentes, à l'exception de celle de Kim Ki-Duk qui permet à ce dernier de détailler ce qu'il a voulu faire avec Bad guy. À savoir traiter des inégalités et des préjugés qui régentent nos vies, gratter sous la surface des choses et des visages pour y dénicher une beauté imprévue, et laisser une grande place à l'interprétation du spectateur face à ses longs-métrages. Kim Ki-Duk est passionnant lorsqu'il parle de ces sujets, ce qui rend d'autant plus rageante et incompréhensible l'absence du commentaire audio du réalisateur, seul supplément du zone 3 à ne pas avoir été repris par Pathé !

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