Vengeance - DVD

Vengeance 1970, 1970

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Vengeance
3,8
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Son Star Rating 8
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Test DVD - Vengeance

Rédigé le 10 juin 2005 par Patrick AntonaPatrick Antona

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Test technique

Avec Vengeance, c'est non seulement une des oeuvres les plus marquantes du cinéaste Chang Cheh que nous pouvons découvrir dans une merveilleuse copie, mais aussi une pierre angulaire du cinéma d'arts martiaux, jusqu'alors restée scandaleusement inédite dans nos contrées. Utilisant à bon escient son duo vedette de l'époque, à savoir l'athlétique et séduisant Ti Lung associé à l'intériorisé David Chiang, ici frères au destin sanglant, Chang Cheh abandonne le genre wu xia piang pour le pur film de kung fu, et ce, un an avant le Big Boss de Bruce Lee. Si les personnages sont toujours emprunts de l'esprit chevaleresque propre aux films à costume, la transposition de cette histoire de vendetta, digne d'un drame shakespearien, dans la période troublée de la jeune république chinoise de 1925 permet à Chang Cheh de se livrer encore à un jeu de massacre catharsitique. Mais tout son talent est d'habiller un scénario ultra balisé par une mise en scène plus qu'inspirée.


Ainsi en s'appuyant sur l'opéra Jiepai Guan et montant en parallèle le destin funeste du personnage et de son interprète (Ti Leung), le réalisateur réussit à donner une dimension mythique à la scène d'exécution, qui deviendra par la suite le leitmotiv de la vengeance de David Chiang. Ou encore en donnant un petit côté Fantôme de l'Opéra lors des premières représailles de ce dernier dans le théâtre où oeuvrait son défunt frère. Même si Chang Cheh ne se déparait pas de sa mysoginie habituelle (ici une femme adultère à l'origine de la mort de Ti Lung), il laisse quand même le champ à une brève histoire d'amour pour David Chiang, juste le temps de souffler avant un affrontement final.


Ce dernier, qui préfigure celui d'un autre chef d'oeuvre de Chang Cheh, Le Justicier de Shanghaï, permet d'apprécier toute la science du directeur des scènes martiales Tang Chia, qui se caractérise par une implication du spectateur au coeur même du combat. Et à Chang Cheh de laisser court à son sens lyrique de la mise à mort avec force jets de sang et éventrations à gogo, usant avec intelligence du ralenti, non pour étirer les scènes d'action, mais pour donner encore plus de poids à une fatalité qui ne laissera personne indemne. Habituel point fort des films de Chang Cheh, les méchants se révèlent être encore une fois à la hauteur, n'hésitant pas à se trahir en fonction de leurs intérêts, avec une mention particulière à l'inéffable Ku Feng, dont la fin nous vaut le pugilat le plus sauvage du film. On peut aussi apercevoir le débutant Chen Kuan Tai débutant ici en homme de main.


Bien qu'ayant connu un succès moyen à sa sortie en 1970, Vengeance a eu une influence manifeste sur le cinéma de Hong Kong. Preuve en est la scène où un Ti Lung revanchard vient corriger les élèves d'une école d'arts martiaux et qui rappelle furieusement celle de Bruce Lee dans le dojo japonais de La Fureur de vaincre deux ans plus tard. Et John Woo lui-même de revendiquer sa filiation avec Chang Cheh dans la scène d'ouverture de À toute épreuve, lorsque Chow Yun Fat entre dans la maison de thé, tenant une cage à oiseaux à la main, à l'identique de Ti Lung avant sa mort tragique. C'est la preuve que Vengeance devrait surprendre et combler tout amateur de cinéma d'arts martiaux, voire de cinéma tout court.


Sous le titre The Very Dark Shaw (encore un jeu de mot issu de l'imagination fertile de Frédéric Ambroisine), nous avons droit à une interview de 20 minutes du journaliste Julien Sévéon, permettant d'aller encore plus loin dans l'étude du film, de la proverbiale mysoginie de Chang Cheh, jusqu' à l'évocation des triades, en passant par le travail de Tang Chia.


Dans les autres suppléments, nous avons à nouveau l'ancienne et la nouvelle article-details_c-trailers, qui nous permet d'apprécier toute la dimension qu'apporte une remastérisation réussie à un négatif fatigué et griffé de partout !



Dans la rubrique Collection Shaw Brothers, sont proposés les bandes-annonces de Intimate confessions of a chinese courtesan, Shaolin temple et Super inframan.

Au niveau de la remasterisation visuelle, rien à redire, que ce soit au niveau des couleurs que de la balance des noirs et blancs, le travail est impeccable. On a l'impression que le film date de cette année et pas de 1970 ! Pas de problèmes de compression à signaler non plus.

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