Le temps qui reste - DVD

Temps qui reste (Le), 2004

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Le temps qui reste
3,2
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Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 5
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Test DVD - Le temps qui reste

Rédigé le 04 sep 2006 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Test technique

Après le couple dans 5*2, François Ozon s'attaque à un autre grand sujet : la mort. Il la traite dans tout ce qu'elle peut avoir de brutal et d'inattendu, via le destin de Romain, trentenaire dans la force de l'âge atteint d'un cancer foudroyant qui ne lui laisse plus que quelques semaines à vivre, une fois écartée la solution d'un traitement lourd et à la réussite plus qu'hypothétique. Mince chance de survie abandonnée sans hésitation, car la première réaction de Romain est le rejet violent de tout ce qui le rattache au monde des vivants afin de ne pas être regretté. Les premiers à en pâtir sont ses proches. Romain devient en effet détestable vis-à-vis de son petit ami, de ses parents et de sa sœur, desquels il cherche à se détacher brutalement et sans leur donner d'explication. La seule à être dans la confidence sera sa grand-mère, pour des raisons aussi complexes que l'est le personnage interprété par Jeanne Moreau : distance prise par rapport au reste de la famille, franc-parler et indépendance jalousement préservée, mais aussi âge avancé qui la rapproche d'autant plus de la mort et l'éloigne de Romain.


Ces scènes d'adieux violents et sans compassion sont de loin les meilleures du film. En faisant de Romain quelqu'un qui se considère comme déjà parti, et en observant à travers lui le point de vue des « survivants », Ozon parvient à donner corps au vide engendré par la mort sans tomber dans le récit tire-larmes. Les performances d'acteurs n'ayant pourtant qu'une ou deux scènes pour imposer leur personnage y sont pour beaucoup : Daniel Duval est poignant en père maladroit et repoussé sans ménagement, mais c'est surtout Jeanne Moreau qui se rend inoubliable dans un rôle d'une ambiguïté et d'une beauté sur mesure.


Cette première partie réussie reste malheureusement sans suite. À court d'inspiration, Le Temps qui reste retombe dans sa seconde moitié dans des sentiers battus et rebattus, sur le thème « la vie est plus forte que la mort et l'oubli ». Un sujet sans originalité au traitement sans surprise, mal camouflé derrière l'intellectualisme branchouille qui est censé servir de style au film. Ca donne une histoire inutilement alambiquée d'enfantement (on n'en dira pas plus afin de ne pas spoiler), dans laquelle Ozon confond réalisme et sordide et s'enlise dans un symbolisme pesant. Si l'on ajoute à cela que le scénario n'évite ni les clichés ni les redites avec les précédents films d'Ozon (le plan final avec coucher de soleil sur la plage, déjà présent dans Sous le sable et 5*2, combinant même ces deux défauts) et que le personnage principal, arrogant et égocentrique dès le début, ne dégage absolument aucune empathie, il devient évident que le nouveau chouchou du cinéma d'auteur français a ici raté le coche. Et que le François Ozon sérieux et donneur de leçons sur la vie qui émerge peu à peu est décidément moins intéressant à suivre que le François Ozon irrespectueux et pervers des débuts.


Le film est accompagné dans cette édition d'une interactivité fournie, avec entre autres le commentaire audio de François Ozon et Melvil Poupaud et un making-of qui impressionne surtout par sa durée : une heure et quart, soit la même que celle du film à une minute près ! On déchante cependant vite, car ces deux suppléments de poids restent constamment à la surface des choses. Ainsi, le commentaire audio est constitué uniquement de remarques de pure forme, sur le tournage des scènes ou bien leur agencement au montage. De son côté, le making-of se résume à une mise bout à bout d'images prises sur le vif, sans ajout d'un commentaire ni d'interviews. Ce qui peut être intriguant sur une ou deux séquences ne crée sur la durée qu'ennui et désintérêt. D'autant que la seule émotion ressortant de ce bonus – et c'est également le cas pour le commentaire audio – est un étonnant détachement de la part du réalisateur, lequel donne l'impression d'avoir choisi le sujet de son film uniquement pour le « défi » qu'il représente et non par intérêt personnel.


La section des scènes coupées regroupe huit séquences qui permettent de voir à quel point Ozon a épuré son récit au maximum. Il a en effet supprimé toutes les scènes artificielles de confessions du héros à des personnages secondaires (dialogues où il exprime à haute voix ses motivations et pensées intimes) et de flash-backs sur son enfance. Le visionnage de ces scènes aux allures de clichés et qui ne font que surligner ce que le film dit déjà par d'autres moyens est intéressant, car il fait apparaître en filigrane l'une des qualités du Temps qui reste : la grande simplicité et l'absence d'esbroufe du récit.


Le principal atout de ce DVD est la qualité du rendu visuel qu'il propose. La compression est particulièrement solide dans toutes les situations, les couleurs sont chaleureuses et saturées, et la définition ultra-piquée permet de faire ressortir le grain de peau sur les visages des comédiens. Le meilleur exemple de la réussite de l'ensemble est la scène de boîte de nuit (à 22 minutes), où ni l'obscurité ni la prédominance de rouges éclatants ne nuisent à la très bonne tenue de l'image. On est un peu moins extatique en ce qui concerne le son, puisqu'il faut franchement tendre l'oreille pour discerner des différences entre les mixages 2.0 et 5.1 proposés. Ce dernier est en effet bien trop centré sur les avants, y compris dans les séquences accompagnées de musique ou de bruits d'ambiance.

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