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Chute du Faucon Noir (La) - Blu-Ray
Chute du Faucon Noir (La), 2001
Test Blu-Ray - Chute du Faucon Noir (La)
Rédigé le 23 fév 2007 par
Stéphane Argentin
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
À sa sortie en DVD, soit en octobre 2002, La Chute du faucon noir apparaissait comme une brillante réussite frisant la perfection dans la restitution de la photographie particulièrement travaillée de Slawomir Idziak. Quatre ans plus tard, les techniques d'encodage ont bien progressé et le titre a quelque peu perdu de sa superbe sur support DVD, sans pour autant offrir une image détestable, loin s'en faut.
C'est dire si, dès les premières minutes du film au format Blu-ray, le gouffre est grand avec son prédécesseur, y compris en définition standard (576p) où la version Blu-ray prend déjà l'avantage grâce à une colorimétrie plus contrastée et une précision accentuée de l'image. Une supériorité qui va bien entendu crescendo à mesure que l'on augmente la définition (720p puis 1080p). Certes, ils restent encore ça et là quelques défauts de copie (ceux-là même déjà présents sur le DVD, confirmant ainsi l'utilisation du même master dans les deux cas) et le codec vidéo MPEG-2 employé tire toujours un peu la langue dans des arrière-plans fourmillants quelque peu et lors de la présence des nombreuses volutes de fumée qui balayent quasi-inlassablement le film du début à la fin.

Ces menus réserves mises à part, diantre que le long-métrage de Ridley Scott est beau dans sa nouvelle parure. Exit les contours approximatifs, les couleurs qui bavent et autres arrière-plans noyés dans une mare de pixels. Bien que la photographie alterne toutes les difficultés possibles et imaginables (grain excessif, filtres abondants, séquences en basse lumière, mouvements incessants de l'image ), l'encodage vidéo opéré ne bronche pratiquement jamais. Il faut dire qu'avec la place disponible sur le disque (50Go) et le débit vidéo constaté qui oscille la plupart du temps entre 25 et 30Mb/s, les 2h25 du film ont largement de quoi nous en mettre plein la vue. Qu'il s'agisse de l'arrivée d'ennemis au loin, des impacts et autres ricochets de balles ou encore des différentes nuances de la palette chromatique, on frise une nouvelle fois le grand art. En un mot comme en cent : voir La Chute du faucon noir en Blu-ray, c'est littéralement redécouvrir le film de Ridley Scott comme jamais auparavant. Une claque qui prouve, s'il était encore besoin, que le MPEG-2 correctement géré à haute résolution est encore capable de nous en mettre plein la vue.
À noter enfin que, pour cause de master identique à l'édition DVD, différentes incrustations anglaises à même la copie (relayées par des sous-titres français) sont présentes à plusieurs reprises.
À ce jour, la France (tout comme une majorité d'autres pays du globe) devait se contenter de pistes DD 5.1 déjà fort réjouissantes mais encore un ton en deçà de l'expérience acoustique numérique vécue en salles. Pour trouver des pistes DTS de La Chute du faucon noir (et encore, encodées en mi-débit), il fallait se tourner vers le Japon ou bien l'édition Superbit américaine. Aujourd'hui, tout ceci n'est plus que de l'histoire ancienne avec l'arrivée de la version Blu-ray du film de Ridley Scott. Un long-métrage qui, par essence même (des affrontements armés quasi-incessants de la première à la dernière minute) place d'entrée de jeu le titre dans la catégorie « top démo sonore ».

Commençons tout d'abord par les deux pistes Dolby Digital 5.1 (VO & VF) déjà présentes sur l'édition DVD mais qui font désormais un bon qualitatif certain grâce à un encodage qui passe de 448Kb/s à 640Kb/s. Les quelques réserves qui pouvaient encore subsister à l'encontre des mix sur DVD (notamment une dynamique un brin en retrait), s'efface désormais grâce à cette nouvelle mouture du Dolby Digital, baptisée Dolby Digital Plus, soit ni plus ni moins q'un encodage à un taux plus élevé. Et qui dit taux plus élevé dit compression moindre et donc, naturellement, rendu acoustique bien plus enjôleur (CQFD). Le déferlement sonore sur l'ensemble des canaux disponibles est un véritable bonheur de tous les instants dès lors que le calme (en gros la première demi-heure) cède place à la tempête (les deux heures suivantes), aussi bien en VO qu'en VF. Un bonheur d'autant plus grand que tous les effets sont parfaitement localisés à chaque instant et que le mixage général, loin de sombrer dans la cacophonie, permet de discerner en permanence l'ensemble des éléments de la bande son (bruitages, musique et dialogues). Ce n'est pas un hasard si La Chute du faucon noir a raflé l'Oscar de la meilleure bande son en 2002.
Pour autant, la véritable apothéose est encore à venir. En effet, dès que l'on enclenche la VO PCM 5.1, on a littéralement la sensation de pénétrer dans une autre dimension acoustique. Encodée à un taux constant de 4,5Mb/s (trois fois le taux d'une piste DTS plein débit), cette piste PCM 5.1 emportera littéralement tout sur son passage pour qui n'y prendra pas garde. La scène de la chute du faucon est à ce titre parfaitement symptomatique du gouffre qui sépare le flux PCM de ces challengers Dolby Digital. Depuis la descente en vrille de l'hélicoptère (exploitation des 3 canaux avants et des 2 surrounds) jusqu'à son écrasement au sol (le canal de grave se joint à la fête), le PCM s'empare de toutes les voies avec une puissance, une dynamique et un placement/déplacement des effets qui feraient presque passer les pistes DD+ 5.1 pour du simple Dolby Surround. Autant dire que le reste du métrage est à l'avenant de ladite scène prise en exemple et que cette piste PCM 5.1, à l'instar de l'image, rend définitivement justice à la bande son oscarisée de La Chute du faucon noir. À tel point que l'on en vient même à se demander ce qu'une piste DTS (même encodée en HD-Master) pourrait bien apporter de plus.

Quant aux anglophobes, ils se plaindront peut-être de l'absence d'un équivalent PCM 5.1 dans la langue de Molière, mais la raison serait plutôt à chercher du côté des contraintes techniques. En effet, comme mentionné ci-dessus, le débit vidéo oscille entre 25 et 30Mb/s et occupe donc déjà à lui seul une grosse partie du débit total. Si l'on y ajoute les 4,5Mb/s de la VO PCM 5.1 et les 2*640Kb/s des pistes DD+ 5.1 (ainsi que les trois commentaires audio encodés à 192Kb/s chacun), le tout fleurte donc allègrement avec la limite supérieure autorisée par le support, soit 36Mb/s. Dans de telles conditions, autant dire que l'adjonction de pistes audio supplémentaires, et à fortiori une VF PCM 5.1, se serait faite au détriment de l'image. Ce qui, avouons-le, eu été fort regrettable au regard du magnifique rendu vidéo proposé ici.
Test des bonus
Lors de sa parution en DVD, La Chute du faucon noir s'était vu gratifié de trois éditions distinctes sur notre territoire : simple, double et triple disques, cette dernière proposant la quantité (et la qualité) de suppléments la plus appréciable de toutes. Pour son arrivée sur le support Blu-ray, l'éditeur n'a pas fait les choses à moitié et reprend les bonus les plus alléchants de cet illustre prédécesseur, une nouvelle fois entièrement VOSTF.

Commentaires audio
Il sera bien difficile de choisir tant les trois commentaires apportent leur lot d'informations souvent fascinantes. Le premier donne la parole au duo Ridley Scott / Jerry Bruckheimer. Ceux qui ont déjà écouté un commentaire du réalisateur d'Alien (Gladiator, Hannibal
) savent à quel point le bonhomme est à l'aise dans cet exercice. Là encore, il le confirme en répondant aux multiples interrogations (techniques, historiques et thématiques) que pose son film. À ses côtés, Jerry Bruckheimer s'en sort avec les honneurs, relayant plutôt bien son réalisateur, notamment dans sa capacité à évoquer les difficultés de production rencontrées. Parmi les propos les plus intéressants de ce commentaire, une déclaration de Scott approuvant et justifiant l'interventionnisme américain en général (vers la 55ème minute) après avoir déclaré que son film est un film anti-guerre.
Le second commentaire propose un autre duo, celui qui a permis que le film existe : l'auteur du livre, La chute du faucon noir, Mark Bowden et le scénariste, Ken Nolan. Plus décontracté mais aussi plus décousu, leur commentaire enchaîne un nombre incalculable d'anecdotes, n'hésitant pas à évoquer les différences entre le film et la réalité. Si, parfois, ces anecdotes s'avèrent peu pertinentes, la plupart du temps, on se délecte du nombre d'informations apprises.
Mais s'il ne fallait retenir finalement qu'un seul commentaire audio, ce serait celui des militaires vétérans qui emporterait le morceau. Cette piste indispensable et de bout en bout passionnante, regroupe quatre soldats ayant réellement participé à la bataille de Mogadiscio et servant d'ailleurs (pour trois d'entre eux) de conseillers techniques au film. Dès les premiers instants du commentaire, lorsqu'ils se présentent et expliquent leur rôle lors des tragiques évènements, nos gorges se nouent et on commence à les écouter avec un intérêt énorme. Quant aux images qui défilent, elles dépassent alors le cadre de la seule représentation cinématographique pour atteindre le temps du commentaire le statut de quasi documentaire live. Surtout que les quatre intervenants n'ont de cesse, certes d'expliciter les différences notables entre réalité et fiction, mais surtout d'insister sur le fait que le film de Ridley Scott est d'une rare fidélité (notamment dans l'esprit) à ce qui s'est passé ces 3 et 4 octobre 1993 à Mogadiscio.

L'Essence du combat : La création de La Chute du faucon noir
Formidable documentaire, L'essence du combat nous fait vivre toute la complexité des préparatifs puis du tournage du film de Ridley Scott et ce durant plus de deux heures (151min 18s). Si on excepte quelques répétitions dans les propos (mais toujours pour une cause noble, les différents intervenants ne cessant d'insister sur l'importance de rendre hommage aux véritables soldats ayant vécu la bataille), il s'agit d'un des making of les plus complets et surtout les plus passionnants jamais offert. Pour ainsi dire et c'est sans doute le meilleur compliment que l'on puisse lui faire, on n'a qu'une envie à la fin : revoir une nouvelle fois le film. Pour ne rien louper du processus de création, le making of a été délimité en six chapitres bien spécifiques.
Construire l'histoire (23min 10s) : De Mark Bowden, l'auteur du livre à Ken Nolan, le scénariste, en passant par Bruckheimer, Scott et la plupart des comédiens, tous reviennent sur la difficile retranscription d'un événement réel qui plus est récent, le besoin de rester fidèle et respectueux tout en s'adaptant aux contraintes qu'implique une grosse production cinématographique.
Cours intensif (29min 56s) : Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un film de guerre, on a le droit aux images des acteurs en pleine formation. Sauf qu'ici, la durée, les images et les propos tenus rendent ce passage obligé réellement pertinent. On découvre à quel point les comédiens ont du s'impliquer pour ressembler le plus possible aux soldats qu'ils allaient interprétés (toujours avec ce soucis de respect qu'ils n'ont de cesse de rappeler durant tous les reportages). Leurs efforts déployés sont tels qu'on finirait presque par se demander s'il n'aurait pas été plus simple de prendre de vrais Rangers et de les initier à la comédie.
Champ de bataille : Le Maroc (30min 03s) : On découvre ébahi l'incroyable infrastructure et logistique nécessaire pour recréer la bataille de Mogadiscio. Tout bonnement impressionnant avec toujours cette obsession de coller à la réalité (voir le nombre conséquent de militaires, devenus le temps du tournage conseillers techniques et qui pour la plupart ont pris part à la véritable opération). Au milieu de ce capharnaüm organisé (quand ça pète, mieux vaut se boucher les oreilles), un seul semble d'un calme olympien : Ridley Scott. Ses acteurs sont d'ailleurs les premiers surpris et admiratifs et se lancent dans un concert de louanges qui pour une fois ne revêtent absolument pas le caractère auto promotionnel de rigueur.
Hymne aux héros tombés au champ d'honneur (17min 57s) : On quitte les rues marocaines et le tumulte d'un tournage quelque peu apocalyptique pour se retrouver dans le calme d'un studio d'enregistrement. C'est au tour de Hans Zimmer de prendre la parole et d'expliquer la lente, complexe et selon lui risquée partition musicale qu'il compose pour La chute du faucon noir. Pas toujours très clairs dans ses propos et de toute évidence passionné par ce qu'il est en train de créer, Zimmer évoque également sa collaboration avec Scott (que l'on voit d'ailleurs lors de certaines séances d'enregistrement). Un reportage parfois un peu longuet mais qui offre un salutaire contraste par rapport aux autres documents.
Les soldats numériques (23min 09s) : Si la plupart des explosions et autres cascades ont été obtenus directement sur le plateau au moment du tournage (une volonté de Ridley Scott afin d'avoir un réalisme encore plus accru notamment vis-à-vis du comportement de ses comédiens, ces derniers reconnaissant d'ailleurs volontiers qu'à de nombreux moments, ils ne jouaient pas devant un tel déluge pyrotechnique), il a quand même fallu avoir recours à l'ordinateur pour truquer certains plans. À commencer par la chute des hélicoptères mais aussi les impacts de balles ou encore certaines explosions. Ce document nous offre les explications plus que techniques des responsables des effets visuels. Les amateurs se délecteront !
Rapport de mission (24min 59s) : Au moment de conclure, tous les protagonistes (acteurs, équipe technique, militaires ) tirent les leçons des événements qui se sont passés en Somalie. Pour résumer leurs sentiments (et notamment ceux des soldats qui ont participé aux événements), la mission fut un succès : ils gagnèrent la bataille mais perdirent la guerre (les États-Unis retirant ses troupes peu de temps après). Se dégage de ce segment une vraie volonté de rendre hommage au courage, à l'abnégation et au sens du devoir des militaires (américains) tout en condamnant l'abomination qu'engendre toute guerre. Ça tombe bien, c'est exactement ce que fait le film de Ridley Scott.

Blu-Wizard (supplément inédit spécifique à l'édition Blu-ray)
S'il fallait résumer cette nouvelle forme d'interactivité, l'on pourrait dire qu'il s'agit d'une version avancée du fameux procédé « Lapin blanc » apparu à l'époque sur le DVD de Matrix, à savoir, pour ceux qui ne seraient pas encore familiers avec le principe, la possibilité d'accéder à des reportages en cours de visionnage du film. Dans la pratique, ce Blu-Wizard fonctionne comme suit : l'utilisateur est amené à sélectionner tout ou partie des six documentaires susnommés. Plusieurs options s'offrent ensuite à lui : visionner sa sélection en lançant la lecture de sa « Playlist » (comme pour un CD audio par exemple) ou bien les découvrir au cours du film. Dans ce dernier cas, deux possibilités sont alors disponibles : la première qui consiste à prévenir le spectateur à l'aide d'un logo à l'écran (cf. captures ci-dessous) qu'un reportage va apparaître, l'utilisateur ayant alors la possibilité de « sauter » ledit reportage (« Skip ») ou encore d'annuler l'option Blu-Wizard. La seconde (peut-être un peu plus abrupte et soudaine) consiste à ne pas le prévenir, auquel cas aucune indication n'apparaitra à l'écran. Dans un cas comme dans l'autre, le Blu-Wizard se chargera de lancer la lecture du documentaire (en fonction de la présélection effectuée) à des endroits prédéterminés (dans l'exemple ci-dessous, la lecture du documentaire Les soldats numériques a lieu juste avant la chute de l'hélicoptère dans le film), avant de revenir ensuite au long-métrage en lui-même là où ce dernier avait été interrompu.

Si cette nouvelle forme d'interactivité peut paraître encore assez limitée (le choix se restreint à seulement six reportages), elle laisse néanmoins d'ors et déjà entrevoir de prometteuses possibilités d'avenir pour les suppléments sur support HD et plus particulièrement Blu-ray. À noter que l'activation du Blu-Wizard ne peut se faire que depuis le menu principal et qu'une fois activée, cette option inhibe la possibilité d'accéder au pop-up menu en cours de visionnage (il faut alors repasser par le menu principal pour désactiver le Blu-Wizard). À noter enfin que l'accès à cette option Blu-Wizard ne fut possible qu'après mise à jour du lecteur Panasonic DMP-BD10 avec la version 1.41 du firmware (upgrade disponible depuis le 16 janvier 2007 sur le site internet du constructeur à cette adresse).
En dépit de cette interactivité plus que généreuse (trois commentaires audio informatifs, l'un des making of les plus complets jamais vu et une nouvelle option, le Blu-Wizard, fort sympathique), on regrettera qu'une bonne partie des autres suppléments présents sur la précédente édition 3 DVD ne soient pas de la partie. Ainsi les scènes coupées, les storyboards, les nombreuses galeries photos, les bandes-annonces ou encore les différents reportages historiques sont absents. Un constat d'autant plus curieux que seuls 43,5 des 50Go disponibles sur ce disque Blu-ray sont occupés. À moins qu'il ne faille y voir là la même politique éditoriale que sur DVD, à savoir fournir une édition charmeuse mais incomplète en vue d'une future réédition plus attrayante. D'autant que des tests de Blu-ray quadruple couche (soit 100Go d'espace totale disponible) ont déjà eu lieu dans les laboratoires de Sony. Autant dire une place plus que suffisante pour accueillir l'intégralité des bonus susnommés manquants sur une seule et même galette numérique. L'avenir nous dira si cette hypothèse se vérifiera
Laurent Pécha & Stéphane Argentin


