Flying dagger - DVD

Flying dagger, 1993

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Flying dagger
2,5
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Son Star Rating 5
Interactivité Star Rating 8
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Test DVD - Flying dagger

Rédigé le 03 juin 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 5
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Test technique

S'il existait, l'équivalent hollywoodien de Flying Dagger serait une série B d'action qui irait directement remplir les bacs à DVD, avec un titre comme « Auto-défense » ou « Mafia russe » et un duo d'acteurs formé par Chuck Norris et Seann William Scott. Mais voilà, Flying Dagger ne vient pas de Hollywood mais de Hong Kong, et là-bas même les représentants les moins recommandables des genres les moins recommandables (ici, la « kung-fu comedy » avec humour bas de plafond) ont droit à leur quota de stars haut de gamme. C'est ainsi qu'on retrouve dans le casting de Flying Dagger Tony Leung Ka-Fai (L'amant), Jackie Cheung (Une balle dans la tête) et Maggie Cheung devant la caméra, et Ching Siu-Tung en tant que chorégraphe des combats, rôle qu'il a également tenu pour Le syndicat du crime 2, Histoires de fantômes chinois ou plus récemment Hero et Le secret des poignards volants.


Le scénario de Flying Dagger tient sur un ticket de métro : deux duos rivaux d'experts en arts martiaux, les « Poignards Volants » et les « Aguicheuses », se disputent la capture d'un couple de voleurs répondant aux noms de « Renard à neuf queues » et « Chatte volante ». Pour vous donner une idée de l'ambiance dans laquelle règne Flying Dagger et du degré de non-sens de son humour, sachez que ces deux derniers noms ne sont pas à prendre au sens figuré : le voleur pourchassé a bel et bien neuf queues de renard dont il se sert contre ses ennemis, tandis que sa femme utilise réellement le kung-fu de la chatte – c'est-à-dire qu'elle se bat toutes « griffes » dehors et en poussant des miaulements stridents. Avec tout le chemin qu'elle a parcouru entre ce film et ses rôles dans In the mood for love et Clean, voir Maggie Cheung dans un tel rôle est une expérience aux confins du surnaturel.


L'intrigue famélique qui sert de trame au récit n'est qu'un prétexte à une enfilade de combats et de blagues, deux domaines dans lesquels le film remplit son contrat de fort belle manière. Comme toujours avec Ching Siu-Tung, les affrontements sont virevoltants et très inventifs en ce qui concerne l'utilisation des décors ou d'accessoires inattendus. Comme pour Shaolin soccer auquel il a également collaboré, Ching Siu-Tung a su s'adapter à ce film qui ne se prend pas au sérieux puisque l'effet comique de ses trouvailles est la plupart du temps garanti. Ces combats sont malheureusement quelque peu gâchés par une mise en scène paresseuse et sans génie, qui ne rend pas hommage aux ballets aériens auxquels se livrent les protagonistes.


Là où Flying Dagger se « distingue » du lot, c'est par son jusqu'au-boutisme dans l'humour absurde et régressif. Tous les personnages du film ne sont rien moins que stupides, avec un penchant obsessionnel pour les blagues à caractère sexuel. Un tel acharnement dans la puérilité et dans la bêtise divisera les spectateurs en deux catégories : ceux qui trouvent tout cela affligeant, et ceux qui ne peuvent s'empêcher de rire. Ces derniers apprécieront tout particulièrement certaines trouvailles assez énormes, qu'il s'agisse de plagiats éhontés (une main baladeuse reprise tout droit de La famille Addams) ou d'idées qui frisent le génie, comme ce personnage secondaire nommé « Jamais-ne-meurs » ou bien la machine à rediffuser les évènements récents dont disposent le Renard et la Chatte dans leur maison, et qui constitue une mise en abyme hilarante.


Blagues lourdes et affrontements aériens s'enchaînent ainsi sur un rythme échevelé (parfois trop, au risque de s'essouffler et de nous essouffler par moments), faisant au final de Flying Dagger l'enfant illégitime et improbable et Il était une fois en Chine et de Dumb and Dumber, avec le trio des ZAZ comme parrain. Si voir un tel objet a toujours été votre rêve de cinéphile, ou tout du moins vous intrigue, alors Flying Dagger est pour vous… mais pas dans cette édition malheureusement. Il est en effet inacceptable de payer vingt euros pour un DVD proposant une qualité d'image équivalente à celle d'un VCD : transfert 4/3 (et non 16/9 comme annoncé sur la jaquette), master sale, couleurs délavées, compression défectueuse, séquences de nuit indéchiffrables. De qui se moque-t-on ?



Le rendu sonore du film est légèrement meilleur, avec le choix entre le mono d'origine et un remixage Dolby Digital 5.1 (les deux pistes sont en version originale chinoise). La piste mono est correcte bien qu'un peu étouffée, et le 5.1 n'apporte pas grand-chose si ce n'est un peu plus de dynamisme et d'ampleur lors des scènes de combat.

Ce laisser-aller concernant la technique contraste avec le soin apporté à l'interactivité de cette édition, puisque outre les passages obligés que sont la article-details_c-trailers, les filmographies (au nombre de cinq) et la galerie de photos, deux interviews inédites ont été enregistrées. Si celle de Ching Siu-Tung est très décevante car le chorégraphe se contente de réponses très courtes qui transforment l'interview en un festival de banalités, celle du réalisateur Chu Yin-Ping vaut le déplacement. Le metteur en scène y retrace sa carrière, depuis ses débuts en tant que figurant puis nègre pour de grands réalisateurs (par exemple King Hu, le metteur en scène de A touch of zen) à aujourd'hui, où Chu Yin-Ping en est arrivé à un total de plus d'une centaine de films mis en scène – soit une moyenne impressionnante de sept par an ! Entre temps, il aura dû subir les pressions des triades (pour lesquelles le cinéma représentait un marché très lucratif dans les années 80 et 90) et le dédain des acteurs, qui ne lui accordaient que quelques jours de tournage avant de partir sur d'autres projets. L'interview se transforme du coup en confession étonnante, Chu Yin-Ping avouant qu'il déteste la plupart des films qu'il a réalisés (Flying Dagger n'y échappe pas), et faisant au final le vœu pieux de pouvoir un jour avoir les moyens temporels et financiers de réaliser un long-métrage tel qu'il le souhaite.



Si Flying Dagger n'est donc qu'un exemple (réussi) parmi tant d'autres du cinéma d'exploitation hong-kongais du début des années 90, ce supplément offre un regard rare sur l'envers (ou plutôt l'enfer) du décor de cette période faste et apporte une réelle plus-value à ce DVD.

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