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A.I. : Intelligence artificielle - DVD
A.I. : Intelligence artificielle, 2001
Test DVD - A.I. : Intelligence artificielle
Rédigé le 25 mar 2005 par
Erwan Desbois
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Cette édition de A.I. parvient à déjouer les nombreux pièges que comporte le film : alternance d'ambiances extrêmement lumineuses ou bien très sombres, mélange d'images de synthèse et d'acteurs réels, niveau de détail de certaines scènes (Rouge City en particulier), le tout sur une durée supérieure à deux heures. Sur tous ces points, l'image s'en tire remarquablement bien, avec une compression excellente et des couleurs parfaitement contrastées. Toutefois, elle n'atteint pas le statut d'image de référence du support DVD par la faute du master, dont le grain beaucoup trop prononcé s'avère gênant.

L'atmosphère de A.I. est particulièrement bien rendue par les différentes pistes Dolby Digital 5.1, au mixage riche mais sans être pour autant gratuit ; la bande-son sait en effet se faire discrète lorsque nécessaire, et ménage ses effets (sur les voies arrières et les basses) pour les scènes les plus impressionnantes. La version originale est vivement conseillée, d'une part pour le casting prestigieux de voix qu'il propose (Robin Williams, Ben Kingsley, Chris Rock entre autres), mais surtout car le doublage français est décevant de platitude.
Test des bonus
On trouve un seul supplément sur le premier disque : la featurette intitulé Le développement de A.I., qui retrace la genèse du film et en particulier l'écriture en commun du scénario par Stanley Kubrick et Steven Spielberg. Le reste des bonus, d'une durée totale légèrement supérieure à 90 minutes, se trouve sur le deuxième disque. Le double DVD de A.I. ressemble en tous points aux éditions des autres films de Spielberg, à savoir qu'il n'y a pas de commentaire audio du réalisateur, et que la conception des suppléments a été entièrement confiée au français Laurent Bouzereau.
D'un film à l'autre, le style Bouzereau ne bouge - malheureusement - pas d'un iota. Au verso de la jaquette du DVD, c'est toujours aussi alléchant : les suppléments se décomposent en une série de modules qui traitent chacun d'un aspect de la production du film (acteurs, musique, photographie...). Dans la pratique, l'intérêt de ces mini-documentaires est plombé par leur durée (entre cinq et dix minutes par sujet) et surtout par le calibrage excessif de leur forme. La construction de chaque segment est en effet identique : après une introduction qui nous rappelle que Stanley Kubrick fut à l'origine du projet A.I., on a droit à l'interview d'un intervenant qui expose succinctement son travail sur A.I., platement illustrée par des images du tournage. Des images qui font d'ailleurs passer le plateau pour une variante de Disneyland, un endroit magique où tout le monde travaille en permanence dans l'harmonie et avec le sourire. L'autre grand défaut de la méthode Bouzereau est qu'elle instaure une routine génératrice d'ennui : la plupart des intervenants citent en exemples les mêmes scènes du film, sans pour autant rentrer suffisamment dans le détail du travail effectué pour ne pas être redondants entre eux.

Un tel manque de créativité dans la couverture de la réalisation de A.I. est un comble quand on sait à quel point il s'agit d'un film hors normes de par sa complexité et son ambition. De cela, on ne perçoit malheureusement que des bribes éparses, comme par exemple le travail unique de prévisualisation réalisé sur Rouge City, présenté rapidement dans la section consacrée aux effets visuels créés par ILM. Afin de faciliter le travail du réalisateur et des acteurs au cours du tournage de cette séquence (qui s'est déroulé sur un fond bleu à 360°), le studio d'effets spéciaux a en effet mis au point un système permettant de superposer sur le moniteur de contrôle les décors en images de synthèse qui seront incorporés par la suite avec ce que la caméra filme réellement. De cette manière, les effets spéciaux ne représentent par un film à part mais font partie intégrante du processus de création du film.

Les autres documentaires qui parviennent à éveiller l'intérêt sont ceux concernant la création des robots et des effets spéciaux « mécaniques ». Sous cette appellation, on trouve tout ce qui n'est pas traité en images de synthèse mais réalisé directement sur le plateau : prothèses, animatroniques, cascades. On découvre au fil de ces suppléments la très forte collaboration qui a dû être mise en place entre les différents services afin de correspondre au mieux à la vision de Spielberg. Suivant les cas de figures, les robots ont donc été incarnés par des acteurs (certains affublés de prothèses ou bien ayant une partie du corps couverte d'un écran bleu), des animatroniques ou encore entièrement créés en images de synthèse. Le meilleur exemple de cette synthèse des compétences de chacun est le fabuleux personnage de Teddy, l'ours en peluche. Pour le représenter à l'écran, les équipes techniques ont eu recours soit à une marionnette guidée par un animateur (pour les scènes de dialogues), soit à un personnage virtuel (pour les scènes comprenant beaucoup de mouvements). Il a donc fallu faire coïncider de manière extrêmement précise les deux modèles, et force est de constater que l'on n'y voit que du feu dans le film. Que toutes ces réussites techniques et artistiques soient survolées aussi superficiellement par la caméra de Bouzereau est réellement rageant, et on est du coup bien plus souvent frustré qu'impressionné en visionnant ces suppléments.

La section Archives complète l'interactivité du deuxième disque. Cette section contient les filmographies des acteurs principaux et du réalisateur, 27 galeries d'images allant des croquis préparatoires aux photos sur le tournage en passant par les storyboards et les dessins de production, et surtout les deux bandes-annonces du film, très originales et osées pour une si grosse production. En effet elles ne contiennent que très peu de plans issus du film, et se concentrent sur le concept du film (un robot conçu pour aimer) qu'elles présentent de manière très alléchante.



