Test : Guilty of romance

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3 avril 2013 - Tonton BDM

Régulièrement cité par les médias « intellectuellement corrects » français comme l'un des meilleurs films de l'année 2012, Guilty of romance s'avère, en effet, un sacré beau morceau de péloche. Aussi vulgaire et vénéneux que vraiment hypnotique par endroits, le film de Sono Sion souffre malheureusement également de son emphase, née de la conviction forcenée du cinéaste qu'il est un Artiste avec un grand A, tenant de surcroit à le prouver à tout le monde. Pour ce faire, il s'évertuera à souligner tous les éléments « nobles » de son récit de façon on ne peut plus grossière (l'apparition dans le dialogue du « Château » de Kafka, à mourir de rire), et s'appliquera à y ajouter de multiples parallèles entre les personnages (ou autres raccourcis symboliques), vraiment inutiles parce que redondants. Et surtout, on surlignera trois fois au Stabilo Boss orange les éléments narratifs qui ne doivent pas échapper au spectateur : tout est dit une fois, deux fois, et redit encore une ou deux fois, et si vous êtes un peu lent, on vous repassera même les images en fin de métrage. Et force est d'avouer que s'il n'y avait pas ce problème d'écriture par trop maladroite, on aurait entre les mains une vraie pépite. En bref, on est pas passés loin du chef d'œuvre...


Le DVD édité par Zylo est en tous points magnifique. Définition, couleurs, tout est géré à la perfection, en tenant compte avec intelligence des limites sur support. Les contrastes manquent certes de punch, mais il s'agit d'un choix sage, étant donné que le film a parfois tendance à partir dans des ambiances « rouges » qui seraient très mal passées en définition standard. Et puisqu'on en parle, il est sur et certain que certaines séquences particulièrement outrées auraient probablement encore gagné en force sur support haute définition, mais la sobriété générale du film n'appelait pas forcément la HD, et les 10 000 entrées du film en salles (certes répartis sur seulement 8 copies) ne laissaient probablement pas tellement d'autre choix éditorial à Zylo. Côté son, et si la jaquette annonce un son mixé en Dolby Digital 5.1, le film n'est proposé que dans un japonais Dolby Digital 2.0, clair et dynamique. Le sous-titrage est incrusté dans l'image, et ne peut donc être retiré.


Accédez à la galerie en cliquant sur la capture ci-dessous :

Guilty of romance


En bonus, Zylo nous offre la fameuse « version intégrale » du film, projetée à Cannes. Alors là j'entends déjà tous les esthètes néo-féministes et autres adorateurs du film me poser la question : « Alors, dans la fameuse scène où Megumi Kagurazaka baisse sa culotte pour faire pipi dans la rue, est-ce qu'on y voit les poils ? Et surtout, fait-elle caca ? ». Hé bien, mes bons amis, vous serez déçus d'apprendre que la version longue ne fait qu'accentuer les défauts du film. Tous les ajouts concernent en effet le personnage de Yoshida, la flic chargée de l'enquête : on y découvre sa vie de famille, son amant, ses déviances sexuelles, et le souvenir qui la hante. Et tout cela ne fait que rajouter encore quelques lourdeurs à l'ensemble, avec des répétitions et ponts entre les personnages encore plus lourdauds et insistants (la palme allant au générique de fin). Cela dit, les amoureux du style Sono Sion y trouveront sans doute une dose de frissons supplémentaires tant il est vrai que certaines séquences jusqu'ici inédites sont vraiment magnifiques.

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