Test : Cléopâtre

0 réactions
0
Commentaires
0
Commentaires
20 mars 2012 - Stéphane Argentin

Cléopâtre. Un nom à jamais gravé dans l'Histoire, celui d'une fresque épique, flamboyante, mélodramatique au possible avec sa thématique ô combien séculaire des amants maudits voués à périr, portée par un Mankiewicz au sommet de son art et positionnée à juste titre aux côtés des autres monuments du Septième Art que sont Autant en emporte le vent et autre Ben Hur. Un film qui, 50 ans après sa première sortie sur les écrans, symbolise aujourd'hui encore et sans doute à jamais, la production la plus emblématique de la démesure hollywoodienne. Un long-métrage qui aura (presque) davantage marqué les esprits par ses nombreuses péripéties en coulisses le faisant instantanément entrer dans la légende. Du haut de ses 120 minutes, Le film qui changea Hollywood en résume d'ailleurs magistralement tous les tenants et aboutissants et constitue l'un des plus brillants documentaires qu'il soit donné de voir sur les coulisses d'un film en général et sur celles de ce tournage pharaonique en particulier, dont voici les grandes lignes (pour ceux qui les ignoreraient encore) :

 

 

Accédez à notre galerie en 1920x1080 en cliquant sur les captures ci-dessous

Cléopâtre - Blu-ray

 

- 28 septembre 1960 et 24 juillet 1962 marquent les dates officielles du début et de la fin des prises de vue. On vous laisse faire le calcul !

 

- 2 millions de dollars : c'est, au tout début du projet, la somme allouée par la Fox à un tournage qui ne devait pas excéder les 2 mois dans des studios situés derrière ceux de la major.

 

- 44 millions de dollars : c'est le coût total du film achevé. Réactualisé, cette somme serait aujourd'hui près de 10 fois supérieure (à comparer aux 200 millions d'un Titanic et aux 300 millions d'un Avatar).

 

- 1 million de dollars : c'est le cachet (record à l'époque) que la Fox consentit à accorder à Elizabeth Taylor. À l'issue de son ultime journée de tournage le 23 juin 1962, la star aura empoché 7 fois cette somme. Pour beaucoup, la signature en grandes pompes de ce contrat mirobolant le 5 octobre 1959 marqua le début du star system hollywoodien.

 

Cléopâtre - Blu-ray

- Elizabeth Taylor : un nom à jamais indissociable de celui de Cléopâtre et qui défraya la chronique pour sa liaison à même le plateau avec Richard Burton. À ce sujet, il faut entendre l'excellent commentaire audio où Martin Landau relate moult anecdotes de tournage et notamment la fois où il découvrit cette liaison. Le couple se mariera à deux reprises avant de se séparer définitivement en 1976.

 

- Mars 1961 : victime d'une pneumonie, Elizabeth Taylor est à deux doigts de mourir et c'est une trachéotomie pratiquée in extremis qui lui vaudra la vie sauve.

 

- Mankiewicz n'est guère en meilleure forme. Tournant le jour et réécrivant le scénario la nuit, le cinéaste se tue à la tache et se fait faire des injections 3 fois par jour pour tenir le coup.

 

Cléopâtre - Blu-ray

 

- 8 heures : c'est la durée de la première copie de travail en noir et blanc. Le premier montage (couleurs) remis à la Fox durait quant à lui 5h20. À l'origine, Mankiewicz voulait faire deux films de trois heures chacun : Cléopâtre et César d'une part et Cléopâtre et Marc-Antoine d'autre part mais Darryl F. Zanuck, revenu à la tête de la Fox entre temps après avoir évincé Spiros Skouras, initiateur du projet, demanda au cinéaste de n'en faire qu'un pour capitaliser sur la liaison désormais connue de tous entre Elizabeth Taylor et Richard Burton.

 

- 4 heures : c'est la durée de la version montrée à la première new-yorkaise le 12 juin 1963 avant que celle-ci ne soit ramenée à 3h14 pour l'exploitation mondiale. À la première londonienne, Elizabeth Taylor se rendit aux toilettes pour y vomir (littéralement) avant de déclarer publiquement que tout ce qui faisait la valeur du film avait été retiré dans ce montage expurgé. Les chances de découvrir un jour la version de 5h20 (ou bien celle de 6h) sont quasi nulles suite à la décision prise par la Fox en 1978 de détruire toutes les chutes des films antérieurs à cette date.

 

Cléopâtre - Blu-ray

Pour l'heure, c'est dans sa version de quatre heures (4h11 pour être précis) que nous arrive Cléopâtre dans une édition Blu-ray à la démesure technique qui fait honneur à celle du film. Tous les bonus de la précédente édition triple DVD sont présents, accompagnés d'une ou deux nouveautés qui n'apportent pas de révélations fondamentales. En dehors de la correspondance privée entre Jack Brodsky et Nathan Weiss, publicistes de la Fox à l'époque, et des bandes-annonces, tous ces suppléments sont proposés en VOSTF. Techniquement parlant, le Blu-ray fait des merveilles et à l'exception d'un ou deux passages (ex : un plan d'une dizaine de secondes à 8min 40s ou encore certains plans de la grande bataille navale au cours de la deuxième moitié du film), la copie et l'encodage sont flamboyants, laissant éclater toute la démesure visuelle et la profusion de couleurs.

 

Cléopâtre - Blu-ray

Côté son, il conviendra une fois n'est pas coutume de privilégier la VO tant la piste DTS-HD Master Audio 5.1 de cette dernière délivre un rendu sans commune mesure avec celle de la VF DTS 5.1 mi-débit. Allez donc faire un tour du côté de la mythique séquence de l'entrée de Cléopâtre dans Rome où la VF, étouffée et ramassée sur elle-même au niveau de la façade avant, passerait presque pour du mono en comparaison de l'amplitude et du panache dont fait preuve la VO. Notons pour finir que le doublage français diffère sur tous les passages « ajoutés » de cette version de 4h (disque 1 : chapitres 18 et 22 / disque 2 : chapitres 15, 18, 23, etc.). Il en était déjà ainsi sur la précédente édition DVD.

 

Apport HD : Sans atteindre le nirvana d'un Ben Hur, ce Blu-ray de Cléopâtre n'en demeure pas moins un achat obligatoire pour tous les home-cinéphiles sains de corps et surtout d'esprit.

 

Cléopâtre - Blu-ray

 

 

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire