Test : Guerre des mondes (La)

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22 février 2012 - Laurent Pécha

Comme pour les rares films de Spielberg disponibles à l'heure actuelle sur le support Blu-ray (mais en 2012 et l'arrivée des titres Universal comme E.T. ou Les Dents de la mer, la donne va changer), l'interactivité de La Guerre des mondes est ici identique à ce que l'on pouvait trouver déjà à l'époque sur l'édition DVD (malheureusement, aucun des modules vidéo n'est proposé en HD).

 

On retrouve donc des bonus confectionnés par l'incontournable Laurent Bouzereau. Mais, ici, contrairement à ceux vus sur A.I. ou encore Minority Report, le niveau s'avère nettement plus pertinent. Il y a toujours un défaut de construction (plusieurs images et propos se répètent entre les différents modules), le côté promotionnel prend parfois le pas mais l'ensemble est suffisamment solide et il n'y a que neuf vidéos à lancer, cela nous change des incessants manipulations de télécommande pour venir à bout des multiples featurettes de l'édition d'A.I..

 

 

On démarre les hostilités avec L'invasion : Un nouveau regard (7min 40s) qui permet à Spielberg et consorts d'évoquer l'utilité actuelle, post 11 septembre, de revisiter le film original basé à l'époque sur la peur du communisme tout en insistant sur le fait qu'ils n'allaient reprendre aucun des clichés du film d'invasion extra-terrestre tout en restant fidèle au roman de Wells.

 

L'auteur de La Guerre des mondes a d'ailleurs le droit à son vibrant hommage dans le module suivant (Le legs de H.G. Wells, 6min 36s) à travers notamment les interventions de membres de sa famille, son petit-fils ainsi que son arrière petit-fils, Simon Wells…réalisateur du remake de La Machine à remonter dans le temps. Un document qui insiste, à juste titre, sur l'incroyable modernité des écrits de Wells tout en revenant encore une fois sur le film original produit par George Pal.



Histoire de bien montrer à quel point Spielberg porte dans son cœur le film original, La guerre des mondes revu par Steven Spielberg (8min 01s) met en avant les deux acteurs principaux du film de Byron Haskin, Gene Barry et Ann Robinson qui jouent un petit rôle dans le remake « spielbergien ». Un document plaisant de par les anecdotes délivrées sur le film de 1953 par les deux comédiens et qui permet en plus de découvrir que Spielberg n'avait pas attendu de faire sa Guerre des mondes pour rendre hommage à l'original, E.T. étant passé par là.


Sous le titre ronflant Personnages : Le noyau familial (13min 22s), se cache ni plus ni moins que le classique module consacré à la présentation des personnages et le laïus élogieux qui accompagne le choix de leur interprète. Sauf que là, cela semble visiblement très sincère au niveau des compliments et surtout Bouzereau a eu la bonne idée de coupler cette présentation avec des petits apartés de la chef costumière qui nous montre à quel point le choix des habits des personnages reflète et amplifie leur psychologie.

 


Sous l'influence ou les conseils de George Lucas (choisir l'expression que l'on désire selon son degré de sympathie pour le créateur de Star wars), Spielberg avoue dans Prévisualisation (7min 43s) avoir cédé pour ce film à la technique de pré-visualisation des séquences à effets spéciaux. Un module fascinant qui montre à quel point le film fut d'abord « construit » devant un écran d'ordinateur avant d'être recréé en live sur les différents plateaux.


Véritable coeur de l'interactivité du disque, les 4 modules, Journal de la production : Côte est - Le commencement (22min 32s), Côte est - Exil (19min 40s), Côte ouest - Destruction(27min 30s) et Côte ouest - La guerre (22min 21s) constituent ensemble un vrai et bon making of.

 

En s'appuyant à chaque fois sur des séquences spécifiques, Bouzereau parvient à cerner ici toutes les problématiques d'un projet qui s'est opéré tambour battant (70 jours de tournage, 3 mois séparant le pré-production du tournage,…). Riches en images fascinantes, les documents font admirablement bien la lumière sur la fabrication d'un Spielberg, une « machine » superbement huilée où règne outre un souci du détail constant, une ambiance certes studieuse et appliquée mais aussi très décontractée (voir l'humour dont fait preuve Spielberg à la fin d'une des prises de la séquence aquatique) et très respectueuse de tous les collaborateurs du film (Spielberg et Cruise traitant les figurants avec beaucoup de compassion et d'intérêt sachant pertinemment que le succès artistique du projet passe également par eux).

 


Le design de l'ennemi : Tripodes et extra-terrestres (14min 08s) permet de comprendre le cheminement créatif qui a permis aux artistes d'ILM notamment de créer le look si réussi des envahisseurs extra-terrestres. Dommage toutefois que l'on reste relativement abstrait et succinct dans les informations données.

 

Traditionnel arrêt incontournable lorsqu'on évoque la genèse d'un film de Spielberg, le reportage consacré à John Williams et sa musique (intitulé ici La musique de La guerre des mondes, 11min 58s) surprend par sa qualité supérieure. Au-delà des traditionnelles images du compositeur dirigeant son orchestre, le document donne longuement la parole à John Williams pour lui permettre de disséquer avec bonheur certains passages de sa bande originale (qu'il a composé pour la première fois depuis qu'il collabore avec Spielberg sans avoir vu entièrement le film). Les mélomanes apprécieront grandement.


Dernier module vidéo, Nous ne sommes pas seuls (3min 16s) permet une énième fois à Spielberg de rendre un hommage appuyé à son père qui permit en lui confectionnant un télescope d'« exercer son imagination » et de se rendre compte que nous n'étions pas seuls dans l'univers. Papa Spielberg, les fans de Rencontres du troisième type, d'E.T. et désormais de La Guerre des mondes vous remercient.


L'interactivité se conclue avec une riche galerie de photos (4 sections) et la bande-annonce teaser (VO, HD) montrant des images spécialement tournées pour l'occasion.

 

Apport HD : Si les bonus sont identiques, l'incroyable fidélité de l'image associée à une piste VO HD redoutable, imposent ce Blu-ray comme une référence.

 

La photographie si caractéristique de Janusz Kaminski (le chef op attitré de Spielberg depuis La Liste de Schindler en 1993) trouve ici un réceptacle idéal. Mais attention, fans d'images HD lisses, vous pouvez passer votre chemin puisqu'ici, la granulation est roi. Et c'est tant mieux ! Quel plaisir de se trouver face à une image si définie qui a su garder son grain d'origine. Comme quoi, le mariage en HD est tout à fait possible et bon nombre d'éditeur abusant du DNR devraient visionner La Guerre des mondes en Blu-ray en boucle. Un tour de force technique impressionnant de bout en bout !

 

Cliquez sur les images pour accéder à la galerie des captures HD

 

Si la piste française en DD 5.1 assure un rendu tout à fait correct,  qu'il s'agisse de restituer la partition de John Williams, toujours avec ce léger relais jusque dans les surround aussi enveloppant qu'agréable (surtout pour les admirateurs du compositeur) ou bien des multiples effets d'une bande son particulièrement riche, elle apparaît presque ridicule face à la monstrueuse efficacité de la piste VO DTS HD-Master Audio 5.1. Tout est alors décuplé et c'est littéralement la guerre dans votre salon. Toutes les attaques d'aliens ont une capacité à mettre à mal votre installation avec des descentes dans les graves phénoménales accompagnées d'effets surround à l'impact redoutable. Le mot régal n'est ici pas usurpé.

 

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