••• Priscila Sol


20 jan 2006 Par Didier Verdurand

Rencontrer dans un bureau de Marc Dorcel sa chouchoute du moment, Priscila Sol, relève plus du plaisir que du travail, d'autant que la star du X de 2005 se révèle très souriante et sympathique. Aucun incident à signaler, à part que votre dévoué journaliste a failli tomber dans les pommes pendant la séance photo.

 

Et si on commençait par le commencement ?
Je suis née et j'ai grandi au Brésil, dans le sud. Après être allée à l'université pour suivre des études dans la mode, j'ai décidé de suivre ma dernière année d'études en France, qui est évidemment une référence incontournable dans ce milieu. Une fois à Paris, j'ai fait quelques photos de charme pour être plus à l'aise financièrement. L'attachée de presse chez Marc Dorcel m'a repérée sur un site Internet et m'a contactée. Cela a débouché sur un contrat d'exclusivité avec Dorcel.

 

Tu avais déjà une expérience dans le X ?
Non, pas du tout. L'image de la pornographie au Brésil me paraît plus négative qu'en France, cela choque plus facilement, c'est pourquoi d'ailleurs il m'a fallu six mois environ pour prendre une décision. J'ai donc regardé plusieurs films-productions de Marc Dorcel pour me faire une idée précise de l'entreprise, et il m'a paru naturel qu'un couple ou des amis regardent ces films-là chez eux, il n'y a absolument rien de malsain. De plus, les gens que j'ai rencontrés chez Dorcel étaient très respectueux et professionnels, donc j'ai accepté.

 

Première scène tournée ?
C'était à Anvers, il y a sept mois, je devais faire une scène pour Offertes à tout 14. Je suis arrivée sur le plateau croyant découvrir une partouze générale, mais tout le monde était bien trop concentré sur les tâches à accomplir pour que le travail soit bien fait dans les temps ! Il ne faut pas imaginer que faire un film porno est un boulot facile.

 

Puis tu as été dirigée par Hervé Bodilis dans un mémorable Pornochic...
C'est un sacré bosseur, on travaille trop avec lui ! (Rire.) Il m'est arrivé de commencer à 5 h du matin pour terminer à 4 h la nuit suivante... Mais le résultat se voit à l'écran, ça en valait la peine !

 

 

 

Quelles sont tes conditions pour tourner une scène ?
Je choisis mes partenaires et j'utilise des préservatifs. Il me semble vraiment préférable d'avoir un bon feeling avec son partenaire, surtout que j'ai déjà eu une mauvaise expérience avec un acteur, et cela ne se reproduira plus. Donc je regarde des films avec ceux que l'on me propose, et si je ressens un peu d'agressivité dans leur manière de travailler, je refuse.

 

Rocco est mal barré alors !
Heureusement qu'il a arrêté de tourner des films pornos, la question ne se pose plus ! (Rire.) Accepter de tourner uniquement pour l'argent vous retombe bien souvent dessus, tout se passe nettement mieux si vous vous lancez dans un projet par plaisir.

 

Et peux-tu nous en dire plus sur cette mauvaise expérience ?
C'était sur Cabaret Sodom Club, avec un comédien qui a commencé à me taper – pas méchamment, mais c'était désagréable – avant de tourner la scène, et malgré mes protestations, il continuait même devant la caméra, donc je l'ai giflé et il a fallu interrompre le tournage pendant deux heures. La scène a finalement été mise en boîte, mais c'était très difficile car il n'y avait aucun désir.

 

Que t'inspire la zoophilie ?
(Rire.) On change de sujet ?

 

Le X, à long terme ?
Je n'ai pas envie d'en faire toute ma vie. Je prends cette étape dans ma vie comme une très bonne expérience, car cela m'a permis de rencontrer des gens très intéressants et sympathiques. Mais cela doit user assez rapidement, donc je ne me vois pas le faire très longtemps. Il y a non seulement un effort physique important, mais en plus il faut voyager tout le temps, sans profiter des endroits où l'on se trouve. Je ne suis pas spécialement attirée par la routine, mais ce train de vie n'est pas assez équilibré à mon goût pour penser rester dedans trop longtemps. Et je m'intéresse toujours autant à la mode, je veux y travailler !

 

Styliste, après hardeuse ?
Mes études vont dans ce sens et ça part d'une véritable passion, donc j'en serais ravie. Je m'entraîne également à écrire en portugais des contes érotiques, donc cela pourrait, qui sait, aboutir un jour sur un livre ? Marc Dorcel m'a proposé d'écrire un scénario, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre, je l'ai juste en tête.

 

Es-tu ouverte au cinéma dit traditionnel ?
Pourquoi pas, cela dépend des propositions. J'estime qu'il faut vraiment être comédienne dans un film X, ne serait-ce que pour faire croire que nos scènes sont naturelles. Je prends le jeu vraiment au sérieux.

 

Tu te plais à Paris ?
Oui, j'adore, mais je sors peu car je voyage beaucoup, et quand je rentre je suis crevée, j'aime profiter de mon chez moi. J'habite dans le sud de Paris, et je vais tous les jours au restaurant, je déteste cuisiner. Il m'arrive aussi d'aller au cinéma, le dernier film que j'ai vu était Les Indestructibles, qui m'a fait rire. Lorsque des amis sortent danser, je suis toujours partante, et pas que pour un style de musique en particulier.

 

On te reconnaît dans la rue ?
Cela arrive et ça fait plaisir car les gens qui m'abordent ou me font un signe sont toujours très respectueux et gentils.

 

Dans l'esprit des gens, n'est-il pas plus facile de mettre une actrice de X dans son lit qu'une autre femme peut-être plus... coincée ?
Peut-être, mais ce n'est pas le cas. Au contraire, je peux te dire que c'est beaucoup plus difficile. (Rire.) Surtout quand on a le choix entre tous ces beaux garçons pour tourner des films !

 

 

Qu'est-ce qui t'excite le plus dans un film porno ?
Je suis une femme, et ce que je préfère dans un film X ce sont les préliminaires, avant que la scène ne devienne purement sexuelle ! Aussi bien en tant que spectatrice qu'en tant qu'actrice. C'est très stimulant pour la suite lorsque vous pouvez vous mettre en condition avec votre partenaire, vous devenez encore meilleure quand ça tourne.

 

Le gonzo n'a pas bonne presse depuis un moment.
Jamais je ne ferai du trash, ce n'est pas du tout mon style. Des gens m'ont dit d'aller travailler aux États-Unis, que je ferais fortune là-bas, mais ce que je vois dans leur film ne m'attire pas du tout, loin de là. Récemment, à un salon érotique, j'ai vu un gonzo où le type mettait la tête de la jeune femme dans la cuvette des toilettes pendant qu'il la baisait. Je n'arrive pas à comprendre que cela puisse exciter certains malades.

 

Tu lis les scénarios, avant d'accepter un film ?
Je préfère, car je ne fais pas tout et il est préférable d'éviter les mauvaises surprises une fois que tu es sur le plateau ! Par exemple, je ne me fais pas sodomiser car cela me fait mal, et même dans le privé, je refuse. Donc pendant les inévitables attentes, pendant que d'autres comédiens jouent une scène, j'en profite pour lire des scénarios, parler avec mes futurs partenaires pour instaurer une complicité... Ne pensez pas que dans le X il n'y a pas de préparation !

 

Qu'as-tu découvert grâce aux films dans lesquels tu t'es retrouvée ?
Je n'avais jamais eu de relations sexuelles avec deux hommes en même temps, et j'ai aussi connu ma première expérience avec une femme. Je ne suis pas spécialement attirée par les femmes, mais travailler avec une bonne comédienne est un vrai plaisir. J'ai un très bon souvenir, je dirais même très doux, de mes deux scènes purement féminines.

 

 

Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos ci-dessus de Côme.

 

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La Rédaction20/01/2005 16:03 par La Rédaction

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