••• Dolly Golden
Star incontournable du X français dans les années 90, Dolly Golden reste aujourdhui une personnalité à part entière dans le milieu... mais pas seulement. Véritable icône d'une période passée - et pour certains regrettée -, elle s'est tranquillement faite une place dans le patrimoine télévisuel et cinématographique français, voire même dans l'insconcient collectif. Aujourd'hui, Dolly Golden continue son business et se considère plus comme une grande soeur.
Que retiens-tu de ta carrière dans les années 90 ?
Je me suis bien éclatée. En fait, je pense que j'étais là à la bonne
période pour le porno. C'étaient les années où on commençait à être
médiatisées dans le bon sens du terme. Il y a avait un vrai droit à la
parole. Maintenant ce n'est plus du tout le cas. Les actrices ne sont
plus là pour s'exprimer mais pour montrer leur cul. Il y avait aussi
des productions à gros budget, avec des scénarios, de la comédie. Et ça
me plaisait. Je crois que j'ai vraiment arrêté au bon moment parce que
ça devient de plus en plus trash. Il y a une course à la performance
qui est pour moi inutile et débile. Du coup, ça fait qu'il y a de moins
en moins d'actrices qui veulent faire ce boulot et les seules qui
veulent le faire le fontÂ… je ne vais pas dire par dépit maisÂ… il n'y a
plus d'argent donc elles ont même pas les moyens de se faire les
ongles. Le milieu s'est appauvriÂ…
En France essentiellement ?
Oui, en France et en Europe. Je ne vais pas parler de l'Europe de l'est
parce que c'est différent mais en Italie, en France, en Allemagne.
Surtout la France, c'est en effet une catastrophe. Quand je vois les
hardeuses qui commencent aujourd'hui je les plainsÂ…

On gagne moins d'argent ?
Ce n'est pas qu'une question d'argent. Il y a de ça mais il y a aussi le fait qu'avant, il y avait souvent des soirées où on était logé dans des 4 étoiles, on nous trimbalait en limousine. On nous jouait le grand jeu tout le temps. Maintenant ça n'existe même plus, les filles se déplacent en R5, elles dorment au Formule 1Â…
Il n'y a plus l'intérêt paillettesÂ…
Il n'y a plus l'intérêt paillettes, mais en même temps ceux qui se font
du fric, ils s'en font vraiment. Les actrices et les acteurs sont au
bout de la chaîne alors ils sont dans le besoin. Et ils galèrent. Parce
qu'en plus il n'y a plus de grosses productions en France. Tout se
passe à l'estÂ…
Il y a Dorcel, non ?
Oui, mais Dorcel ne produit pas beaucoup. Maintenant, il produit un peu
plus mais s'il produit deux films par trimestre, c'est déjà beaucoup et
avec ça tu ne vis pas. Surtout qu'en étant actrice tu ne peux pas
tourner dans tous les Dorcel. Sauf si tu es en contratÂ…

Alors tu es encore liée au milieu ? De quelle façon ?
En fait, j'ai arrêté de tourner en 2001 et j'ai voulu prendre un peu de recul. J'étais contente de ce que j'avais fait mais je voulais arrêterÂ… il était temps de passer à autre chose. J'avais fait le tour. Après j'ai fait une école de théâtre pendant deux ans. Parce que le théâtre a toujours été un truc que j'aimais beaucoup. Et comme je n'étais pas trop mauvaise en comédie sur les tournages, je me suis dit que je voulais affiner ça et voir s'il y avait des ouvertures. C'était génial. Je me suis retrouvée avec des gamins de 20 ans alors que j'en avais 30 ans. Ils étaient tous étudiants, tous dans un domaine super différent du mien. Des gens très naïfs qui découvrent la vie et ça m'a fait vachement de bien. Puis au bout de ces deux ans, je me suis rendue compte que j'avais fait le tour de ce domaine-là aussi. Je savais très bien que les gens n'allaient pas oublier ce que j'avais fait avant. On m'avait reconnu dans mon école. Pour mes profs, ça ne posait aucun problème. Mais je savais très bien que n'importe quel metteur en scène ne m'aurait pas pris dans une pièce, sans s'inquiéter de ce que j'avais fait avant. Je suis super contente de ce que j'ai fait, ça m'a apporté une expérience très sympa mais je savais très bien que je n'allais pas faire carrière dans le théâtre. Depuis septembre et même si je m' enoccupais déjà à fond, je me suis remise dans mon site Internet, j'ai recommencé à faire des photos, etc.
Et aussi à travailler comme attachée de presse pour DorcelÂ…
Oui, j'ai commencé ce nouveau boulot en m'occupant d'appeler les
quotidiens, les magazines pour leur fournir matière à leurs articles.
Dorcel maîtrise la presse, donc il y a beaucoup de boulot, et encore
plus depuis la sortie de Dorcel TV. En même, j'ai monté mon agence de
spectacle. Dorcel m'a d'ailleurs beaucoup aidé, on peut même dire qu'il
me sponsorise. On organise les nuits Marc Dorcel, on fait plein de
soirées, avec pleins de cadeaux Dorcel et tout et tout. Cette agence de
spectacle me tient beaucoup à cœur, car je travaille dans le milieu de
la nuit depuis 10 ans et j'adore ça. J'aime beaucoup la scène. J'ai
surtout envie d'apporter mon expérience aux filles qui débutent en
show, ainsi qu'aux copines du X.
Tu as donc gardé un lien fort avec le milieu.
Ce qui se passe, c'est que pendant ma carrière je me suis battue pour
être respectée. Je ne dis pas que ça a été toujours facile, mais je me
suis battue pour être payée un prix décent, pour avoir des fiches de
paye, pour être bien logée. Je n'ai pas donc pas été trop dégradée.
Quand je ne voulais pas faire un truc, je disais non quitte à claquer
la porte d'un tournage. J'avais du caractère et c'est pour ça que je
n'ai pas été trop dégoûtée du métier. Il y a bien entendu des gens qui
m'ont déçue et des magazines qui se sont foutus de ma gueule. Mais
c'était le business et je n'étais peut être pas à la hauteur. Je ne
sais pas. Avec du recul je suis super contente de la carrière que j'ai
eu. En tout cas vu d'où je suis partie et vu où je suis arrivée, je
suis contente.
Pourquoi avoir arrêté ?
Je n'avais pas prévu d'arrêter si vite. J'ai arrêté si brutalement à
cause d'un accident. J'ai eu un grave accident de moto avec mon mari,
qui était acteur aussi. A nous deux, on était à fond dedans, on avait
pleins de projets. On avait réalisé et produit un gonzo pour les USA.
On allait partir à Las Vegas pour le promouvoir. Je venais même de
recevoir mon deuxième Hot d'or et mon mari aussi. On s'est arrêté en
plein boum. Après ce grave accident, on s'est retrouvé, lui avec six
mois de rééducation donc arrêté complètement, moi avec le pied dans le
plâtre pendant deux mois et incapable de faire quoi que ce soit pendant
trois quatre mois. Et sachant que dans ce business quand on est plus là
pendant 15 jours, tout le monde vous oublieÂ… Et voila ! Je n'ai pas
cherché à me dire : bon j'ai mon plâtre tant pis je vais quand même
chercher à faire des soiréesÂ… Pour moi, le monde s'est écroulé. Je me
suis rendue compte que je pouvais très bien vivre sans tourner. J'ai
retourné un film. Et puis je me suis dis que je n'avais plus envie. Je
m'étais toujours dit que le jour où je n'aurais plus envie,
j'arrêterais. Parce que aller sur un tournage en faisant la gueule,
c'est pas mon truc.
Tu as un site internet. Tu peux nous en parler ?
En fait, j'ai eu plusieurs sites. J'ai travaillé avec plusieurs
personnes et quand les gens sont partis, les sites se sont arrêtés. Le
dernier, le vrai
est sérieux ça doit faire deux trois ans qu'il existe. Il va d'ailleurs
être remis au goût du jour. On lui ajoute déjà sans arrêt de nouvelles
photos, de nouvelles vidéos inédites qu'on ne voit nulle part ailleurs,
des textes que je fais moi-même, mon journal intime, des news, des
photos de making of, des photos perso, les sorties avec mes copines,
moi dans ma douche et autres petites conneries. J'ai aussi une webcam
dans ma chambre et une autre dans le salon qui ne sont pas allumées
24/24 mais que j'allume assez souvent, donc on peut m'espionnerÂ…

As-tu déjà fait du cinéma traditionnel ?
J'ai joué un rôle dans L'ex-femme de ma vie de Josiane Balasko. Ca m'a donné l'opportunité de passer presque 24 heures quasiment seule avec Josiane. C'était quelque chose de génial car je l'aime beaucoup. Elle a un coté bonne vivante, tout en étant super pro. Franchement, j'ai adoré bosser avec elle. J'ai aussi tourné dans France boutique de Tonie Marshall, où je jouais mon propre rôle. Et plus récemment, j'étais dans Incontrôlable, mais je n'ai pas eu le temps d'aller voir le film puisqu'il n'a pas duré longtemps. En fait, je fais partie d'un fantasme de Michaël Youn.
Qu'est ce tu peux nous dire sur ton actualité en général ?
Dans les mois à venir je recommence à faire des salons érotiques.
J'avais un peu arrêté puisque je n'avais pas envie de faire tout et
n'importe quoi. Donc en faisant attention j'en fais quelques uns pour
me montrer et voir mes fans. Le prochain est un très gros truc à Paris,
le Venus où je vais retrouver pleins de copines américaines que j'ai
pas vu depuis super longtemps dont Tera Patrick. Je suis très contente
parce que je pense que ça va me rappeler les années où on était dans
les paillettes. C'est fin avril [Cet entretien s'est en effet déroulé
avant le salon Vénus de Paris dont vous pourrez trouver une
présentation écrite et vidéo en cliquant ici.
Tu avais une bonne relation avec les gens du milieu ? Tu les vois encore ?
Globalement, j'ai gardé de très bonnes relations. Il y a pas mal de
jalousies de la part gens, mais on ne le sait qu'après. Moi je m'en
fous, je fais mon chemin. Je ne passe pas mon temps à espionner les
autres pour les copier ou essayer de savoir comment ils fonctionnent,
ce qu'ils fontÂ… Je me suis aperçue que les autres me prennent des idées
mais c'est la vie, c'est comme ça.
C'est quand même agréable de servir d'exemple.
Surtout quand on s'est faite toute seul. J'avais mon copain mais aucun
magazine ne m'a prise sous son aile, je n'avais pas de contrat. C'était
encore possible dans les années 90 de s'en sortir comme ça. Maintenant
je ne crois pas. De toute façon si tu es vraiment bonne tu es mise sous
contratÂ…
Comme Oksana ?
Oui. C'est très bien son contrat. Moi j'aurais rêvé d'un contrat pareil
à l'époque. C'est génial. Ça ne m'a pas manqué mais c'est vrai que si
j'avais pu décrocher un contrat soit chez Dorcel soit aux USA, j'aurais
sauté au plafond. Parce que j'ai beaucoup bossé aux USA et mon rêve
c'était de faire toute ma carrière là-bas. Je n'ai pas d'amertume mais
il y a des choses que je n'ai pas faitesÂ… Et aujourd'hui que je suis
encore dans ce métier, j'aimerais rencontrer des jeunes filles qui
veulent se lancer et leur faire profiter de mon expérience, essayer de
les aider à faire au mieux, et les aider à décrocher des trucs
chouettes.
Par rapport à ce que tu écrivais sur le site Internet de Technicart, on ne t'as jamais proposé d'être journaliste ?
En fait, j'ai eu une rubrique dans un magazine qui s'appelle Verité
mais le magazine n'a duré que 2 ans et puis il n'a pas été très connu.
J'avais quatre pages où j'interviewais des personnalités. J'ai eu Mouss
Diouf, Gaspar Noé,
Kenza du Loft, Bob Sinclair et d'autres. Cette rubrique était géniale
parce que je posais des questions et coquines et pas coquines. J'ai eu
aussi une double page dans Night Life, c'était la rubrique sexy
du magazine ça a duré un an à peu près. J'aime beaucoup écrire, j'aime
beaucoup la presse et tout, mais je trouve qu'y travailler c'est
stressant. Parce qu'avec le bouclage, il nous manque toujours un
élémentÂ… on est toujours dans le stress en fait. Mais encore
aujourd'hui, j'écris parfois pour des magazines, notamment Top Girls, un nouveau magazine X. J'y fais des interviews, Zara Whites par exemple.

Si tu es encore en rapport avec le X, c'est que dans ta vie, il y a toujours un rapport avec le sexe ?
Le sexe m'a toujours intéressé depuis très jeune. Quand j'ai commencé, ce n'était pas pour faire une carrière. J'ai débuté dans l'amateur avec mon copain, pour avoir une expérience de plus, c'est tout. On trouvait ça drôle et puis voilà ! Je me très vite prise au jeu, donc j'ai eu envie de continuer, surtout que je suis avec quelqu'un d'ambitieux. J'avais pas non plus envie de garder cette image d'amatrice, alors j'ai essayé les showsÂ… et j'ai tout de suite kiffé. J'ai souvent tendance à dire que c'était une vocation. Je sais aussi faire plein d'autres choses, je ne voudrais pas qu'on me limite à ça, mais en même temps, ouais c'est une vocation. Je suis parfaitement à l'aise dans ce que je fais.
Positif doncÂ… un mot de la fin ?
Pour les filles qui commencent, ne faites pas ce boulot pour les
mauvaises raisons. Faites-le parce que vous aimez ça, parce que vous
avez envie d'une vie cool où on voyage, où on voit du monde, où on est
respectée, le tout avec des paillettes. Il ne faut pas qu'elles croient
qu'elles sont des pauvres filles qui vont passer pour des emmerdeuses
si elles réclament un quatre étoiles plutôt qu'un Formule 1. Essayez
d'avoir un petit peu plus d'estime de soi en fait. C'est pas parce
qu'on commence dans le X qu'on vaut rien. Il ne faut pas le faire par
dépit mais par envie. Et qu'elles viennent me voir surtout.
Propos recueillis par Lucile Bellan.
Dolly est photographiée par Yves Cham.
Site officiel de Dolly Golden : www.dolly-golden.com
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LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!27/05/2006 00:34 par La RédactionDolly GoldenVous pouvez discuter ici de l’article Dolly Golden.
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