Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Ovidie
11 juin 2005 | par
Didier Verdurand
Enceinte de sept mois, Ovidie a eu la gentillesse de nous accorder un entretien pour nous parler de sa dernière réalisation sortie chez Marc Dorcel, 1ères expériences. L'auteur du mémorable livre Porno manifesto fait à nouveau preuve de multiples talents et conforte, malgré ses dires, sa position d'artiste résolument dans l'air du temps.
Pourquoi avoir fait un gonzo après tes premières réalisations, Orgie en noir et Lilith ?
Ce n'est pas un gonzo !
Alors qu'est-ce qu'un gonzo ?!
C'est un film, si on peut appeler ça un film, dont le centre principal est le sexe, les gens baisent, point barre. Je suis un peu vexée si 1ères expériences est qualifié de gonzo car derrière, il y a un véritable travail sur le cadrage, le montage, la musique aussi... Même si le scénario est absent, il y a un concept qui est de montrer comment des filles sont réellement dans la vie. Je parlerais plus de clips, en fait.
Je ne voulais surtout pas te vexer, pardonnes mon ignorance dans ce domaine ! Surtout que j'ai été sensible au travail dont tu parles, que je trouve très réussi et envoûtant.
Je rajouterai qu'il est trop soft pour être un gonzo. Les amateurs du genre attendent du vrai hard. 1ères expériences n'aurait pas été considéré comme soft en 2001 quand j'avais réalisé Orgie en noir, mais aujourd'hui il l'est.

Continuer avec Dorcel, une évidence ?
Je l'ai produit moi-même et après, la question du distributeur s'est posée. Il n'y en a pas des masses en France pour sortir ce genre de produits : Dorcel, Colmax et Blue One. J'ai choisi Dorcel parce que malgré certains désaccords que nous avons pu avoir, il est le premier à m'avoir fait confiance à l'époque pour Orgie en noir. Son réseau de distribution est le meilleur est il peut vendre à l'étranger. Je précise que je ne touche pas de royalties mais il me paraît naturel de vouloir une bonne carrière pour mon oeuvre.
Tu ne touches pas de royalties même en étant productrice ?
Non, une fois que les droits sont vendus, tu ne touches plus rien. Seul le milieu porno fonctionne avec ce système, depuis toujours.
Quel est le budget ?
Je n'ai pas calculé exactement avec les charges sociales à payer mais il est extrêmement inférieur à celui que j'avais pour mes deux premiers films, autour de 100 000 euros. Cette fois, nous étions une équipe technique de quatre ou cinq personnes, j'ai fait le cadre... J'ai pris mon temps et apporté un soin particulier au montage dont je me suis occupée seule, la nuit, parce que je suis insomniaque. Pendant ce temps, mon amoureux, musicien, jouait dans l'autre pièce quelques morceaux d'électro ; il y a quatre morceaux de lui dans 1éres expériences. Le tournage a été long, il s'est étalé, avec des pauses, de juin à août. Il m'est arrivé de monter simultanément et j'ai même retourné des scènes.
Par exemple ?
Autant ne pas les citer, mais des jeunes filles m'avaient fait une scène minable, je ne pouvais pas la garder telle quelle. C'est le risque avec des comédiennes inexpérimentées. Quand j'ai proposé ce concept, des personnes m'ont dit « Génial, on va enfin voir de nouvelles têtes ! » Le problème est qu'on ne peut pas demander à des débutantes des scènes très hard, je leur ai dit de faire ce dont elles avaient envie.
D'où viennent-elles ?
Elles m'ont pratiquement toutes contacté d'elles-mêmes, comme la jeune fille dans les bois ou les deux à la fin dans le bar. Il s'est rapidement su dans le milieu gothique que je recherchais des filles. Je n'ai pas fait de casting et c'est pour cela que certaines n'étaient pas aussi à l'aise que je l'attendais. Quand je les ai rencontré, je ne savais même pas à quoi elles ressemblaient. Je les ai briefées pour leur faire comprendre dans quoi elles allaient mettre les pieds, les répercussions que cela pourrait avoir sur leur entourage, etc...
Dans un entretien passionnant avec Michela Marzano (éditions Autrement), tu dis être « coupée » de la réalité sociale : « Mes deux seuls points de repère sont la matière et la loi de mon pays. Disons que je garde les pieds sur terre, parce que je reste complètement consciente de tout ce qui se passe autour de moi et de ce que les gens peuvent éprouver. (...) On n'a pas à accepter que quelqu'un d'autre puisse décider de ce qu'on doit faire de son corps et de sa sexualité. Chacun en dispose comme il le veut. D'autant plus que, quand on est actrice porno, et contrairement à l'opinion commune, on ne vend pas son corps. On vend une image. On vend le droit d'utilisation de sa propre image. » Le porno t'a encore plus éloigné de cette réalité sociale ?
C'est un choix libéré de ma part. Depuis toujours, j'ai eu un nombre d'ami assez restreint, mais il est vrai que depuis que je fais ce métier et que la notoriété est arrivée, les pots de colle sont apparus, donc je prends encore plus de recul. Jamais tu ne me verras aux soirées People. En plus, je n'aime pas la fumée de cigarette ! Je suis mieux chez moi à écrire, avec mon homme ou un voire deux amis. Quand tu te fais régulièrement insulter dehors, tu deviens méfiante.
Tu te fais souvent insulter ?
Oui, on doit me traiter de salope une fois par semaine. J'ai tout essayé : maquillée, pas maquillée, coiffée différemment, en jogging, avec ou sans piercing. Et c'est de pire en pire depuis que je suis enceinte alors que je pensais que ça pourrait calmer. Je me fais aussi draguer sans arrêt. Ils ne s'imaginent pas une seconde que je suis à des kilomètres de penser au sexe en ce moment. Je commence à y être habituée. Avant, je marchais très vite dans la rue, maintenant, moins. J'ai remarqué aussi que les mecs ne m'emmerdent jamais quand ils sont seuls. Pourtant, je ne suis pas dans le Bronx, je vis à Neuilly ! Depuis quelques mois, je ne vais carrément plus à Paris, je n'ai pas la force en ce moment de mettre une baffe à un mec ! (Rire.) Heureusement, 90% du temps, les gens sont gentils avec moi, mais quand tu accumules les insultes sur une longue période, c'est trop. J'ai peur pour l'avenir, quand j'irai chercher mon enfant à l'école... Peu de comédiennes connues dans le X sont devenues mères. Tabatha Cash, elle, avait choisir de partir à l'étranger. Je me suis posé la question, j'ai songé à m'installer à Copenhague ou Vienne.

Tu as ouvert un centre de consultations en sexologie ?
Depuis décembre 2004. C'est dans un sex-shop féminin, fermé aux hommes seuls. On y vend des objets féminins qui sortent de l'ordinaire. J'apprends aussi à des femmes ou des couples à développer leur sexualité sur des points bien précis. Nous n'abordons que les problèmes féminins, tels que le vaginisme, la recherche du point G. Le centre marche de manière confidentielle, nous n'avons pas une grande clientèle mais la vente par correspondance marche très bien. (www.sexshopfeminin.com)
Revenons au cinéma. Qu'est-ce qui te plaît aujourd'hui dans le X ?
Rien. (Rire.)
Tu es lassée ?
Il n'y a plus rien d'intéressant, je trouve. Mes préférés sont ceux des années 70. Aujourd'hui, ils sont trop irréels, trop hard. Je n'aime plus les films américains, toutes les filles ressemblent à Paris Hilton ou Britney Spears.
Les films de B. Root sont plus écrits que la moyenne, tu es fan ?
Je ne les considère pas non plus comme intellos mais c'est vrai qu'il fait un effort et que ses films sont au-dessus de la moyenne. Mais le problème de Jean (John en VF, Ndlr.) est le même que le mien : il est has-been !

Tu te considères comme has-been ?
Oui ! Je pourrais rajouter Yannick Perrin au clubÂ… Il est l'une des rares personnes que je vois du milieu, et je déjeunais avec lui l'autre jour. Nous rigolions en nous disant que nous étions de vieux cons dans le métier alors que nous avons commencé dans la deuxième moitié des années 90 ! Aujourd'hui le public ne veut plus voir de vrais films travaillés, ils veulent du gonzo. Le matériel porno a remplacé le cinéma porno, que je trouve moribond de 2001 à 2004 et carrément mort depuis un an.
Aujourd'hui, il te serait impossible de réaliser à nouveau Orgie en noir ?
Ce n'est plus concevable, en tout cas, en Europe, il n'y a plus assez d'argent. Même aux États-Unis, il n'y en a quasiment plus.
Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos de Côme Bardon.
Retrouvez le test de 1ères expériences dans notre rubrique X.
Autres documents liés
1ères expériences
Film8 innocentes jeunes filles, étudiantes, techniciennes, baby-sitterÂ… décident de briser tous les tabous en passant à l’acte pour la première fois devant la caméra d’Ovidie !.. Elles sont alors filmées tandis qu’elles se masturbent ou qu’elles offrent leurs sexes humides aux énormes queues d’harders professionnels sans pouvoir retenir leurs orgasmes.
lire la suiteRéactions de la communauté
Dernière réponse par
Vous pouvez discuter ici de l’article Ovidie. Cliquez ici pour lire l’article complet : http://www.ecranlarge.com/article-details-499.php Lire la suite
Pour réagir aussi, il suffit de vous inscrire gratuitement puis de vous connecter au site.


