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Compte-rendu Cannes 2008 : Jour 1 et 2
16 mai 2008 | par
Jonatan Fischer
Mercredi 14 mai et Jeudi 15 mai
Depuis Mercredi, la planète
cinéma est en effervescence : le 61e Festival de Cannes est
enfin lancé. Et en choisissant Blindness de Fernando Meirelles
comme film d’ouverture, les programmateurs n’ont pas manqué de déclencher un
vif débat. Sifflé lors des projections presse, ce nouvel opus du réalisateur de
La Cité de Dieu déclenche les passions comme les foudres. Œuvre
maitrisée qui touche au sublime formellement ou arnaque clinquante, la
rédaction d’Ecran Large est elle aussi divisée mais la balance semble peser en
faveur de la première possibilité (lire la critique).
Qui dit premiers jours dit ouvertures en tous genres. On retiendra en particulier celle de la section Un Certain Regard avec un premier film ultra prometteur : Hunger de Steve McQueen (à ne pas confondre avec le célèbre acteur du même nom). Film sur le « Blanket and No-Wash protest » des prisonniers politiques de l’IRA en 1981, Hunger est un véritable tour de force mêlant images sublimes et ultra violence (physique comme psychologique). Applaudissements de rigueur en fin de projection.
Un certain Regard commence donc très fort cette année puisqu’en une journée la section a proposé Hunger mais aussi et surtout Tokyo !, attendu projet collectif où l’on retrouve des courts métrages de Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon Ho. Très coloré, tantôt poétique (le Gondry) ou barré (le déjà mythique segment Merde signé Carax), Tokyo! est tout sauf un film carte postale. Une œuvre joyeuse, fait assez rare pour être signalé.
Car et oui, il faut bien l’admettre, les films retenus pour La Sélection officielle ont de quoi donner le bourdon aux festivaliers. Entre Blindness qui dépeint une société devenant aveugle avant d’être enfermée dans un camp, Waltz with Bashir qui parle des premières guerres libanaises, Leonera qui suit une femme enceinte accusée à tort de la mort de son compagnon et Les trois singes qui relate du poids du mensonge et des non-dits au quotidien au point de briser l’existence d’une famille toute entière…(lire la critique) On pourrait se demander si les anti dépresseurs sont fournis en même temps que les accréditations.
Mais drame ne rime heureusement pas toujours avec plombant. Si Waltz with Bashir , film d’animation très beau visuellement, peine à accorder tout le monde (la faute à une narration un peu pompeuse ?) , Leonera et Les trois singes semblent être parvenus à s’attirer les faveurs des critiques et du public. Le premier est un film de Pablo Trapero (réalisateur de Voyage en Famille) qui permet à l’actrice Martina Gusman de livrer une sidérante prestation (il se chuchote qu’elle est bien partie pour le prix d’interprétation féminine) dans un portrait de femme qui n’est pas sans rappeler le récent Julia d’Erick Zonca. Le second n’est autre que la nouvelle œuvre de Nuri Bilge Ceylan (réalisateur des Climats) et se démarque par une réalisation à couper le souffle associée à un scénario impitoyable. Mon gros coup de cœur depuis le début des hostilités cinématographiques. Comme quoi le désespoir des uns sur l’écran, peut souvent faire le bonheur des autres, confortablement assis dans leurs fauteuils.
Egalement lancées, la Quinzaine des Réalisateurs avec le film Quatre jours avec Anna dont la réputation le désigne comme « sulfureux et glauque », et la Semaine de la Critique avec Les 7 jours qui parait-il est loin d’être une pépite (ah les rumeurs et les mauvaises langues...).
Sur La Croisette le temps et la programmation semblent donc se confondre à merveille, passant des coups de chaleur aux averses. Sur le Tapis Rouge, comme chaque année, le show est de rigueur avec ses stars aux robes si belles qu’elles en deviennent indécentes (Ah le passage de Cate Blanchett…). Pour le moment l’ambiance est à la découverte avec des sections témoignant d’une véritable diversité des genres et des nationalités. L’évènementiel et l’hystérie collective ne devraient pour leur part plus trop tarder : aujourd’hui se déroulera la montée des marches du nouveau film de Arnaud Desplechin, Un conte de Noël (avec Catherine Deneuve, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos pour ne citer qu’eux) en attendant bien sûr les très attendues arrivées des casting de Vicky Cristina Barcelona (nouveau Woody Allen avec Scarlett Johannson et Penelope Cruz) et, forcément, Indiana Jones.
Quelles seront les prochaines grandes découvertes ? Qui se fera acclamé ou hué ? Restons connectés, à demain pour un nouveau point en direct de la Croisette.
Jonathan Fischer
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