••• Brian De Palma - Ses meilleures scènes


21 fév 2008 Par Laurent Pécha


Après nos dossiers best of Cronenberg et Coppola, voici en l'honneur de la sortie de Redacted, notre best of des scènes les plus mémorables de Brian De Palma. La question posée à chaque rédacteur fut simple : « raconte-nous la scène qui t'a le plus marqué dans la filmographie de De Palma ? ». Une fois récoltées leurs réponses, une rapide concertation pour délibérer et voici notre top 10 avec quelques numéros en plus (on est généreux à EL) accompagné de l'extrait du film en question. Attention, cette fois-ci, l'ordre est pour le moins très subjectif et l'on pourrait tout aussi facilement inverser bon nombre des extraits ci-dessous :

 

 

 

- Les Incorruptibles (The Untouchables) par Julien Foussereau

J'adore la fusillade de la gare de Chicago dans Les Incorruptibles. Bien qu'il s'agisse d'une commande, De Palma signe une scène gratuite, certes, mais incroyablement ludique. Rendre hommage aux marches d'Odessa du Cuirassé Potempkine au beau milieu d'un bain de sang magnifiquement chorégraphié, c'est un signe extérieur de cinéphilie éclairée et de maîtrise technique éclatante.
 
 
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- L'Impasse (Carlito's way) par Thomas Douineau

Tout le génie cinématograhique de De Palma éclate dans cette fabuleuse partie de cache-cache dans la gare, filmée au travers de longs plans à la steadycam : virtuosité des mouvements de caméra et des déplacements d'acteurs, précision des cadres, efficacité du montage. Un scène apothéose, un morceau de bravoure hors du commun d'un lyrisme et d'une tension rarement vus au cinéma.

 

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- Blow out par Patrick Antona

Mission: Impossible pour déterminer quelle scène de la filmographie de Brian de Palma on est en droit de préférer. Mais on oublie souvent que son sens  de la mise en scène, toujours au service de la narration, ne serait rien sans l'intelligence de son montage. Et De Palma de nous donner une leçon avec son brio habituel avec la scène de reconstitution de l'attentat contre le gouverneur, moment-clé où l'intrigue bascule du point de vue du héros principal qui voit enfin un moyen d'échapper à son morne quotidien de preneur de son, et aussi de se racheter. Dans ce petit morceau de bravoure, les thèmes récurrents de l'oeuvre de De Palma cohabitent et superposent avec génie: la démonstration de la maîtrise d'un expert (Travolta devant sa table de montage ), la révélation de son désir obsessionnel (la recherche de la vérité à tout prix) mais aussi l'émergence de sa frustration (celui de ne demeurer qu'un simple voyeur). En somme une tentative de résumé de la complexe personnalité d'un metteur en scène qui ne cesse de nous interroger sur la puissance et la maîtrise des images.

 

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- Phantom of the paradise par Jean-Nöel Nicolau

Pour le final de son chef-d’œuvre, Brian De Palma concentre tout son art. Le montage ne lésine pas sur les coupures dans le vif et la multiplication des plans, mais en demeurant toujours lisible et logique. Les sources d’images sont innombrables et originales (vision à travers la lunette du fusil du tueur, par les caméras de télévision, au cœur de la foule, plongées, contre-plongées, etc.). L’ambiance de fin du monde entre hystérie 70’s et sabbat primitif inonde l’écran. Et au cœur de ce maelstrom se dénoue l’une des plus tragiques histoires du cinéma. Le Phantom sauve sa bien-aimée, démasque l’associé du démon et y laisse la vie. Le tout en une poignée de minutes d’une densité formelle et émotionnelle jamais égalée. 

 

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- Pulsions (Dressed to kill) par Laurent Pécha

Ayant laissé mes petits camarades choisir en premier, le choix commençait à se réduire quant à trouver sa scène culte. Mais l’avantage avec De Palma, c’est qu’il y a toujours du rab. Et hop, Pulsions oublié, me voilà avec l’un des fleurons du cinéaste regorgeant de séquences fascinantes. Alors, le meurtre au rasoir dans l’ascenseur, concentré de suspense éblouissant ou la poursuite onirique et sensuelle dans le musée ? Le trouble plus que la violence ce coup-ci, pour ce qui est une des plus belles scènes du réalisateur.

 

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- Body double par Nicolas Thys

Trop souvent occultée la dimension romantico-kitsch est très présente dans l'œuvre de Brian De Palma (voir également l'ouverture de Carrie) et culmine dans cette séquence d'un maniérisme absolu où ce couple improbable tournoie sur lui-même. Renié par le cinéaste lui-même, ce morceau aussi brillant que ridicule mérite pourtant le détour car il insiste plus qu'aucun autre sur son amour de l'artifice affiché et sur son goût extrême pour l'emprunt, la reprise et le cliché. Finalement, ce n'est que du cinéma, le mécanisme voyeuriste par excellence, et après 80 ans de transparence forcée il peut enfin s'afficher comme tel.  

 

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Carrie au bal du diable (Carrie) par Sandy Gillet

Une jeune fille découvre avec effroi sous la douche sa féminité nouvelle. Le sang qui s'écoule entre ses cuisses et ses doigts est un premier rappel de ce que sera la fin pleine de fureur en forme d'acceptation libératoire de ce qu'elle toujours voulu nier. Carrie ou le rite de passage de l'enfance à l'adolescence.

 

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- Scarface par Flavien Bellevue

Véritable icône de toute une génération (de rappeurs entre autres), Scarface accumule des scènes mémorables d'une violence extrême propre aux années 80. La dernière scène du film contient l'essentiel du personnage (pouvoir, argent et quelques grammes de yayo - cocaïne -) porté par un Al Pacino au sommet de son art qui rejaillira dix ans plus tard, toujours avec Brian de Palma, dans le non moins célèbre L'impasse. « Say Hello to my little friend ! ».

 

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- Snake Eyes par Ilan Ferry 

Tel un Alfred Hitchcock au meilleur de sa forme, Brian De Palma démontre une fois de plus sa maestria via un véritable tour de force cinéphilique destiné à faire apparaître une multitude de détails cruciaux à l’intrigue. De par ce tour de force, le cinéaste met en exergue la thématique du faux semblant jusque dans son procédé (un vrai/faux plan séquence) et nous plonge d’emblée dans une action vécue de l’intérieure. Modèle de fluidité narrative et technique, l’ouverture de Snake Eyes tient une place de choix au panthéon des scènes anthologiques pondues par De Palma.

 

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- L'Impasse (Carlito's way) par Vanessa Aubert  

L'une des premières scènes fortes du film qui synthétise le talent de mise en scène de De Palma. L'utilisation de la profondeur de champ, les regards multiples (je t'ai vu, tu m'as vu, tu n'as pas vu que je t'ai vu), la tension optimisée par la musique, le double langage...Tout est posé pour faire monter la sauce et Pacino gère le tout en pacha. On sait que ça va se passer mais on est bluffé par ce tour de magicien qui se passe sous nos yeux. Grandiose.

 

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- Mission : impossible par Thomas Messias

Chacun ses obsessions : l'une des miennes est le Mission : impossible de Brian de Palma, grand spectacle dissimulant habilement la perversité totale qui l'habite. Pas étonnant donc qu'après avoir choisi ce film pour le classement des meilleures scènes de Tom Cruise, j'opte pour la carte du bis repetita en reprenant non seulement le même film, mais également la même scène. Emblématique de ce qui est depuis devenu une saga, il s'agit du moment incontournable où Tom Cruise descend en rappel pour accéder à une salle ultra sécurisée. Si la suffisance est l'une des caractéristiques majeures du réalisateur, il fait preuve ici d'une retenue remarquable pour livrer une pure leçon de mise en scène en même temps qu'un instant suspendu, haletant et bêtement brillant. On a beau connaître par coeur le découpage de la scène, la durée et la composition de chacun des plans, on est à cueilli à chaque fois. Outre le plaisir immédiat qu'elle procure, la séquence agit également en parfait révélateur d'un film décrivant à merveille l'excès de confiance et le doute. Sous le joug déviant du pervers pépère De Palma, Mission : impossible a complètement laissé de côté son statut premier de série gentillette.

 

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- Sœurs de sang (Sisters) par Lucile Bellan

Plus qu’une scène, ou qu’un film, c’est tout un pan de la filmographie de Brian de Palma qui a marqué ma vision du cinéma : même avant d’avoir vu les films, j’avais des photos découpées dans des magazines de Sœurs de sang ou Carrie. J’imaginais Body double à travers la prose de Brett Easton Ellis. Sœurs de sang sort pourtant du lot et je revois quand j’y repense par flashs, un gâteau d’anniversaire kitsch, un couteau disproportionné et une femme en furie (un peu à la manière de l’attaque de la « mère » dans Psychose). Une claque au premier visionnage et la découverte d’une violence à la fois brute et artificielle. 

 

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- Body double par Vincent Julé

Œuvre mineure pour beaucoup, Body Double est pourtant un condensé, une synthèse de De Palma, et reste un film atypique, unique, riche. Faux remake de Fenêtre sur cour, le baiser tournoyant, la danse lascive de Melanie Griffith, Frankie goes to Pornlywood, un whodunit tellement con qu'il en devient jouissif... puis cet Indien, cette perceuse et cette mise à mort aussi trash que drôle !

 

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- Outrages (Casualties of war) par Stéphane Argentin

En un seul plan à la virtuosité technique surréaliste (un premier et un arrière-plan tous les deux nets), Brian De Palma exacerbe toute la primitivité de la nature humaine : son appétit insatiable pour la chair et le sang. Une séquence dont le génie visuel n’a d’égal que la dramaturgie qu’elle souligne. 

 

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La Rédaction22/02/2008 01:54 par La Rédaction

Brian De Palma - Ses meilleures scènes

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