••• Tim Burton : ses meilleures scènes
A l’occasion de sa résurrection morbide et « en chanté » avec Sweeney Todd, retour sur la filmographie de Tim Burton. Au fil de quelques scènes marquantes de ses œuvres, voici le portrait d’un réalisateur à la fois à son aise à Hollywood et forcément marginal. En une vingtaine d’années, il a imposé des thèmes difficiles, une violence déviante et un humour des plus noirs. Dessinateur et animateur de formation, Burton est un génial ciseleur d’images et quelques unes des plus inoubliables vous attendent ci-dessous. Retrouvez les extraits vidéo en cliquant sur les photos.
Le plus beau des contes de Tim Burton s'avère remarquable par sa capacité à faire cohabiter le merveilleux le plus cristallin avec l’étrange banalité du quotidien. Le réalisateur défigure de manière improbable ses deux acteurs (Depp en clown triste issu d’un clip de Cure et la très brune et rock'n'roll Winona Ryder en blonde angélique). Pour la séquence où cette dernière danse sous les éclats de glace de la sculpture d'Edward, il demande à son compositeur fétiche (Danny Elfman) d’imiter soigneusement Tchaïkovski. Puis il fait glisser ses images sur des cadrages doux et un montage suave. En surgit la plus gracieuse scène de sa filmographie.
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Depuis le début, Tim Burton n’a jamais caché son affection pour la comédie musicale, ou du moins pour l’adéquation entre partition et images. Sa collaboration avec Danny Elfman (ancien rockeur new-wave et touche-à-tout) ne pouvait aboutir qu’à cette fusion complète entre univers visuel inimitable et débauche lyrique ludique. L’animateur Henry Selick se dévoue pour assurer l’aspect technique complexe, mais le résultat n’appartient qu’à Burton et Elfman. A l’image de l'ouverture avec This is Halloween, qui résume à elle seule toute l’œuvre du réalisateur.
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Possible chef-d’œuvre de Tim Burton, Batman le défi regorge de scènes mémorables. De la résurrection de Catwoman au Pingouin motivant ses troupes, en passant par la violence du dernier quart d’heure, le film est le plus impressionnant des blockbusters malades. Mais pourquoi ne pas nous tourner vers ce brillant instant d’érotisme SM qu’est le face à face entre Selina Kyle et Oswald Cobblepot ? Michelle Pfeiffer (dans, forcément, son meilleur rôle) fait craquer sa seconde peau brillante et lacérée, avant d’avaler le petit oiseau de son interlocuteur. Danny de Vito, grassement libidineux, en profite pour menacer la minette de la belle, avec la lame acérée de son parapluie. La métaphore n’est pas forcément subtile, mais sa mise en scène est jouissive.
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Quand le plus grand se penche sur le plus petit, en surgit l’une des œuvres les plus justes sur le cinéma. Cruel dans sa démonstration (la passion ne garantit pas le talent) et chaleureux dans sa tendresse (l’émerveillement assure la postérité), Ed Wood fait beaucoup rire avant d’émouvoir. Le résumé du tournage de Plan nine from outer space (souvent reconnu comme le pire film du 7e art), vu par les yeux d’un Johnny Depp en transe, est l’hommage le plus paradoxal à la création artistique.
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Le film de genre horrifique selon Burton se conçoit dans le faste et l’abondance. Gros décors, beaux costumes, beaucoup de violence et une richesse scénaristique qui ne trouve pas forcément le temps de se développer. Peu importe, du moment que l’ivresse est présente. A l’exemple du combat entre le cavalier sans tête et Ichabod Crane sur une diligence en furie.
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C’était le temps du système D, des maquillages à l’ancienne et des trucages image par image. L’aspect bricolé de Beetlejuice assure son charme intemporel (ce qui est aussi valable pour le happening slapstick de Pee Wee). Au milieu de la fête foraine, Michael Keaton s’en donne à cœur-joie, en particulier lors de son surréaliste ramdam final.
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L’une des blagues les plus onéreuses (et l’un des plus gros bides) de l’histoire récente d’Hollywood, Mars Attacks ! se conçoit comme une parodie jusqu’au-boutiste du blockbuster. Rien n’est pris au sérieux, ni les destructions massives, ni les millions de morts, ni les héros, ni les monstres. Dans une belle prophétie de notre époque post 11 septembre, Burton décapite le film catastrophe. Et en profite pour remettre cruellement à sa place la démocratie selon l’Amérique, en offrant à Jack Nicholson un discours lyrique face aux chefs des martiens. Dont la conclusion demeure un sommet de politiquement incorrect.
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Selon la vision burtonienne du monde, les gentils n’ont que peu d’intérêt. Fades et prévisibles, souvent ennuyeux au possible, ils ne sont bons que pour faire de la figuration (comme dans la Planète des singes) ou pour mettre en valeur les véritables héros : les méchants, les ambivalents, les torturés magnifiques. Dans le premier Batman on ne voit que lui, le Joker, livré aux mains d’un Nicholson le nez dans le guidon. Le moment culte et transgressif demeure sa destruction du musée de Gotham, aussi drôle que funky (Prince à fond dans le ghetto blaster).
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A mi-chemin entre Disney (que Burton a si longtemps conchié) et la douce perversion qui lui est si chère, Charlie et la chocolaterie cherche souvent sa voie entre grosse blague (la parodie de 2001, lourde à souhait) et expérimentation timbrée (Johnny Depp, qui rode sa capacité à pirater les blockbusters par son seul abatage). Bizarre, bizarre, comme le prouve la première apparition de Willy Wonka, au terme d'un spectacle foireux de marionnettes glaçantes.
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Tim Burton change de compagne, devient papa et s’offre une bonne crise de la quarantaine. A nouvelles responsabilités, nouvelles thématiques, quitte à ce qu’elles soient en totale contradiction avec tout le reste de son œuvre. Sorte d’antithèse de Edward aux mains d’argent, Big Fish réserve des scènes qui rappellent le sens poétique de l’auteur. La plus belle d’entre elles est sans doute l’instant où le temps s’arrête lorsque Ewan McGregor croise le visage de sa future épouse.
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Rejeton à peine caché de l’Etrange noël, les Noces funèbres est une luxueuse récréation. Burton y décline ses thèmes (visuels et narratifs) avec une désinvolture ludique. Rien de bien neuf dans le cimetière, si ce n’est une poignée de plans sublimes, à l’image de la résurrection de la mariée défunte.
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Grand retour à la noirceur pour Tim Burton, Sweeney Todd est la perle que l’on n’osait plus espérer. Petite révolution de trois genres en même temps (le film d’horreur, la comédie musicale et, encore, le blockbuster hollywoodien), cette histoire de vengeance redonne vie au gothique drôle et tourmenté. Graine de film culte, dont les fans connaîtront bientôt les chansons par cœur et ne cesseront plus de singer le look des acteurs, Sweeney Todd est un tour de force de réalisation. Mais s’il ne fallait retenir qu’une scène, l’évidence tombe sur le plan final, rien de moins que sublime. Impossible à dévoiler, bien sûr, mais immédiatement inoubliable.
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- Batman - Film
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- Edward aux mains d'argent - Film
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- Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête - Film
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- Noces funèbres de Tim Burton (Les) - Film
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- Sweeney Todd - Film
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LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!| 25/01/2008 16:11 par M'sieur Jean Et puis merde, tout le début quoi. Elfman m’achève à chaque fois dès le 10 premières secondes du film.
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| 25/01/2008 16:10 par M'sieur Jean Dans Batman returns j’ai longtemps trippé comme un dingue sur la scène du cimetierre. Le décor studio, la lumière, la zique, le grotesque, c’est juste parfait.
Avec le recul la naissance de Catwoman est sans doute effectivement la scène la plus mémorable du film.
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| 25/01/2008 16:06 par Jean-Noël Nicolau Ma number one serait quand même probablement dans Edward (et probablement la toute dernière ou le “hold me. I can’t” avec le flashback de la mort de l’inventeur).
Sinon ça serait le “pas de happy end” dans Batman Returns (et la naissance de Catwoman aussi :bav:)
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