••• Comédies polissonnes chez BAC Vidéo


13 jan 2008 Par Ruggero di Notte

La comédie polissonne italienne des années 70 est un genre méconnu de ce côté des Alpes, mais demeure le sommet populaire du cinéma de nos voisins. Vaguement imité dans nos contrées, on ne le connaît finalement que par l’exil d’Aldo Maccione, qui fit découvrir le style sur le tard en France. Les autres grands noms demeurent quasi inconnus, à part, à la limite, la généreuse Edwige Fenech. L’éditeur BAC Vidéo tente courageusement de satisfaire la curiosité des cinéphiles en éditant 4 coffrets de deux films chacun, regroupant ainsi 8 incunables. Annoncées par des titres aussi évocateurs que l’Infirmière du régiment, la Prof donne des leçons particulières ou la Flic de la police des mœurs, ces œuvres naviguent entre érotisme très soft et comédie très grasse. Parfois proches du surréalisme dans l’accumulation de bêtises improbables, ces curiosités ne font pas dans la dentelle et l’amateur devra s’y aventurer conscient des dégâts que son bon goût risque de subir. Mais, une fois les appréhensions dépassées, ces perles, aux qualités inégales, peuvent révéler de grands moments de drôlerie, au premier (très rare) ou au millième degré (plus fréquent).

Nous évoquons ci-dessous les coffrets 1 et 3 de la collection.

 

 

 
 

Tous les films sont un peu restaurés et l’on gagne effectivement à tous les niveaux. Le point de comparaison demeurant les vilaines VHS des vidéo-clubs de notre jeunesse, on est assez séduit de prime abord par la définition et la tenue des couleurs. Mais tout est relatif, mouchetés de points blancs et de défauts photographiés, encore très instables, les films n’ont pas bénéficié d’une mise à jour soigné. Pas d’illusion à avoir, à notre époque de haute définition, on pourrait qualifier ces copies de médiocres. Mais pour de telles œuvres, ce n’est déjà pas si mal. Niveau son c’est la même chanson, en VO et en VF. Correct mais sans éclat, avec encore un peu de souffle et des variations de volume. Chaque film débute par une présentation de 5 minutes par l’incontournable Christophe Lemaire.

 


 

Auréolée d’un statut d’œuvre culte dans le milieu des amateurs de nanars hardcore, l’Infirmière de nuit est une comédie très représentative du genre. Sa réputation de monument déviant provient surtout d’une seule scène : l’incroyable chanson de la très jolie Gloria Guida, peu avant la fin du film. La belle blonde se lance soudain dans une variation, particulièrement atroce, du Spacer de Sheila, qui lui permet de révéler une voix hideuse, totalement en décalage avec son personnage de bombe sexuelle. Cette scène, prodigieusement (et involontairement) drôle, est sans doute l’un des sommets de la comédie italienne des années 70. Le film est par ailleurs relativement recommandable, vu le quota raisonnable de plans sur les seins émouvants de Gloria Guida.

 

 

A classer dans le haut du panier du genre, l’Infirmière du régiment s’avère par moments presque drôle tant les gags sont objectivement consternants. Une telle affirmation est paradoxale, mais résume bien le problème soulevé par les comédies polissonnes italiennes. Pas franchement érotique, le film est un énième festival Lino Banfi, dont l’abatage s’avère surhumain (le Jim Carrey de Ace Ventura est une référence de sobriété en comparaison). Un vague scénario vient se greffer sur une œuvre qui culmine à nouveau sur un terrifiant intermède disco qui vaut à lui seul le coup d’œil.

 


 

La Prof du bahut fait passer nos Sous-doués hexagonaux pour du Bergman. Accumulant les gags laborieux et les situations gentiment scabreuses, le film vaut surtout pour la beauté un peu lasse de Lilli Carati. Pour le reste, le quota de plans dénudés et de comique effroyable est bien respecté. A essayer pour savoir une bonne fois pour toutes si vous êtes conçu pour la comédie italienne ou si vous pouvez sagement passer votre chemin.

 


 

Malgré son titre prometteur, la Prof à la plage est proche du degré zéro de la polissonnerie. Il s’agit, comme souvent, d’un quasi one man show de Lino Banfi qui se donne corps et âme au burlesque le plus régressif et masochiste. On aura brièvement le temps d’apercevoir la blonde Anna Maria Rizzoli, même si celle-ci se montre moins généreuse (dans tous les sens du terme) que la plupart de ses collègues du genre.

 

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La Rédaction14/01/2008 01:41 par La Rédaction

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