••• Eric Rochant (L'Ecole pour tous)
| Tweet |
|
Après six ans d'absence, Eric Rochant nous revient avec un nouveau film, L'Ecole pour tous, comédie sans prétention autre que de divertir. L'occasion de revenir avec l'intéressé sur une carrière qui a connu son point d'orgue en 1993 avec Les Patriotes, l'un des plus grands films enfantés par le cinéma français au cours de ces vingt dernières années. À l'heure d'affronter la dure loi d'un box-office (l'entretien ayant eu lieu trois jours avant la sortie du film) qui s'obstine à ne plus lui être favorable, Eric Rochant semble heureux et serein. En résulte un moment privilégié avec un cinéaste d'exception, trop longtemps resté dans l'ombre.
Etant donné que vous avez souvent eu des problèmes avec les titres de vos films (Aux yeux du monde s'appelait en premier lieu L'autocar et Total western, La Ferme), est-ce que L'Ecole pour tous est bien le titre original ?
Oui, je l'ai choisi une fois le scénario écrit. Il a été plutôt bien
accueilli, c'est un titre à double sens, plutôt ironique qui colle bien
au film.
Pour aller dans le sens du titre, est-ce qu'il y a un cinéma pour tous ?
Oui, cela existe. Il y a des films que tout le monde adore. Au moment
où les films sortent, le jugement des gens peut être altéré par des
considérations d'actualité, de positionnement. Un film comme Les Patriotes,
a été bizarrement accueilli, très bien par la critique, descendu lors
de son passage au festival de Cannes. L'accueil public n'a pas été bon
parce que le film n'a pas eu une exposition énorme et en plus les gens
avaient peur d'aller le voir en pensant d'un côté que c'était un film
pro sioniste et de l'autre que c'était un film pro palestinien. Et
maintenant les gens s'accordent à dire que c'est dommage qu'il n'est
pas eu une carrière plus importante. C'est vrai que le jugement
contemporain est souvent étrange mais il y a des films qui arrivent à
faire l'unanimité pour eux. Le cinéma américain arrive plus facilement
à donner à manger à tout le monde. Est-ce que c'est le but implicite de
chaque cinéaste ?
Justement, est-ce le vôtre ?
Mon but personnel, c'est de faire des films de telle sorte que je
puisse continuer à en faire. Donc, forcement, il faut que mes films
soient vus. S'il y en a un qui n'est pas vu, il faut que celui d'après
le soit.
Une pression alors pour L'Ecole pour tous puisque les deux derniers ont été des fours commerciaux ?
Effectivement, un peu mais d'un autre côté, ce n'est pas un film très cher.
Sachant que vos derniers films ont été sabordés au niveau de leur sortie (NDR/ Total western, lâché par son distributeur, était sorti en catimini en juillet 2000), êtes-vous satisfait de la manière dont L'Ecole pour tous a été « vendu » ?
Oui. Le distributeur croit beaucoup dans le film. Il pense que c'est
une comédie qui fait rire un peu tout le monde, qui peut donc être
assez populaire. Le sujet sur l'école est un sujet assez porteur.
Sur le thème du film, certains vous reprochent d'avoir dressé un
portrait trop caricatural du monde de l'éducation nationale. On
retrouve là les mêmes reproches que l'on vous avait faits à l'époque de
Vive la République.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'aspect soi-disant
caricatural du film. Dans une comédie, on force forcément le trait des
personnages. Et puis, on a tous eu des profs identiques à ceux qui sont
décrits dans L'Ecole pour tous.
Et même en pire ! C'est plus une question de choix. Pourquoi j'ai
choisi ces profs là ? Je fais une comédie donc forcément je ne vais pas
choisir des personnages qui n'ont pas de couleurs. Un prof dépressif
comme celui joué par Vincent Desagnat, j'en ai connu.
Alors que les comédies ne sont pas forcément le lieu pour s'essayer à une mise en scène travaillée, on sent tout de suite dans L'Ecole pour tous, le côté Rochant méticuleux qui soigne ses mouvements de caméra, ses plansÂ…Cela renvoie à votre commentaire audio présent sur Aux yeux du monde où vous expliquez nottamment avoir eu besoin de recréer un faux car en studio pour pouvoir déplacer la caméra à votre guise
J'ai eu le même point de vue pour L'Ecole pour tous.
À la place de l'autocar, c'était une salle de classe, le décor
principal du film. Je ne pouvais pas m'imaginer tourner dans une vraie
salle. Dans une salle de classe, il n'y a pas de recul. J'aurai été
obligé de filmer en fonction des quatre murs de la salle. Je n'aurai
pas pu choisir mes focales et faire les mouvements que je voulais. Je
n'aurai donc pas pu filmer avec la liberté souhaitée. Mais comme c'est
un film avec un budget modeste, on a du trouver un moyen de tourner en
studio sans être en studio. Donc, on a reconstitué la salle dans le
gymnase du collège. J'étais donc libre de mon filmage, sans être
contraint par le décor.
Ce qui est amusant, c'est que toute cette recherche méticuleuse
pour filmer tel que vous estimez devoir le faire, ne se voit pas pour
la majorité de spectateurs. On a envie dire tout ça pour çaÂ…il ne
serait pas un peu trop méticuleux le Rochant ?
D'abord, tourner uniquement avec les conditions naturelles, que ce soit dans le car pour Aux yeux du monde ou dans la salle de classe pour L'Ecole pour tous,
cela aurait donné un résultat laid visuellement. J'ai des exigences de
style. J'ai du mal à voir des films laids. Il faut que le film ait une
certaine tenue. Pour L'Ecole pour tous, je n'avais pas
envie de faire un film dépressif ou sordide. Cela exigeait une certaine
qualité technique. En plus, comme il y avait beaucoup de séquences dans
la classe (une dizaine), j'avais besoin de briser la monotonie des
plans. Cela demande une liberté.
D'habitude, vous avez la réputation de demander des jours de
tournage en plus et de les obtenir. Sur celui-ci, vous en avez demandé
?
J'ai demandé mais j'étais conscient des contraintes économiques. Je
n'ai pas abusé. En fait, j'ai demandé juste deux choses avant même de
tourner, sans quoi je n'aurai pas fait le film. Premièrement, pouvoir
filmer en studio. Deuxièmement, avoir un gros casting pour trouver les
bons enfants.
Justement, quand on voit vos films, on aurait presque envie de
dire Eric Rochant, l'ami des enfantsÂ…D'ordinaire, les réalisateurs
disent ne pas aimer tourner avec les enfants. Alors que vous, vous avez
toujours de bonnes expériences avec eux que ce soit sur Aux yeux du monde, Total western et maintenant L'Ecole pour tous.
J'étais moniteur dans des colonies de vacances plus jeune. J'ai des enfants (NDR
/3 filles). C'est peut être ça. J'ai un côté pédagogique. J'ai un
rapport facile avec les enfants, j'arrive à établir un contrat moral et
artistique avec eux sur ce film. Je n'ai jamais eu de difficultés avec
eux. Je leur ai fait comprendre que c'était du travail, qu'il fallait
qu'ils me fassent confiance. Et en échange, je leur promettais un
résultat dont personne n'aurait honte.
Concernant le choix de votre interprète principal : pourquoi Arié
Elmaleh alors que vous aviez écrit le scénario pour quelqu'un de petit (NDR
: Arié étant très grand). Comment avez-vous fait pour adapter votre
scénario à sa taille, notamment dans la séquence d'ouverture où il est
obligé de jouer les contorsionnistes pour entrer dans un déguisement de
mémé.
Cela a été un enfer. Quand j'ai choisi Arié, j'ai tout de suite pensé à
cette scène inaugurale. Ce fut un casse tête technique. Pour revenir
sur le choix d'Arié, ce sont les producteurs qui me l'ont proposé. Pour
moi, Arié, c'était quelqu'un qui avait joué dans Chouchou
un rôle que l'on remarquait. Par rapport à ses pubs SFR, il a un charme
fou, il est très contemporain et a une candeur dans le visage. J'aimais
bien le mélange entre ce côté un peu innocent et son potentiel comique
burlesque. Le personnage devait être comme ça. Il avait besoin d'être
victime de son imposture.
N'avez-vous pas eu peur que certains vous disent « il n'a pas eu Gad Elmaleh alors il a pris son frère ».
Je n'ai même pas imaginé lui proposer le rôle puisque Gad est trop
vieux, il a 40 ans. Cela ne marchait pas pour moi. Déjà Arié était
limite trop vieux. En plus, ils sont très différents, ils n'ont pas du
tout le même registre. Arié n'est absolument pas un ersatz de Gad.
Il y a une constance dans vos films, c'est la manière dont tout
ou presque repose avant tout sur le personnage principal et masculin de
surcroit. Un monde sans pitié sans Hippolyte Girardot, c'est quoi, Aux yeux du monde
sans Yvan Attal idem. En vous écoutant sur le commentaire audio de ce
dernier, vous mentionnez pourtant quelques désaccords avec Yvan.
C'est vrai ce que vous dites. Mais le recul avec Yvan, je l'ai eu tout
de suite. Je me suis rendu compte qu'on faisait fausse route sur
certaines séquences spécifiques. Alors que je suis assez fier du
travail que j'ai fait avec Arié.
Vous l'avez peut être plus écouté qu'Yvan puisque vous mentionnez qu'Yvan avait sans doute raison sur Aux yeux du monde. Une certaine maturité.
Oui sûrement. Je suis très directif mais avec l'âge et l'expérience, je suis devenu plus souple.
Peut être aussi qu'à l'époque d' Aux yeux du monde, vous sortiez du succès énorme d'Un monde sans pitié alors qu'aujourd'hui, vous avez derrière vous plusieurs films qui n'ont pas marché. Un peu plus d'humilité peut être ?
C'est possible. Je suis sûrement plus à l'écoute. À l'intérieur d'une
direction assez forte, je suis plus à l'écoute du comédien.
Où en êtes-vous de votre projet Resistantes (le casting était déjà bouclé avec Kristin Scott Thomas, Cécile de France, Virginie Ledoyen et Marie Gillain) ?
J'y crois à condition que personne ne le fasse avant moi. C'est un film
ambitieux. Malgré le casting et des débuts de financements
intéressants, cela ne s'est pas fait parce que Canal n'y a pas cru et a
refusé.
Peut être est-ce du au fait que ce projet provient du mec qui a fait Les Patriotes. Les financiers ont peut être peur de Rochant, peur qu'il leur fasse Les Patriotes 2 ?
Il y en a qui aimeraient bien que je leur fasse Les Patriotes 2. Cela aurait pu être un argument.
Pourquoi Alain Rocca ne produit plus Eric Rochant (tous les précédents films du cinéaste l'ont été) ?
On s'est séparé d'un commun accord après Total western.
Après plusieurs échecs, chacun a voulu aller voir ailleurs. Notre
relation n'était plus constructive, elle fonctionnait plus sur
l'angoisse que sur l'enthousiasme. On avait l'impression que le
prochain film que l'on ferait, serait pour pallier l'échec du
précédent. Le dialogue entre le réalisateur et le producteur est là
pour nourrir le film la plupart du temps. Le dialogue que l'on avait
sur Total western n'a pas servi le film. On en avait
conscience tous les deux et on s'est dit qu'il valait mieux arrêter là
et aller voir ailleurs. On n'a pas renoncé à travailler à nouveau
ensemble pour autant. On a beaucoup reproché à Alain d'être à ma botte
et d'être soumis à mon autorité. Ce qui a du le gêner. Concernant la
couleur du film, L'Ecole pour tous ressemble justement beaucoup aux deux jeunes producteurs.
Que pensez-vous si on vous dit que L'Ecole pour tous, c'est Vive la République en réussi ?
L'idée que L'Ecole pour tous soit le pendant positif de Vive la République, je veux bien le croire. Vive la République était un peu alourdi par son thème alors que justement pour L'Ecole pour tous
qui pouvait avoir le même défaut, j'ai fait attention. À l'époque, j'ai
essayé de dire quelque chose, j'ai essayé d'avoir un discours
politique. Après le dosage, ce fut compliqué. Sur L'Ecole pour tous, j'ai tenté de corriger mes erreurs du passé.
Revenons sur l'épisode douloureux de Total westernÂ…
Les distributeurs n'ont pas cru du tout au film. Il avait pourtant fait
un premier mercredi honnête mais après ils l'ont abandonné. Ils
n'aimaient pas du tout le film. Je ne pouvais rien faire.
Ce qui est paradoxal, c'est à quel point vous êtes méticuleux sur le
tournage et à quel point vous semblez vous désintéresser de la vie de
vos films après. Vous ne sollicitez pas les éditeurs de DVD par exemple
pour que vos films aient le droit à de belles éditions (NDR : Les Patriotes, superbe édition DVD étant du à l'initiative de Gaumont)
Je ne suis pas une génération DVD et vidéo.
Pourtant quelqu'un comme Kubrick aimait contrôler tout.
Oui, mais je ne suis pas visionnaire comme lui (rire). Je ne fais pas
attention. Je n'ai pas le réflexe DVD. Alain Rocca n'a pas non plus
cette culture là. Encore aujourd'hui, j'ai du mal à dépenser mon
énergie pour que mon film soit bien présenté en DVD. Il faudrait que je
le fasse, c'est vrai.
Avec le recul,comment expliquez-vous l'énorme succès d'Un monde sans pitié ?
C'est toujours une énigme pour moi. Je peux comprendre qu'il y ait eu
des audaces dans le film mais je pense qu'il y a autant d'audaces que
de maladresses. Je pense que le film est lié à une situation du cinéma
français à l'époque. Je me rappelle pourquoi j'ai fait Un monde sans pitié.
J'étais très énervé des films sur la jeunesse. Je n'étais pas satisfait
de la façon dont on parlait de moi. Ce n'était que des mensonges,
c'était n'importe quoi. Je me souviens du film d'Olivier Assayas, Désordre.
Il y avait une volonté d'arrêter de dire des conneries et ça a
fonctionné. Je pense que le film a quand même vieilli. Il y a deux
trucs qui m'énervent sur Un monde sans pitié : d'une
part la musique qui est un peu lourde, même si je voulais une BO qui
fasse très film, et d'autre part la manière dont est habillée Mireille
Perrier. C'est une catastrophe absolue. Même mes propres filles m'ont
dit que je devais être bourré le jour où j'ai choisi les costumes de
Mireille.
D'où vous est venue l'idée de la séquence où Hippolyte Girardot fait
croire à Mireille Perrier qu'il est capable d'éteindre la Tour Eiffel
en claquant dans ses doigts ?
Tout simplement, j'habitais une chambre de bonne où je voyais au loin
la Tour Eiffel s'éteindre chaque soir. C'était toujours un événement,
un peu comme si cela arrivait uniquement pour moi.
Est-ce que Eric Rochant se retrouve, s'identifie aux personnages principaux de ses films ?
Hippolyte Girardot, un peu. C'était le mix de plusieurs copains à moi.
C'était aussi un peu un fantasme, un héros des temps modernes. Pour les
autres films, ce n'est pas vraiment la même chanson. Etre Yvan Attal
dans Aux yeux du monde (un déséquilibré qui détourne un bus scolaire pour aller retrouver sa chérie), ce n'est pas du tout un fantasme (rire).
Aux yeux du monde, c'est Un après midi de chien à la française ?
On peut le dire comme ça. Attal, c'est un imposteur dans le film, il
n'est pas crédible. Pour faire peur, il fallait qu'il soit dingue. Il y
avait un dosage à trouver et je pense que plusieurs fois, on dépasse le
niveau d'irritation. Je comprends qu'Yvan ait émis des doutes sur le
fait qu'il criait trop dans certaines séquences. Il avait raison.
J'aime le cinéma américain des années 70 où il y avait ces anti-héros,
très touchants.
Un monde sans pitié 2, ce serait possible ?
Ce serait trop mélancolique. Je n'ai pas encore envie de faire un film mélancolique.
Vous avez cette capacité à faire des fins ouvertes. D'où vient cette fascination ?
Là encore, du cinéma américain des années 70. J'aime faire des fins ouvertes comme ce fut le cas sur Les Patriotes. On me l'a d'ailleurs beaucoup reproché cette fin là.
Ce qui est frappant sur Les Patriotes, c'est de voir dans les bonus du DVD à quel point un film peut échapper à ses créateurs et avoir sa propre vie.
En fait, il n'y a pas de regret véritablement. On a juste eu un regret
sur le passé du personnage joué par Yvan Attal. On m'a aussi reproché
de ne pas donner les motivations du personnage et ces scènes du passé
ne l'expliquaient pas plus. De toute façon, moi, les versions longues
des films ne m'intéressent pas généralement. Je suis toujours déçu. Par
exemple, Apocalypse now
en version redux, cela n'a aucun intérêt. Le film, c'est une industrie,
il y a une vérité qui s'installe. A part les films qui ont été
massacrés à l'origine, je ne vois pas l'intérêt de proposer une autre
version que celle existante à l'origine.
Comment vous est venue l'idée des Patriotes ?
C'est l'idée de faire un film d'espionnage. Je suis un grand fan des
romans de John Le Carré et je voulais faire un film de réunions,
d'enjeux intellectuels. Un film mental. Comme le contexte de la guerre
froide n'était pas possible à l'époque (maintenant, cela serait peut
être possible du fait d'un côté nostalgique), j'ai opté pour le Mossad.
Pourquoi Yvan Attal qui n'était pas très bankable comme on dit à l'époque pour un film aussi important et ambitieux ?
Je devais un film à Yvan Attal. Il me paraissait digne de ce film.
Malgré les explications données dans l'excellent documentaire présent sur le DVD des Patriotes, on a encore du mal à comprendre pourquoi le film ne marche pas à sa sortie.
C'est autant une énigme que le succès d'Un monde sans pitié.
C'est un contexte. Ce n'est pas vraiment un film d'auteur, c'est un
film de genre mais pas un film d'action à l'américaine. D'ailleurs,
c'est pour ça que les américains ne l'ont pas acheté, ils ne savaient
pas où le mettre.
Comment on se remet d'un tel insuccès ?
On s'en remet. On trouve cela injuste. Le plus dommageable, c'est que
je cherche depuis l'autorisation de refaire un film comme ça. Je cours
après cette autorisation. Je ne désespère pas de l'obtenir.
Vous avez un petit côté le Michael Cimino français. Les Patriotes, c'est un peu votre Porte du Paradis.
C'est gentil ce que vous dites, je suis flatté. Je n'ai pas ruiné une compagnie de cinéma (rire).
Il a eu du mal Alain Rocca après Les Patriotes.
Peut être mais il a fait plein de films derrière. Ce n'était pas démesuré non plus.
Votre avis sur Munich
Le film de Spielberg ne m'a pas beaucoup intéressé. Il me pose un vrai
problème de discours édifiant. Il y a un discours forcé dans Munich, Spielberg ayant voulu autre chose qu'un film d'espionnage.
Concernant Anna Oz, comment évoquer un film que quasiment personne n'a vu
En disant que David Lynch s'en est inspiré pour Mulholland drive
(rire). C'est un film ésotérique. C'était un échec annoncé. C'est un
film incroyable mais c'est une erreur de production. C'est un film qui
n'aurait pas du naître. Mais en même temps, c'est un film beau. J'ai
fait de l'esthétique dans ce film. C'est un rêve en miroir, c'est
quelqu'un qui rêve qu'elle est à Venise et là bas, elle rêve qu'elle
est à Paris. C'est quelqu'un qui devient dingue au point de ne pas
savoir de qui elle est le rêve. Où est la vérité de quelqu'un ? Dans la
réalité ou le rêve ?
Pour revenir sur Résistantes, quelle est l'histoire ?
Il y a quatre destins parallèles suivant quatre résistantes de milieu
différent. Il y a deux qui sont des agents de liaison, une parachutiste
experte en explosifs et une chef de réseau. Cela tisse un portrait de
la résistance à travers ces quatre femmes. J'avais choisi de prendre
des femmes parce que je voulais échapper à la référence absolue qu'est L'Armée des ombres.
Si vous deviez remaker l'un de vos films ?
Total western. Il faudrait réécrire la fin. La séquence finale. Je voulais lui donner un côté Duel au soleil
mais par manque de moyens et de temps, c'est parti en couilles. Je
voulais quelque chose de sauvage mais la sauvagerie n'est pas là mis à
part lors de la séquence de la torture. J'avais en tête comme référence
le film Une fille nommée Lolly Madonna (1971) avec Rod
Steiger et Robert Ryan. Un film incroyable qui relate l'affrontement de
deux familles de bouseux américains et qui se termine en carnage
monstrueux.
Votre film préféré en 2006 ?
Miami Vice. J'adore Michael Mann. Le plus beau film de ces 15 dernières années, c'est Révélations. Sous réserve du charisme des acteurs, Miami Vice, c'est presque à la hauteur de Heat. Qu'on m'écrive Miami Vice, je le fais (rires).
Les 5-6-7 films préférés d'Eric Rochant ?
Il était une fois l'Amérique (même si la fin est ratée). Révélations. Eyes wide shut. Apocalypse now. Raging Bull, Voyage au bout de l'enfer et L'Impasse.
Pas de films français ?
Dans la liste de mes 100 films, il y en aura. Il y a des films de Melville, de Becker, de Renoir, un film de Pialat, Le Mépris de Godard.
Concernant les réalisateurs ?
Le plus fort actuellement, c'est Michael Mann. Il est enthousiasmant
car vu le cinéma que j'aime, vu mes références, je pourrai être déprimé
actuellement, mais heureusement grâce à lui, ça continue, le flambeau
est donné, c'est moderne. Ce n'est pas du cinéma retro ni à l'ancienne.
Il a réussi à trouver son style avec Révélations, il ne l'avait pas encore dans Heat.
Votre casting de rêve ?
J'adorerai faire un film avec Nicole Kidman. J'aime beaucoup Natalie
Portman et Anne Hathaway (rire). J'ai un petit faible pour elle. Chez
les acteurs américains, Benicio Del Toro, il a quelque chose. Chez les
français, j'aimerais beaucoup travailler avec Cécile de France, Audrey
Tautou. En général, les castings des films de Klapisch, j'aime bien
(rire). Romain Duris également. Il prend des bons acteurs. J'aimerai
bien faire une comédie avec Jamel. J'adore Gad aussi, c'est le Yves
Montand contemporain. Il a le talent de music-hall.
J'aimerai bien faire le remake de Certains l'aiment chaud avec Gad et Jamel.
Et pour Marilyn, vous prenez qui ?
Il y a plusieurs possibilités (il hésite). Il n'y a pas d'équivalent de
nos jours à Marilyn. L'anglaise de Klapisch (Kelly Reilly) est
intéressante. Elle a quelque chose. SinonÂ…(il hésite encore)Â…on n'a
qu'à prendre un mec (rires).
Propos recueillis par Laurent Pécha.
Merci beaucoup à Eric Rochant pour sa disponibilité.
Remerciements à BCG
LIENS SPONSORISEÉ
CECI PEUT AUSSI VOUS INTÉRESSER
LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!21/10/2006 05:51 par La RédactionEric Rochant (L’Ecole pour tous)Vous pouvez discuter ici de l’article Eric Rochant (L’Ecole pour tous).
Cliquez ici pour lire l’article complet : http://www.ecranlarge.com/article-details-731.php
LIRE LA SUITE |
Les encheres
- Combo Blu-ray + DVD La belle et le clochard
- Blu-ray + DVD Dead Heads
- Blu-ray + DVD La guerre est déclarée
- Blu-ray + DVD Présumé coupable
- Combo Blu-ray + DVD Cowboys & envahisseurs
TOUTES LES ENCHERES
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
À VOUS DE JOUER:
- Quiz du 03 fév. 2012
- Quiz du 02 fév. 2012
- Quiz du 01 fév. 2012
- Quiz du 31 jan. 2012
- Quiz du 30 jan. 2012
TOUS LES QUIZ
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
Les News
Newsletter
Les critiques cinema
- Adieux à la reine (Les)
- Recherche bad boys désespérément
- JC comme Jésus Christ
- Go Go Tales
- Forçats de la gloire (Les)
- Zarafa
- Folles inventions de M. Bricolo (Les)
- Fleurs du mal
- Au pays du sang et du miel
- Vérité si je mens ! 3 (La)
- Fric-frac
- Tucker & Dale fightent le Mal
- Elles
- Another happy day
PLUS DE CRITIQUES
Les tests DVD/Blu-ray
- BR - A serbian film
- BR - Blackthorn
- DVD - Amour chante et danse (L')
- DVD - Femme et le pantin (La)
- DVD - Fils d'Ali Baba (Le)
- DVD - Singapour
- DVD - Story of G.I. Joe
- BR - Drive
- DVD - We need to talk about Kevin
- BR - Belle et le Clochard (La)
- BR - Ward (The) - L'hôpital de la terreur
- BR - Quatrième dimension (La) - Saison 2
- BR - Mystères de Paris (Les)
- BR - Masque de fer (Le)
PLUS DE TESTS DVD/BLU-RAY


