••• Conférence de presse Vin Diesel
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Deauville,
mercredi 6 septembre. Une chaleur étouffante règne sur la station
balnéaire normande accueillant depuis 31 ans le festival du film
américain. Dans le barnum à conférence jouxtant le C.I.D., une centaine
de journalistes attendent l'arrivée de la star Vin Diesel pour
promouvoir son contre-emploi réussi dans Jugez-moi coupable
de Sydney Lumet. Une demi-heure plus tard, Vin apparaît, boule à zero,
T-Shirt à manches courtes laissant poindre d'impressionnants biceps,
lunettes de soleil voyantes : on se croirait presque revenu vingt ans
en arrière, à l'époque où les rois du box-office étaient bodybuildés et
s'appelaient Stallone, Schwarzenegger et Willis. Pourtant, l'homme
affiche un respect pour son public assez rare et met un point d'honneur
à faire le tour des barrières de sécurité pour signer des autographes
ou serrer des mains. On peut rire de certaines entrées dans sa filmo,
mais Diesel inspire une sympathie qui se confirmera quelques heures
plus tard, à l'avant première du film au C.I.D. Au fait, le scénariste
T.J. Mancini accompagnait la star. Mais pour l'heure place aux
questions !
Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ? Avez-vous rencontré Jackie Dee DiNorscio ?
J'ai commencé à travailler sur le personnage de Jackie Dee DiNorscio un
an avant le tournage. J'ai effectué des recherches et visionné des
cassettes vidéo de DiNorscio. J'ai appris aussi à prendre son accent du
New Jersey.
Je
viens de New York et, bien que les deux régions soient proches
géographiquement parlant, le parlé diffère sensiblement. Et, au fur et
à mesure que je me rapprochais de la date de tournage, je passais pas
mal de temps au téléphone avec DiNorscio, lui lisant des scènes
entières du scénario pour savoir si j'étais crédible. Puis, le premier
jour de tournage, DiNorscio est arrivé sur le plateau. Je le voyais
pour la première foisÂ… Et tout ce que j'avais appris en un an sur son
phrasé, sa manière de bouger, jusqu'à l'embonpoint que j'avais pris
volontairement ne valait plus tripette. Un élément décisif m'est alors
apparu au cours de cet entretien, un élément qui me permettrait
d'interpréter DiNorscio de la façon la plus réaliste : l'envie de
DiNorscio d'être reconnu comme quelqu'un d'honorable. C'est un homme
qui avait un grand sens de l'honneur, pour qui le plus important était
le code d'honneur à l'égard de sa famille.
T.J. Mancini, quelle a été la difficulté pour adapter cette très longue histoire (le procès a duré près de 22 mois, NDR) ?
J'ai grandi dans un quartier italien dans le New Jersey qui était
proche géographiquement et dans l'esprit de celui de DiNorscio. J'ai
suivi l'affaire de très près dans les journaux car elle me fascinait de
par ma proximité socioculturelle. Lorsque DiNorscio était en prison, il
y a eu une série de documentaires sur la chaîne télévisée HBO qui
parlaient en général de trahison, de crime et celui consacré à
DiNorscio m'avait marqué parce qu'il s'agissait d'une histoire de
loyauté, de respect. DiNorscio était un dur au grand cœur, Vin Diesel
aussi. Il était donc idéal pour ce rôle. J'ai passé plusieurs coups de
téléphone à DiNorscio qui était encore en prison.
Vin Diesel : Je me permets de préciser un point. Le fait que DiNorscio était encore en prison t'a compliqué la tâche, T.J. Parce que tes coups de fil ne duraient jamais plus de 10, 15 ou 30 minutes. Mais, en plus, vos conversations étaient enregistrées par le F.B.I.
T.J. Mancini : Oui c'est vrai. Ce n'est qu'une fois DiNorscio libéré que le vrai travail de collaboration eut lieu. Là, il m'a raconté toute l'histoire. Certaines parties figurent dans le film, d'autres resteront confidentielles. Un travail de synthèse qui a pris sept années de ma vie.
Avez-vous apprécié l'humour de ce film (avant le Lumet, vous avez fait Baby-Sittor) ?
Je tiens à rappeler que j'ai essentiellement fait Baby-Sittor pour mon neveu et ma nièce qui étaient beaucoup trop jeunes pour regarder mes autres films. Maintenant, à propos de Jugez-moi coupable,
l'histoire était censé avoir un ton comique dès le départ. Pourtant,
avant le tournage, j'appelais tout le temps Sydney Lumet en lui disant
que mon personnage devait être drôle, un genre de comédien extravagant,
outrancier qui devait faire rire la salle toutes les trois secondes.
Sydney me rétorquait : « Contente-toi d'en faire un personnage sincère
et vrai. Tout ce qui va découler de ce personnage et de cette situation
pour le moins étrange d'un inculpé choisissant de se défendre lui-même (au plus gros procès anti-mafia jamais organisé aux USA, NDR)
va faire rire les spectateurs. J'ai cru à Sydney Lumet, j'ai suivi
cette indication et ce fut si lourd émotionnellement que j'en ai oublié
d'être drôle. La volonté comique est sortie de ma tête et elle est
revenue sur l'écran.
Qu'est ce que cela vous a apporté un changement de look aussi radical (les cheveux notamment) ?
J'ai été très confus en apprenant que Sydney pensait à moi pour son
prochain film et je lui ai demandé pourquoi il voulait que je sois
Jackie Dee Norschio : je ne lui ressemblais pas du tout ! Il m'a
répondu : « Ecoute, je peux te mettre entre les mains des meilleurs
maquilleurs de Hollywood. Crois moi, tu vas ressembler à Jackie Dee
DiNorscio ! » Bien sûr, je ne savais pas que cela nécessiterait deux
heures de maquillage quotidien !
Quelles sont vos impressions sur Sydney Lumet ? Avez-vous vu beaucoup de ses films ? Quel est votre film de Lumet préféré ?
J'ai
grandi à New York où j'ai commencé à jouer dès l'âge de sept ans. Et
quand on est un acteur à New York, on est naturellement fasciné par
Sydney Lumet, le réalisateur avec lequel vous rêvez de travailler. J'ai
réalisé deux courts-métrages, Stray et Multifacial
(J'ai d'ailleurs présenté le second à Cannes et la première critique
que l'on a écrit sur moi était française !) et j'avais lu le livre de
Sydney Making Movies. C'est dire l'influence qu'il a eue sur
moi ! Un acteur cherche la reconnaissance, qu'elle soit sous forme de
récompense ou de sollicitation. Savoir que Sydney Lumet voulait
travailler avec moi était formidable. C'est un honneur pour moi de
savoir qu'il m'a fait confiance après avoir travaillé avec des légendes
comme Marlon Brando et Al Pacino.
Sydney Lumet est connu pour être un réalisateur qui fait très peu
de prises. Quels sont les avantages et les inconvénients d'une telle
méthode selon vous ?
En effet, Sydney travaille très vite. Du point de vue de l'acteur
débutant dans le système Lumet, on a l'impression que tout va très
vite, trop vite. J'ai presque eu envie de lui dire de mettre le holà.
Mais, après un très court laps de temps, vous réalisez que toutes les
répétitions, un processus important chez Lumet, vous prépare à jouer
comme si vous alliez monter sur une scène de théâtre et que, en gros,
la première interprétation doit être la bonne. Je n'avais jamais
travaillé avec un réalisateur qui me demandait dix pages de monologue
en une prise et qui me
disait
: « C'est bon, c'est dans la boîte ! » Ceci dit, je n'avais jamais
travaillé avec un réalisateur qui investissait autant de temps et
d'argent dans les répétitions. Sydney me demandait de passer au
maquillage pour de simples répétitions. Je lui répondais que je n'avais
pas besoin de perdre deux heures pour de simples répétitions. Et Sydney
rétorquait : « Tu n'en as pas besoin, je suis d'accord. Mais tous les
acteurs qui vont jouer autour de toi, si ! Je ne veux qu'ils voient Dee
Norschio, pas Vin Diesel. » Sydney est très old school et place
sa relation réalisateur-acteur au dessus de tout et cela facilite la
confiance. En fait, Sydney travaille tellement vite que le tournage,
programmé pour 30 jours, n'en a duré que 28, ce qui est assez rare ! Il
ne faut pas oublier non plus que c'est un monsieur de plus de 80 ans
qui galope comme un jeune premier de 18 ans.
T.J. Mancini : Mais un jeune premier de 18 ans n'a pas cette connaissance du jeu d'acteur, du cinéma !
Vin Diesel : Oui, c'est vrai que l'on peut expérimenter avec un homme comme Sydney. Il a un style qui lui est propre. Ses fims ont toujours été très appréciés en Europe. Il est connu ici comme le maître des drames de prétoires. Douze hommes en colère a été bien plus vu ici qu'aux Etats-Unis. Donc, pour revenir à la méthode Lumet, on a l'impression que tout va trop vite. Puis, on le laisse nous emmener où il le souhaite parce que croire en Sydney, c'est croire en soi-même. Il transmet une immense confiance en soi. C'est pourquoi mon expérience sur Jugez moi coupable fut formidable.
Propos recueillis par Julien Foussereau.
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LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!13/09/2006 04:17 par La RédactionConférence de presse Vin DieselVous pouvez discuter ici de l’article Conférence de presse Vin Diesel.
Cliquez ici pour lire l’article complet : http://www.ecranlarge.com/article-details-708.php
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