••• Russ Meyer réédité


17 aoû 2007 Par Jean-Noël Nicolau

Trois ans après sa disparition, Russ Meyer bande encore, du moins si on en croit Films Sans Frontières qui a réédité en mai dernier six incontournables du plus grand réalisateur « boing-boing » du 7e Art. Si l’événement est passé relativement inaperçu c’est sans doute parce que les œuvres concernées sont bien loin d’être des introuvables. Il s’agit en effet de films depuis longtemps disponibles et distribués dans des éditions médiocres (pour le moins) par DVDY Films. Elles ont fait les grandes heures de la vente à 1 euro et des poussières sur le net, permettant à la fois au plus grand nombre de découvrir un monument fondateur tel que Faster Pussycat Kill Kill, tout en attristant le cinéphile déprimé par des copies franchement dégueulasses.

 


 

On espérait, sans trop y croire, que ces « nouvelles » éditions allaient rattraper le coche, mais ne vous y trompez pas, seul l’emballage s’est amélioré. Pour le reste on retrouve la même image immonde (peut-être un chouia mieux encodée et définie, mais il faut s’abîmer les yeux pour le constater) et le même son mono nettoyé avec  une brosse à chaussures édentée. Mieux, les bonus (ridicules) de chez DVDY ont laissé place au grand rien de menus certes plus jolis (on se console comme on peut).

 


 

Alors bien sûr, il reste les films qui, même sous les oripeaux de la misère, sont des merveilles de cartoons live, surréalistes, hilarants, méchants et ultra opulents. Pour faire concis et subjectif, il s’agit de trois chefs-d’œuvre (Pussycat, Supervixens et Megavixens), deux curiosités (Motorpsycho et Vixen) et un vrai-faux nanar que nous aimons avec tendresse (Ultravixens). Si pour le néophyte, tous ces délires peuvent se ressembler, il n’en est rien, car de la brutalité d’un Supervixens à la fantaisie redneck d’un Ultravixens, les nuances sont nombreuses.

 


 

On ne saura donc que trop conseiller à nouveau de passer outre les a priori compréhensibles et de revenir auprès de l’une des influences les plus essentielles du cinéma de genre américain (difficile d’apprécier à fond le projet Grindhouse sans connaître son petit Russ Meyer illustré, par exemple). Par contre, on versera encore de chaudes larmes sur l’absence de restauration dédiée à ces quelques incunables. Et ce n’est pas encore aujourd’hui qu’une simple définition correcte (ne parlons pas de haute) viendra rendre justice au décolleté de Tura Satana, à la beauté de Raven de la Croix ou à la générosité de Kitten Natividad. Qu’importe : Russ Meyer mutilé, mais Russ Meyer toujours aussi libéré !

 


 

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La Rédaction17/08/2007 18:58 par La Rédaction

Russ Meyer réédité

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