••• Zara Whites


29 avr 2006 Par Didier Verdurand


« Zara a vécu milles vies. De son enfance turbulente au pays du protestantisme jusqu'à ses premières apparitions télévisées en Italie puis sa consécration aux États-Unis, en passant par les bordels en Hollande, elle revient sur son passé sans aucune censure. » La quatrième de couv' de la biographie de Zara Whites, écrite en étroite collaboration avec Ludovic Menguy, résume bien le contenu de ce livre passionnant grâce au destin hors du commun qu'il raconte. Rencontre avec l'une des plus grandes star du X des années 90, aussi pétillante que ravissante.

Comment s'est organisée l'écriture du livre avec Ludovic Menguy ?
J'avais déjà reçu des propositions d'amis ou de journalistes qui voulaient écrire un livre avec moi mais je n'étais jamais pleinement satisfaite de l'angle qui se profilait. Ludovic, un de mes meilleurs amis que j'ai rencontré il y a plus de six ans, m'a un jour - en mars 2005 - écrit quelques lignes et j'ai trouvé que son style collait parfaitement à ma façon de penser et de raconter mon histoire. J'étais aux États-Unis à ce moment-là et pendant 15 jours, nous avons beaucoup parlé. Ludovic prenait quelques notes sur un brouillon et il a tout mis en forme. En relisant, j'avais l'impression que tous les mots venaient de ma bouche. Nous partageons le même humour et ça aide beaucoup.

Tout le passage sur ton expérience dans la prostitution est écrit avec une légèreté étourdissante, on se rend bien compte que tu viens d'un pays où c'est pratiqué en toute légalitéÂ… C'est presque de la science-fiction pour nous !
Quand j'entends les français parler de la prostitution, je me sens en effet venir d'une autre planète ! Un peu comme si on parlait une autre langue. Comment peut-on souhaiter que les prostituées travaillent dans la rue ? D'autant plus que lorsqu'elles sont à la rue, on les y chasse également ! Où peuvent-elles travailler ? Quand quelqu'un cherche du boulot, il va dans une agence d'interim, et quand une fille cherche des clients, où va-t-elle ? Et puis j'entends aussi souvent des discours hypocrites d'hommes qui crachent sur les prostituées et qui ne se gênent pas pour avoir une maîtresse et qui la gâtent avec des cadeaux jusqu'à payer son loyer. Une moralité à double vitesse ?

Il me semble que tu es la seule hardeuse hollandaise à avoir connu une telle carrière dans le X. Y a-t-il une industrie du X importante là-bas ?
Je ne peux pas te répondre car je n'ai jamais tourné dans un film porno hollandais ! Je ne suis même pas sûr qu'aujourd'hui, on puisse trouver une hardeuse hollandaise, je ne sais pas pourquoi. Peut-être, justement, parce que la prostitution est légale et organisée ?

Tu y retournes de temps en temps ?
Pas souvent. Au bout de quelques jours, je m'y ennuie très vite et je suis trop énervée par la politique, c'est devenu du n'importe quoi. Pour moi, la Hollande est le Tiers-monde de l'Europe.

 


Tu dresses un portrait pas très flatteur de Roberto Malone, accro à la coke et aux relations parfois maffieuses - sans non plus laisser sous silence la tendresse qu'il avait pour toi et le soutien qu'il représentait à différents moments. Quand tu parles d'une personnalité connue du milieu, tu lâches tout, tu t'autocensures ou tu lui demandes jusqu'où tu peux aller ?
Je n'ai pas demandé à Roberto l'autorisation d'aborder notre vie commune, c'était obligé en raison de son importance dans ma vie, qui reste quand même le sujet, sans dévier. J'ai censuré certaines choses parce que malgré tout, je voulais mettre son bon côté en valeur. Il n'est pas, contrairement à ce que pensent des gens, quelqu'un de foncièrement mauvais, sinon je ne serais pas restée cinq ans avec lui. Mais d'une manière plus générale dans le bouquin, je me suis en effet fixée des limites, je ne parle pas de situations qui pourraient semer le trouble. Ou je ne donne pas de nom, comme à l'ambassadeur dont j'étais proche.

 

Roberto a lu le livre ?
Je ne sais pas, nous ne sommes pas en contact. Ce n'est pas du genre à lire des livres donc je doute qu'il l'ait lu ! (Rires)

Tu as gardé des contacts étroits avec le X ?
Oui, avec notamment Nomi et Dolly Golden mais j'ai très peu de contacts avec les hardeurs de l'époque.

Comment s'est passé l'après X ?
Il n'y a pas vraiment eu de reconversion. Je préfère le mot « évolution ». Je ne crois pas qu'on peut totalement changer de sujet. Même Brigitte Lahaie, celle qui a le mieux réussi parmi les ex-hardeuses, reste dans un domaine très sexuel ! J'avais participé à un télé-achat pour des objets érotiques mais s'ils avaient eu besoin d'une pro de la cuisine, ils auraient appelé Maïté, même si j'adore cuisiner !

Le X s'adresse encore souvent à un public masculin, tu n'aurais pas voulu te joindre au club des anciennes hardeuses qui se sont mises à la réalisation pour satisfaire les deux publics ?
Mais qui regardent ces films réalisés par des femmes ? Des hommes ! Si je devais un jour passer à la réalisation, mais ça m'étonnerait, je m'attarderais sur les regards des hardeurs. Je pense que c'est ce qui excite le plus les femmes. Seulement, il faudrait des bons comédiens pour lire ce qui se passe réellement dans la tête du personnage. Et un bon comédien prêt à faire du hard, je te laisse le chercher ! Chacun son truc, les films pornos sont pour les mecs mais nous les femmes, nous avons d'autres sources d'excitation comme la littérature ou les bandes dessinées érotiques. J'ai aimé faire du porno sans jamais avoir été spectatrice.

Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos de Côme Bardon.
Je suis Zara Whites mais je me soigne, 224 pages, est édité chez Jean-Claude Gawsewitch.

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La Rédaction29/04/2006 23:31 par La Rédaction

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