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Katsuni
12 aoû 2005 | par
Didier Verdurand
Les interviews par mail sont parfois risquées mais en l'occurence, celle que vous allez lire fut une agréable surprise, tant les réponses de l'une de nos hardeuses les plus réputées dans le monde, Katsumi, s'avèrent claires, complètes, vivantes et franches comme on en rêve avec d'autres stars. Sans la moindre retouche, voici l'entretien mailé en brut. On a juste évité de vous donner son numéro de téléphone pour ne pas transformer sa vie en cauchemar...
Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?
Je m'appelle Katsumi. c'est un prénom japonais très courant. Je l'ai
trouvé en cherchant dans des mangas, il y a un personnage qui s'appelle
Katsumi Liqeur. Mais en réalité je suis d'origine franco-vietnamienne.
J'ai 26 ans. Je suis actrice porno depuis presque 5 ans et j'adore ce
que je fais ! Pour ceux qui veulent en savoir plus sur moi je leur
recommande le reportage qui a été fait sur moi sur MCM et qui continue
d'être diffusé.
Dans quelles circonstances es-tu rentrée dans le X, est-ce que le pas a été facile à franchir ?
Ohlala... J'en ai marre de cette question ! J'allais te dire de te diriger vers mon site (www.clubkatsumi.com)
qui comporte une bio et toutes mes interviews où je réponds à cette
question, mais malheureusement il n'est pas encore en ligne !
Bon, pour résumer : j'avais 21 ans, j'étais d'un côté désenchantée par
le monde en général, mes études, et me sentais appelée à faire quelque
chose mais je ne savais pas quoi, j'attendais en quelque sorte un «
signe du destin ». De l'autre j'étais avec un petit copain avec qui je
bossais dans le milieu de la nuit et qui m'a initiée aux relations
sexuelles à plusieurs, aux films pornos.... Quand j'ai donc rencontré
le magazine Penthouse
et qu'il m'a proposé de tourner, j'étais « réceptive ». J'ai le goût du
jeu et du défi. J'ai donc essayé un premier tournage, ça m'a beaucoup
plu... 6 mois plus tard je signais un contrat d'exclu et commençais
doucement ma carrière. BREF. Ça s'est passé dans des circonstances
plutôt saines, naturelles et non, le pas n'a pas été difficile à
franchir car j'ai commencé progressivement et c'était vraiment mon
choix (pas celui de mon copain !).
Encore trop de gens considèrent les hardeuses comme des salopes et jugent sans savoir. Dans quelle mesure cela te touche ?
Je dis toujours : salope oui, mais à temps partiel ! Pour être franche,
en ce qui me concerne, je reconnais être une salope... mais au lit
uniquement ! Et dans ce sens je ne trouve pas ça péjoratif, au
contraire. Ce qui me désespère c'est le fait que les gens ne puissent
pas comprendre qu'il y a un temps pour chaque chose. Je peux très bien
adorer me faire « prendre en double », et être pudique sur une plage !
L'actrice est exhib, sexy, nympho... et la femme est comme toutes les
autres avec ses peurs et ses complexes. Je ne compte pas toujours sur
l'intelligence du public et tant que j'aime ce que je fais à vrai dire
je me fous des critiques. Mais je suis touchée si on m'insulte ou qu'on
m'attaque directement, ce qui est extrêmement rare d'ailleurs ! Je ne
demande pas l'amour des gens, je demande juste le respect, et donc ne
pas être cataloguée puis condamnée à cause de ma profession, car oui,
c'en est une.
La
récente médiatisation des stars du X est-elle à ton avis positive,
quand on voit que dans certaines émissions, elles passent pour de
ravissantes idiotes ?
Je ne pense pas qu'elle soit si récente. Il me semble que Tabatha Cash,
Laure Sinclair et Rocco avaient eu leurs heures de gloire. Mais il est
vrai que depuis le phénomène Clara Morgane il y a sans doute plus
d'actrices X sur les plateaux-télé que sur les plateaux de tournage !
Je pense que la médiatisation n'est bonne que si elle est faite
intelligemment. Se montrer oui, mais pas n'importe où, n'importe
comment. Les médias ne choisissent pas toujours les meilleures
représentantes du X et j'ai parfois honte de mon milieu en voyant le
comportement de certaines actrices. Certaines filles n'ont pas trop de
jugeotte et surtout, elles ne sont pas préparées à faire de la télé,
elles débarquent et se font massacrer. C'est cruel de la part des
présentateurs mais c'est malheureusement le jeu des médias. Bref, on
peut être bon dans son métier et ne pas savoir en parler ; dans ce cas
il vaut mieux s'abstenir. C'est aux actrices de faire les bons choix,
c'est leur image mais aussi toute la réputation du porno qu'elles
mettent en jeu, car les gens généralisent. C'est une sacrée
responsabilité.
Comment décrirais-tu ta vie sexuelle en dehors des caméras ? Ta libido est-elle touchée par ton métier ?!
Elle est épanouie. Je prends mon pied devant et hors caméra. Mais c'est
récent. De mes débuts dans le X à novembre dernier je n'avais
pratiquement de rapports que dans les tournages (d'où mon assiduité au
boulot !!). C'était donc au départ déséquilibré puis beaucoup trop
extrême. J'ai vécu deux années sans tendresse, sans bisous. Je ne
connaissais que les rapports de force, le sexe pour le sexe. C'était
bon mais parfois aliénant. Aujourd'hui je répartis mieux travail et
intimité (j'ai un petit copain). Ma libido a vécu des hauts et des bas
mais en ayant appris à me préserver, elle est de nouveau en pleine
forme. Je suis toujours excitée avant une scène, j'ai toujours des
fantasmes, et quand je rentre à la maison c'est un bonheur de faire
l'amour avec mon chéri !
Construire une carrière américaine, c'est se rapprocher d'un rêve ? Quel est-il ? Quelle est ton ambition en terme de carrière ?
En fait, quand je suis partie aux États-Unis il y a deux ans, je
n'aurais jamais espérer y avoir du succès. Je suis à l'opposé du
physique et de la mentalité des américaines. Je n'avais pas de rêves
sinon d'avoir une reconnaissance en France. J'ai commencé ma carrière
sans ambition : je ne voulais pas être médiatisée, je ne pensais pas «
argent », je voulais juste tenter une expérience, apprendre, avoir et
donner le maximum de plaisir. Au fur et à mesure ma carrière s'est
développée et a carrément explosé : j'ai maintenant une reconnaissance
partout en Europe, aux États-Unis et fais partie des actrices les plus
populaires. Mon ambition est désormais de partager mon vécu et mes
fantasmes : c'est-à-dire écrire et réaliser. Les deux projets sont en
cours.
Comment est perçu le milieu pornographique aux États-Unis ? Le trouves-tu plus ou moins marginal qu'en France ?
Les États-Unis sont très puritains et cela encourage justement un
contre-courant extrême et provoc. Le porno en fait partie tout comme le
milieu musical, le cinéma... Les actrices américaines (hormis Jenna
Jameson et peut-être Tera Patrick) restent dans leur milieu et ne sont
pas comme en France, invitées sur les médias grand public. Mais d'un
autre côté, tout est plus professionnel, les acteurs ou actrices ont un
vrai statut. Le X est un business comme les autres et fonctionne comme
les autres milieux avec les mêmes règles. En France on a d'un côté un «
X ambiant » dans un pays soit-disant tolérant et démocratique, mais de
l'autre nous avons beaucoup de mal à nous faire reconnaître en tant que
profession ! Je pense donc que malgré les apparences, le X reste plus
marginal en France. On en parle plus pour faire de l'audimat que par
ouverture d'esprit.
Quelles sont les principales différences entre une production X française et une américaine ? Par rapport au salaire ?
C'est tellement incomparable ! Pour parler concrêtement : en France on
tourne essentiellement des « features », des films à scénario qui
durent environ 5 jours. Les horaires sont indéfinis, ça peut très bien
être du 8h-2h du mat tous les jours. Deux fois il m'est arrivé de finir
à 7h. On n'a pas de repas fixe, pas toujours assez à manger, pas de
loges chauffées. En général une seule maquilleuse / coiffeuse. Les
membres de l'équipe sont polyvalents (acteur / régisseur, assistant de
prod en une seule personne). On apporte nos propres vêtements de
tournages, sauf parfois sur les Dorcel. On peut très bien tourner en
extérieur en plein hiver. On tourne rarement sur un lit ou un canapé.
On n'est pas payé pour les heures supp, il faut se battre pour se faire
déclarer et faire accepter ses tarifs.
Aux États-Unis : c'est simple, c'est complètement l'opposé. Même les «
features » ne durent que 3 jours car les équipes sont 2 à 3 fois plus
importantes. Ajoutez à cela un énorme marché gonzo qui sont des films
sans scénar avec du sexe non stop. Je peux bosser presque tous les
jours, de 11h à 17h et rentrer chez moi, avoir une vie normale. En
France le marché est trop petit, il est impossible de ne vivre que des
tournages. Résultat, il faut tout le temps voyager : perte de temps et
perte d'argent. Enfin, non seulement les américains sont plus pros, ont
plus de moyens, mais en plus ils sont plus attentifs au plaisir des
acteurs car beaucoup de réalisateurs ont été acteurs. Pour parler
argent, le dollar étant très faible je gagne plus par scène en France
mais j'ai plus de revenus aux États-Unis car la fréquence des tournages
est énorme. De plus, tout est tarifié : plus c'est hard plus c'est
cher. En France c'est toujours « Tu peux faire ci ? Tu peux faire ça ?
... » mais on est vite mal vu quand on parle argent ! Le plus grand
tabou du Porno Français c'est l'argent.
L'argent peut-il (ou a-t-il déjà) repoussé tes limites ? Rencontre-tu beaucoup de filles vénales qui acceptent n'importe quoi ?
Non, ça n'a jamais été le moteur. C'est évidemment un stimulant de
savoir que je peux gagner tant par mois en étant travailleuse, mais je
ne veux pas y penser pendant les scènes, je ne veux pas me sentir sale,
vendue... prostituée. Je me concentre sur l'aspect sexuel, mon
partenaire, le film. Et ça, ça me motive pour repousser mes limites !
D'ailleurs, chaque fois que je les ai repoussées (comme en faisant une
double-anale par exemple) c'était naturellement, voire inconsciemment.
J'étais en transe, c'est mon corps qui s'exprimait, pas mon cerveau et
ses principes... J'ai eu des périodes aux USA où j'ai vraiment trop
bossé ; mais c'était plus par addiction sexuelle, ce qui n'était pas
non plus forcément sain je le reconnais.
Il semble malheureusement que beaucoup de filles (et même des très
connues !!) ne soient motivées que par le gain et la célébrité, et il
est triste d'en voir faire « anal » ,juste parce que ça paye plus. À ce
niveau je trouve que le porno peut-être très malsain et destructeur.
C'est un métier et on en vit d'accord, mais mettre le rapport à
l'argent en priorité est dangereux. Trop d'actrices se laissent aller,
n'économisent pas et subissent leur métier. Il faut bien se connaître
pour tenir dans ce métier.
Préfère-tu les gonzos ou les films scénarisés ? Pourquoi ?
J'aime les deux à partir du moment où j'ai une certaine liberté sur la
scène en elle-même. Je m'ennuirais si je ne faisais que du gonzo ou que
des « features », j'aime la diversité, c'est important pour la libido.
Il y a des gonzos où le réa demande impérativement telles pratiques
(strangulations, fessées, crachats etc...), il y a des « features » où
on doit tout faire en fonction des lumières, de l'angle de la caméra,
ne pas abîmer le make-up, ne pas faire-ci, ne pas faire-ça... AHHH !!!
Ca, ça me rend dingue. Gonzo ou feature, pour moi une bonne scène est
avant tout un bon feeling entre partenaires, et après peu importe
l'aspect technique des positions etc... Rien n'est sale ni trop hard
tant que c'est fait spontanément et dans l'excitation. Le reste ne
concerne qu'une qualité d'image, de mise-en-scène, de cadrage et de
montage. C'est là qu'intervient le talent du réa.
À regarder je préfère en général les gonzos. Je les trouve plus «
efficaces » pour se masturber. Les filles y sont plus actives, plus «
nasty » (cochonnes). Les « contract girls », hormis Briana Banks, par
exemple (Katsumi fait référence ici aux actrices qui sont sous contrat
exclusif avec un éditeur, pratique assez courante aux États-unis pour
les stars, ndlr), n'ont pas la même rage.
As-tu un film fétiche dans ta filmographie ?
Sans aucun doute mon film préféré est Katsumi et Nomi à Los Angeles
(JTC). C'est un film reportage, par le même Toinou qui a fait le
reportage qui passe sur MCM. Il montre mon tout premier voyage aux
States et ce, avec mon amie Nomi. On m'y voit aussi en tournages et
lors d'une scène j'ai même un coup de foudre. C'est un film beau de par
sa spontanéité, sa fraîcheur...
Sinon les films de Michael Ninn comme Lost Angels, Katsumi ou encore Pussy Kat sont des références pour leur esthétisme. Enfin, Katsumi's dirty deeds
(Red Light Distritct) que j'ai tourné en juin avec et pour Manuel
Ferrara a été très marquant, Manuel étant mon acteur fétiche !
Quel est le dernier film que tu as vu au cinoche ? Tu en as pensé quoi ?
Je viens d'aller voir La guerre des Mondes.
Je n'ai pas lu le livre mais j'ai trouvé le film excellent, terrifiant.
Les acteurs sont admirables, les effets spéciaux impressionnants. La
fin est abrupte mais je ne trouve pas qu'elle gâche le film. La triste
leçon du film est qu'après tout, si la vie est précieuse.... il n'est
pas sûr que tous les êtres humains la méritent. J'ai hâte d'aller voir The Devil's rejects de Rob Zombie, mais à mon avis vous ne pourrez pas le voir en France.
Y a-t-il une vie après le X ? Est-ce qu'il t'arrive d'y songer ou
tu es plutôt du genre à vivre à 200% l'instant présent sans penser à
l'avenir ?
(AH AH!! J'adore cette question. Dernièrement on m'a aussi demandé: «
comment tu as fini dans le X ? Tu veux pas t'en sortir ? »...)
J'ai une vie dans le X et je compte bien la poursuivre... mais cette
fois-ci en tant que réalisatrice. Il faut d'abord que je trouve une
bonne prod avec laquelle je m'entende bien. L'idéal est ensuite de
pouvoir produire soi-même.
Il est certain que j'ai un instinct de futur maman et je ne me vois pas
montrer mes fesses en fondant un foyer. Je vais donc petit à petit me
ranger dans un an et me stabiliser avec mon chéri.
Pour répondre à ta seconde question je vis bel et bien l'instant à
200%, ce qui n'empêche pas de regarder l'avenir et d'anticiper. Je mets
mon argent de côté, je remplis mon planning sur 1 an, je suis quelqu'un
d'anxieux. Mon métier est déjà suffisamment fragile comme ça, je peux
tout perdre du jour au lendemain, je ne vais pas en plus être
insouciante. On peut être actrice porno et être responsable !
Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos de Ilan Ferry prises à Los Angeles.
Autoportraits de Katsumi.
Lire une autre interview (avril 2006) en cliquant sur ce lien.
Retrouvez quelques uns des meilleurs films de Katsumi ainsi que leur test DVD en cliquant sur les affiches ci-dessous :
Attention, en cliquant sur ces affiches,
j'atteste sur l'honneur être âgé(e) de 18 ans et plus, et reconnais
avoir été averti(e) du caractère pornographique des films chroniqués et
des tests de DVD.
Conformément à la loi française, seules sont représentées les jaquettes
et les captures d'écran des DVD critiqués, évoquant des descriptions et
des représentations de nudité ou d'activités sexuelles. Elles ne
doivent pas être accessibles à des personnes mineures (âgées de moins
de 18 ans), ou qui ne veulent pas y être exposées contre leur volonté.



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