••• Blow Out chez Carlotta - Making of d'un Blu-ray


17 juil 2012 Par Sandy Gillet


Quand on a eu vent de la sortie prochaine de Blow Out en Blu-ray (et double DVD) pour le 21 novembre prochain chez Carlotta Films, notre sang n'a fait qu'un tour. Petit coup de fil au chef de projet Fabien Braule qui a eu la chance de faire parti un jour de la première Dream Team EL (humble comme il est, il ne s'en vante pas. Ou alors c'est qu'il n'a pas trop envie que cela se sache...) pour lui proposer un suivi de prod. Ce qui en clair veut dire que nous aimerions suivre les étapes essentielles de son travail sur ce titre. Car un chef de projet chez Carlotta Films officie à la fois sur la partie technique, éditoriale et marketing d'une sortie. Cette vision globale est rendue possible ici car Carlotta fait tout, depuis la recherche des meilleurs éléments jusqu'à la délivrance du produit fini auprès de Sony Pictures Home Entertainment (SPHE), son distributeur historique. RDV est donc pris pour assister à la première étape qui est « la vérif », soit le moment où le master reçu passe entre les mains d'un laboratoire pour vérifier de sa qualité intrinsèque. Un moment toujours délicat pour l'éditeur qui s'il espère toujours bénéficier du nec plus ultra n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise qui peut soit conditionner un retour pur et simple du master à l'envoyeur, soit du déblocage d'un budget de restauration plus ou moins important (et plus ou moins prévu).

Mais pour Blow Out, Fabien n'est pas forcément inquiet vu que le film vient de bénéficier d'une très belle sortie chez Criterion Outre-Atlantique. Alors certes, l'éditeur new-yorkais travaille en direct avec les Majors, et compte tenu de son poids sur le marché nord-américain peut faire pression pour obtenir les meilleurs éléments possibles. Il a d'ailleurs annoncé lors de cette sortie une restauration et un transfert numérique supervisé et approuvé par De Palma. Carlotta Films, quant à lui, s'adresse à une société spécialisée basée en Angleterre (Hollywood Classics Ltd.) avec laquelle les droits sont négociés (elle représente un certain nombre de prestigieuses Majors pour l'exploitation de leurs titres en Europe) et le matériel délivré. Une fois la négociation faite, Carlotta reçoit un master sous la forme d'une bande HDCAM-SR à 23.976PsF. Il s'agit d'un format numérique professionnel Haute Définition en 16/9 natif et progressif. Avant de faire une vérification complète, on check rapidement le format, les langues, le défilement... nous précise Fabien. Et on envoie ça au laboratoire (ici Digimage) pour une vérification plus approfondie, en notant les problèmes par niveau de gravité. Ensuite, selon notre point de vue sur tel ou tel souci, et en fonction de nos possibilités financières, on procède à la restauration.

 

 

Le HDCAM-SR de Blow Out reçu par Carlotta

 

 

Nous voici donc avec mon inséparable Tonton BDM ainsi que Fabien devant les locaux de Digimage situés à Montrouge. Là nous faisons la connaissance de Fred Thibaud qui nous fait faire le tour du propriétaire. Au sein d'un superbe bâtiment avec parquet à l'ancienne plutôt réservé à la télé et à la vidéo (un autre est entièrement dévolu au cinéma) nous serrons des paluches à tour de bras (d'ailleurs Tonton avec sa poigne légendaire à provoqué un arrêt de travail temporaire de 5 minutes à une charmante demoiselle), visitons des pièces dévolues à chaque fois à des tâches bien précises (de la gestion des télécinémas à l'encodage numérique en passant par l'étalonnage et la restauration) dont une avec un écran « domestique » énorme et une configuration idéale (canapé qui tend la main, taille de la pièce parfaite...) pour y passer ses journées à mater des films. Mais bon, pas le temps de rêver et direction la pièce où sur la porte il y a marqué « Vérifs ». Là nous sommes accueillis par Karine Moreau qui nous installe devant deux écrans. Un moniteur professionnel et une dalle grand public (un LCD de la marque Sony), tous deux connectés à un lecteur HDCAM-SR. Précisons que nous sommes dans le noir. Et non Tonton n'en profite pas pour roupiller. Préalablement à notre arrivée, elle avait déjà regardé le film en entier et repéré ce qu'elle considère comme des problèmes susceptibles d'être corrigés. Ceux-ci sont notés de 1 à 3. Mais pour le plaisir nous avons d'abord le droit de visionner en continu les quinze premières minutes du film et de nous rendre compte très rapidement de la différence de rendu d'un écran à l'autre. Alors que sur le moniteur les arrière-plans sont distincts et vivants lors des séquences de nuit (quand le personnage de Travolta est le témoin de l'accident de voiture en pleine nuit), sur le LCD Sony tout est bouché. On nous assure que l'étalonnage de la dalle est parfaitement effectué, ou alors il faudrait éclaircir l'ensemble et perdre au niveau des contrastes. Et nous de redoubler de vigilance à l'avenir et de toujours préférer pour faire nos tests la vidéoprojection HD que l'on nous confirme plus à même de rendre compte d'une image à l'instar de ce que nous voyons donc sur le moniteur ici.

 

Le lecteur HDCAM-S, objet du délit pour les vérifs

 

Puis nous passons à la vérif à proprement parler. Verdict de la bouche même de Fabien : nous allons corriger les éclats de gélatine qu'il reste (3 ou 4 tout au plus), les déclenchements visibles en bas de l'image au niveau du blanking et un problème de stabilité sur une séquence en particulier, sans doute une amorce de bobine. Cela reste un budget de restauration minime qui n'ira pas au-delà de 1000 euros. On pourrait même simplement parler de corrections plutôt que de restauration. Mais ces défauts sont très visibles et gênants à l'œil. Il semblerait que l'on ait vraiment bénéficié d'un master de haute tenue, ressemblant à s'y méprendre à celui exploité par Criterion. Même l'étalonnage me paraît identique au Blu-ray visionné il y a encore quelques semaines. En effet, à part quelques petits points noirs et blancs qui ne seront pas corrigés car vraiment très peu visibles, il n'y avait pas grand-chose à redire sur ce master. Une discussion a pourtant eu lieu sur une séquence en voiture où en arrière-plan les protagonistes baignés par une photo bien rouge et sous exposée manquent de netteté à cause entre autre d'un grain assez présent. Il faut vous avouer que Tonton et moi (et Fabien) n'aurions même pas fais gaffe à cette scène si l'on ne nous en avait pas parlé. Le fait est que le grain dérange. Et nous de poser une question naïve. Pourquoi cela vous dérange-t-il ? Fred nous précise alors qu'il anticipe une éventuelle demande pour la création d'un PAD (prêt à diffuser). Les chaînes de télévision sont frileuses et refusent une image trop marquée (ici par le grain). Il faut que tout soit bien lisse et net. Et de nous regarder avec Tonton un peu ahuris mais finalement pas si surpris que cela. Donc sachez d'avance amis lecteurs que vous aurez droit à un joli grain cinéma sur le Blu-ray de Blow Out. De celui qui nous fait dire que tout n'est pas perdu dans le monde du Blu-ray où l'image se doit d'être aussi lisse que les fesses d'un bébé. Certes Carlotta n'est pas le seul îlot de résistance dans le domaine mais cela fait du bien de s'en rendre compte en live.

 

Quand on vous dit que cela se fait de nuit, on ne vous ment pas (justification oiseuse quant à la photo un peu ratée)

 

Et c'est déjà l'heure de dire au revoir et pour Tonton de recroiser la demoiselle du début qui lui fait les gros yeux. Mais nous ne décidons pas de nous quitter tout de suite car il nous faut aborder le futur proche et avoir quelques détails techniques supplémentaires. C'est autour d'un bon pavé de rumsteak sauce béarnaise (pas de vin attention. On précise au cas où son employeur était amené à nous lire) que Fabien nous précise que la VO sera en DTS-HD Master Audio 2.0 Surround (a priori comme sur le Criterion) tout comme la VF d'origine (Mmmmhh la voix de Depardieu) en DTS-HD Master Audio 1.0 Mono. Les bandes sonores sont également fournies par les ayants-droits du film. On assurera la restauration de la VF si celle-ci présente des problèmes (souffle, clics et plops...). Quid des sous-titres français ? En effet est-ce que Carlotta réactualise les sous-titres pour qu'ils collent à l'ère du temps ? La liste des sous-titres existe, à nous de la récupérer auprès de l'ayant-droit ou d'un labo français. On travaille régulièrement sur la réactualisation de sous-titres ; cela reste, avec le sous-tirage des suppléments, un très gros budget. Et enfin quels sont les bonus prévus ? Nous aurons une analyse de Jean Douchet et un entretien avec Samuel Blumenfeld (tous deux produits par Allerton Films qui accompagne Carlotta Films sur ce terrain depuis ses débuts). Nous allons également essayer d'obtenir des interviews inédites de Nancy Allen, Vilmos Zsigmond (directeur de la photo), Pino Donaggio (compositeur) et selon leurs disponibilités, Brian de Palma et John Travolta. De fait, Carlotta ne reprend rien de ce que l'on a pu voir chez Criterion. Il a été question tout de même au début d'inclure Murder à la Mod tout comme Criterion mais il faut croire que le fait qu'il soit déjà édité par Le chat qui fume en ait dissuadé l'éditeur. 

Tonton est repu et comate doucement en rêvant un peu à sa rencontre du matin. On se donne rendez-vous pour la rentrée afin de faire le point : révision ou pas des sous-titres français, restauration ou non de la VF, détail final des bonus... On ira jeter un œil sur le travail effectué au niveau des menus et sur l'authoring en accompagnant Fabien chez DVDPartners et dans la troisième partie (en octobre) on parlera aussi un peu de marketing (quels partenaires, quel budget, la mise en place...). Bref que du bon. En attendant, petit cadeau bonus et exclusif. Voici les jaquettes quasi définitives du Blu-ray et du double DVD... Et ne dites pas merci surtout !

 

 

 

 

 

Ps : Nous en tout cas on dit merci à Fabe et à Vincent de chez Carlotta. Je dis merci à Tonton d'avoir enregistré et retranscrit l'entretien baptisé depuis « coeur de rumsteak sauce béarnaise ». Et merci à ma maman d'avoir osé me mettre au monde.

 

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La Rédaction21/07/2012 00:03 par La Rédaction

Blow Out chez Carlotta - Making of d’un Blu-ray

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