••• 5 nouveaux Westerns de légende chez Sidonis


26 juin 2012 Par Francis Moury


 

Ces cinq westerns américains (presque tous  distribués à l’origine par Universal) couvrent la période 1950-1958. Cette nouvelle vague Sidonis nous apporte uniquement des séries B et C mais strictement aucun « western de légende ». On les chronique ci-dessous dans l’ordre chronologique de leur production, du plus ancien titre au plus récent. Des cinq, s’il fallait en choisir un seul, ce serait le film de Jack Arnold qui aurait notre préférence.

 

Une femme sans loi [Frenchie] (USA 1950) de Louis King
Louis King était le frère du cinéaste Henry King mais autant Henry est justement célèbre, autant Louis n’est aujourd’hui connu que des seuls historiens du cinéma mais par ailleurs totalement oublié du public, même cinéphile. Son film est une série C et un remake alerte, bien filmé mais sans personnalité particulière, du  Femme ou démon  [Destry Rides Again] (1939) de George Marshall – qui était déjà une production Universal : les studios ont passé leur temps à produire des « remake », lorsqu’on y regarde d’un peu près et ils n’ont pas abandonné, tant s’en faut, cette politique, rentable au « box-office » - dont le titre belge d’exploitation était La Femme sans loi. Le casting féminin est succulent : Marie Windsor qu’on découvre enfin en couleurs (L’Énigme du Chicago-Express de Fleischer, L’Ultime razzia de Kurbick, ses deux titres de gloire cinéphile, sont en effet des films N.&B.), Elsa Lanchester (qui jouait Mary Shelley et la créature féminine dans La Fiancée de Frankenstein de Whale), et Shelley Winters encore jeune. Une sympathique curiosité historique.


Note : 5/10

 

 

Les portes de l'enfer [Hellgate] (USA 1952) de Charles Marquis Warren
Une série D connue uniquement des spécialistes du cinéma américain, réalisée avec un tout petit budget. Inspirée d’une véritable affaire des annales judiciaires américaines, si on en croit le panneau pré-générique. Direction d’acteurs honorable, quelques plans sympathiques et efficaces mais enfin si c’est un film tenu pour majeur dans la filmographie de son réalisateur Warren (un rapport avec Warren Publishing qui éditait les magazines Creepy, Eery et Vampirella ?) c’est assurément un film mineur dans celle de son acteur vedette Sterling Hayden.


Note : 3/10

 

 

 

Révolte au Mexique [Wings of the Hawk] (USA 1953) de Budd Boetticher
Film mineur de Boetticher, qui vaut surtout par la présence de la belle Julia Adams, rarement vue, dans un rôle de « guerillera » très latine. Photo laide, pas seulement parce que la copie chimique est médiocre : le Technicolor est un procédé qui peut être plus ou moins bien employé. Boetticher est très inégal : il a réalisé des chefs-d’œuvre et de très bons films 7 Hommes à abattre, La Chevauchée de la vengeance, Comanche Station, La Chute d’un caïd, mais d’autres seulement honnêtes ou médiocres. Celui-là est honnête ou assez bon, sans plus.


Note : 5/10

 

 

Tornade sur la ville [The Man from Bitter Ridge] (USA 1955) de Jack Arnold
Tourné entre le fantastique Tarantula et Crépuscule sanglant qui était aussi un assez réussi western, Tornade sur la ville est plastiquement beau (photo signée Russel Metty, A.S.C. oblige) et bien interprété. Arnold s’intéresse à nouveau aux profondeurs de champ permettant de délimiter l’espace d’une manière raffinée (la prison, par exemple), au mélange des genres (intrigue policière au sein d’un western, alors que Le Salaire du diable sera basé sur l’idée inverse : un film policier ayant l’apparence d’un western contemporain optant pour une violence ouvrant sur le fantastique (la tentative de meurtre nocturne de Lex Barker). Mais on demeure en deçà de son meilleur western tourné pour la Universal, à savoir Une balle signée X.


Note : 7/10

 

 

 

L'héritage de la colère [Money, Women and Guns] (USA 1959) de Richard H.Bartlett
Honnête série B au scénario honorable (en partie dicté par un budget qui devait être réduit en dépit du CinemaScope : on y parle beaucoup) et à l’interprétation B savoureuse (Kim Hunter croise Lon Chaney Jr. - encore une fois crédité au générique Lon Chaney tout court pour bénéficier de la notoriété de son père : aberrante pratique hollywoodienne) et Gene Evans mais à la mise en scène conventionnelle. Le copyright mentionné au générique d’ouverture est 1958 et non pas 1959 comme indiqué au verso du boîtier. Jock Mahoney, l’acteur principal, est honnête mais incolore et sans saveur particulière. On ne comprend pas ce qui a pu motiver l’intérêt de Coursodon et Tavernier pour ce cinéaste que seule sa nonchalance distingue, loin de toute préciosité.


Note : 5/10

 

 

IMAGE
1.37 couleurs 4/3 N.&B. pour Les Portes de l’enfer, 1.37 4/3 couleurs pour Une femme sans loi et Révolte au Mexique, 1.85 Eastmancolor 16/9 pour Torrnade sur la ville et 2.35 CinémaScope Estmancolor 16/9 pour L’Héritage de la colère. Mis à part Les Portes de l’enfer et Révolte au Mexique dont le matériel chimique est inégal, les trois autres sont dotés d’une excellente image chimique comme vidéo. Les deux plus beaux sont naturellement les deux filmés en écran large 1.85 et 2.35 qui sont aussi les deux plus récents.


Note : 7/10

 

Révolte au Mexique

 

 

SON
VOSTF et VF d’époque pour L’Héritage de la colère mais VOSTF uniquement disponible sur les autres titres : dommage car la note baisse. Pistes originales américaines toutes bien restaurées. STF parfois un peu lacunaires.


Note : 5/10

  

 

SUPPLEMENTS
Tous en 16/9 et VF, couleurs et/ou N.&B. selon les documents présentés en illustration. Les présentations de Patrick Brion sont davantage  historiques, biographiques et filmographiques tandis que celles de Bertrand Tavernier sont davantage esthétiques : sur un film tel que Tornade sur la ville, ils sont ainsi parfaitement complémentaires. Ils interviennent tous les deux en supplément de L’Héritage de la colère, Tornade sur la ville (attention : la jaquette ne mentionne que Brion mais Tavernier intervient aussi)  et Une femme sans loi tandis que Brion présente seul les autres films. Les Portes de l’enfer propose en outre un très sympathique Portrait de l’acteur Sterling Hayden (16/9, 20 min) ; portrait de première main par le critique et cinéaste Yves Boisset qui a dirigé Hayden en 1971 dans Le Saut de l’ange tandis que Révolte au Mexique de Budd Boetticher est assorti d’un assez bon documentaire coproduit par Canal + (1997, 1.85 4/3, 52 min VF + VOSTF) sur Les Années Arruza de Boetticher dans lequel on peut voir le cinéaste et des extraits de son propre documentaire Arruza – (de 1967 : on voit le plan générique mentionnant le copyright à un moment et cela permet de corriger les erreurs de pas mal d’articles français sur Boetticher qui fournissaient des dates erronées) sur le torero homonyme. Il faut savoir que la tauromachie fut la passion du cinéaste et qu’il était d’ailleurs entré à Hollywood comme conseiller technique de Mamoulian sur Arènes sanglantes ! Quelques belles affiches et photos reproduites illustrent les propos. Parfois zoomées, ce qui est dommage : on préfère les documents fixes. Galeries photos souvent réduites à leur plus simple expression (4 ou 5 documents) et souvent reproduites en bien trop petite taille mais enfin l’effort est là, c’est toujours mieux que rien. Quelques bandes-annonces en VO sans STF : documents d’histoire du cinéma. Au total, un ensemble assez bon justifiant la mention « éditions spéciales ». Indications de durée parfois inexactes au verso des jaquettes : par exemple Tornade sur la ville dure un peu moins de 77 min et non pas 80 min. Indication de date parfois inexactes : L’Héritage de la colère est copyrighté au générique d’ouverture 1958, non pas 1959 comme indiqué faussement sur le verso du boîtier et de l’étui.

Note : 7/10

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La Rédaction09/07/2012 17:59 par La Rédaction

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