••• Cannes 2012 - Le Palmarès


27 mai 2012 Par Sandy Gillet



 

 

 

 

Nanni Moretti l'avait annoncé, son palmarès ne concèderait rien à la démocratie, et devait mettre avant le cinéma, le vrai, des œuvres ambitieuses et méritantes. On s'attendait donc à des choix audacieux, à des partis pris saisissants, au lieu de quoi on aura eu droit à un palmarès mi-radical mi-raisin, où les occasions manquées, et le copinage côtoient des récompenses les plus surprenantes. Le président du jury ne s'étant jamais caché de sa proximité avec Ken Loach et de son attrait pour son cinéma, c'est sans surprise que ce dernier se voit primé, tout comme Matteo Garrone et son Reality. Le film du réalisateur italien n'avait pas à proprement parler rencontré d'hostilité lors de sa présentation, mais une tiédeur bien compréhensible au vu de sa superficialité et de sa relative paresse, bien en deçà de Gomorra, primé il y a quelques années. Si l'on se gardera bien de qualifier la distinction faite à Reygadas de doigt d'honneur à la presse et au public, on demeure circonspect quant à sa légitimité, à fortiori face à des créations qui partageaient son exigence, sans souffrir le moins du monde d'hermétisme (Dans La Brume, ou encore Holy Motors, pour ne citer qu'elles).

On ne pourra que se réjouir du prix d'interprétation de Mikkelsen, dont nous avons souvent chanté les louanges dans ces colonnes, quoique l'oubli de Lavant et Trintignant soit des plus surprenant. Que Cristian Mungiu et ses comédiennes soient récompensés pour leur investissement dans un des plus beaux films de la compétition rassure également. Toutefois, le sentiment qui domine ce palmarès est celui que, afin de pouvoir donner à Amour une palme d'or interdisant de récompenser simultanément les comédiens de Haneke, le jury s'est contorsionné pour consciencieusement évincer du palmarès quelques films ou auteurs dont on pouvait difficilement ignorer que le président du jury ne les portait pas dans son cœur.

 

Prix du court-métrage :

Sessiz-Be Deng (Silence) de L. Rezan Yesilbas

 

Caméra d'or :

 

Les bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin

 

 

Prix du jury :

 

La part des anges de Ken Loach 


 

Prix du scénario : 

 

Au-delà des collines de Christian Mungiu


 

Prix de la mise en scène :

 

Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas


 

Prix d'interprétation masculine :

 

Mads Mikkelsen pour La chasse de Thomas Vinterberg




Prix d'interprétation féminine :

 

Cosmina Stratan et Cristina Flutur pour Au-delà des collines de Christian Mungiu

 

 

Grand Prix :

 

Reality de Matteo Garrone


 

 

 Palme d'or :

 

Amour de Michael Haneke


 

 

 

 

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FinnegansWake30/05/2012 12:13 par FinnegansWake

Disons que cette histoire du “Pacte” est la seule raison compréhensible pour que Moretti ait filé un prix de la mise en scène à Reygadas, qui pour le coup a fait un film que l’italien doit détester. Pour Reygadas on sait que c’est Raoul Peck et Andrea Arnold qui ont fait [...] LIRE LA SUITE
L.J. Ghost30/05/2012 11:58 par L.J. Ghost

Haneke c’était prévisible. Après avoir vu le film, évident. Disons que cette histoire du “Pacte” est la seule raison compréhensible pour que Moretti ait filé un prix de la mise en scène à Reygadas, qui pour le coup a fait un film que l’italien doit détester. LIRE LA SUITE
borat830/05/2012 10:52 par borat8

Rien à voir avec Haneke pour le coup, je faisais juste le rapprochement avec le choix d’Huppert en 2009. ;) LIRE LA SUITE

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