••• Visite au salon de Besançon


20 fév 2011 Par Paul melville


 Le 1er week-end de février aura sans doute été le plus chaud des week-ends que la ville de Besançon aura connu cet hiver. Les origines de ce micro phénomène : le réchauffement de la planète dû au gaz rejeté par quelques bovins trop tranquilles ? Le réchauffement  climatique ?  La réponse est dans le texte des affiches placardées aux alentours de la ville : le salon de l’érotisme. Direction donc le parc des expositions, où la file d’attente déjà se dessine, se courbe, puis s’allonge. Sous les manteaux de ces dames, je devine des jupes trop courtes, perchées sur des talons trop hauts, des décolletés profonds, contenus dans des espaces exigus :   je sens que  voyeurs et  exhibs vont trouver un terrain d’entente ce week-end. Une fois l’entrée franchie et les manteaux enfin tombés, la température remonte et mon reportage commence.

Le magazine qui m’envoie couvrir ce salon traite de l’actualité cinématographique et des sorties dvds du 7ème art au 7ème ciel ; je me dois donc de trouver des éditeurs/producteurs de films X, ou à défaut, des vendeurs de dvds connaissant des éditeurs/producteurs. Mais  mon cher rédacteur en chef, après une rapide visite et l’absence constatée des présentoirs des « films de boule », il faut croire que ces galettes digitales qui contenaient des heures de perversions chapitrées ne sont plus en vogue, en 2011 le virtuel ne fait plus recette. Les stands des maisons d’édition ont disparu du PEF (Paysage Erotique Français), les bimbos décolorées qui ornaient naguère les jaquettes ont été remplacées par des sex-toys couleur pastel aux formes phalliques mais fantaisistes. Bref, si l’image a encore un avenir dans la pornographie, ce n’est plus le dvd et encore moins le blu-ray qui la mènera au conso-mateur.

 Ou sont les DVD passés ?

Le seul éditeur présent sur le salon me confirme que le dvd n’a plus la côte :

"Comment rentabiliser une production  dans un marché qui rétrécit de jours en jours ?"

Car il faut bien l'admettre, internet a tout changé. Avant,  la pornographie était une forteresse rose imprenable  qui alimentait  le marché  du X en films et les actrices pouvaient en vivre. Mais depuis la démocratisation du web, et le pillage des catalogues des éditeurs par les sites de streaming,  le manque à gagner a freiné toute possibilité de production. Par ricochet, les actrices qui souhaitaient faire carrière sont parties tourner à l’étranger, ou tournent des scènes gonzo pour le net. Les vidéoclubs ont disparu de nos villes et les sex-shops n’ont plus le monopole du sexe ; leur clientèle vieillissante ne se renouvelle pas. La génération d’aujourd’hui est gavée de porno  consommé  à l’œil sur la toile ; cette génération ne mettra sûrement pas les pieds dans un sex-shop et aura du mal à débourser 30 € pour acheter un film. En résumé : pas d’argent, pas de tournage ; pas de tournage, pas d’actrice. Les productions françaises « pro » se sont raréfiées.

Une des solutions pour vivre du X, dans un marché en pleine mutation : s’autoproduire ; ce que fait depuis quelques mois l’actrice Pussykat qui, après avoir mis en ligne ses scènes, édite pour son propre compte ses dvds, s’offrant même le luxe de sortir ses ébats en 3D.

Pussy Kat, la starlette qui monte qui monte..

 

Alors, quand le consommateur de 2011 accepte de quitter son monde virtuel, c’est uniquement  pour des instants qu’il espère inoubliables.

                                                                     Who is it ?

 

A Besançon, les  visiteurs en mal de sensation, peuvent poser avec Charlotte de Castille topless, assister au tournage d’un film …X (oui tant qu’à faire), attraper des torticolis au stand de lap dance, se faire masser « body body », ou grimper au septième ciel avec le bus à striptease, moyennant  supplément évidement. Bref encore plus près, mais toujours trop loin,  le consommateur d’aujourd’hui  n’a que faire des sensations digitales. Autres temps, autres tendances, le marché en hausse, c’est celui  des sex-toys : il suffit de compter le nombre de stands proposant aux couples de pimenter leurs nuits pour comprendre que le marché s’adresse de plus en plus aux couples. Il n’y a pas de plaisirs incompris dans la galaxie des sex-toys : qu’il soit anal, vaginal, clitoridien, sans oublier le point G, ces complices du plaisir ont envahi les tiroirs de table de nuit des couples. Les cravaches et les cravates se rangent dans le même placard, à côté des godes ceintures. Les robes sexy s’affichent  sur les stands et sur le corps des visiteuses qui sont désormais des habituées de ces salons qui se veulent le carrefour des libertins.

Un des nombreux stand de robes sexy

La soirée du vendredi aura été dédiée aux étudiants, celle du samedi aux couples libertins. Les adeptes des plaisirs solitaires ont pu repartir avec un fragment de féminité : au choix, des lèvres suceuses, un vagin lubrifié à usage multiple, une paire de fesses cambrée, ou le tout en un à gonfler. 

 tenues sexy, jouets exclusifs, les mots clefs d'un nouveau marché

 

La visite n’aurait pas été complète sans un tour au podium central ou je joue des coudes pour assister au show de la marraine de cette édition 2011 : Oksana, la star incontestable de ce salon. Son show endiablé aura enflammé la foule Bisontine, ravie d’approcher une légende du X.

Oksana, l'étolie de Besançon.

 

En résumé, un salon réussi à en croire les visiteurs, qui repartent avec suffisamment de photos pour alimenter leur Facebook, mais en demi-teinte pour les professionnels de la profession confrontés à un marché en plein bouleversement, une crise économique,  et qui doit apprendre à vivre désormais à l’ombre du web.

A suivre ……

 

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La Rédaction21/02/2011 11:53 par La Rédaction

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