••• Alien Anthologie : Les bonus d’Alien 3 (non censurés)
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Si l'on retrouve au programme interactif de ce troisième opus de la saga Alien les mêmes valeurs sûres que sont les innombrables galeries de photos, les contenus additionnels, le mode MU-TH-UR ou encore la version rallongée du film accompagnée de son commentaire audio, ce qui en fait tout le sel et rend in extenso ce coffret Anthologie indispensable, c'est son making of présenté dans sa version intégrale non censurée de 3h.
Nul n'ignore aujourd'hui que David Fincher eut maille à partir avec la Fox sur ce premier long-métrage en temps que réalisateur, et bien que le making of disponible sur le précédent coffret DVD paru en 2003 ne cherchait nullement à passer sous silence de telles dissensions entre le réalisateur et le studio, celles-ci étaient présentées sous un jour pour le moins édulcorée qui se contentait de traiter ce long-métrage comme un projet difficile, de longue haleine et accompagné de quelques « petits différents » comme toute autre production à gros budgets digne de ce nom.
Dévoilé aujourd'hui dans sa version pleine et entière agrémenté de vingt minutes supplémentaires, le même making of laisse apparaître un tout autre visage de cette entreprise. On y découvre en effet un projet sur lequel le studio pensait avoir embauché un simple yes man, surveillé en permanence par un chien de garde (« watch dog » en VO dans le texte) et qui dû batailler au jour le jour pour tenter d'imposer sa vision des choses avant de finalement abdiquer face aux exécutifs du studio (personnifiés par un certain Jon Landau, futur grand pote producteur de James Cameron) qui ne voyaient là qu'un gouffre à pognon pour un simple « Alien de plus ». Si beaucoup loue ses qualités de metteur en scène, Fincher n'en est pas moins présenté comme un réalisateur difficile (le costume designer Bob Ringwood et le scénariste / producteur David Giler jetèrent l'éponge) et très exigeant (jusqu'à 15 / 20 prises). Quelque part entre un studio qui broie son « employé » et un jeune réalisateur talentueux un brun mégalo, il y a sans doute un juste milieu que tente de nous laisser entrevoir ce documentaire.
Reste surtout la question la plus importante : pourquoi la Fox autorise-t-elle en 2010 le public à découvrir de telles coulisses censurées en 2003 ? Le studio a-t-il estimé qu'il y avait prescription ? Désormais reconnu par tous, le talent de David Fincher pourrait-il en être la cause ? Allez savoir. Toujours est-il qu'en délayant aujourd'hui toutes ces langues jadis de bois, ce Naufrage et rage : la fabrication d'Alien 3 se hisse au niveau des mythiques Hearts of darkness : a filmmaker's apocalypse et autres The Hamster factor and other tales of Twelve monkeys en allant gratter là où ça fait mal derrière le beau vernis de cette magnifique usine à rêves qu'est le Septième Art.
Pour découvrir d'autres extraits non censurés,
accédez à la galerie en cliquant sur les captures ci-dessous
Pour le reste, voici les détails des bonus phares de ce troisième Alien.
Édition spéciale de 2003
Si le changement le plus conséquent (en durée : près de 10 minutes en plus) intervient lors de la première « chasse » à l'alien où la créature est capturée avant d'être libérée par un Golic en admiration totale devant ce « dragon », on pourra également noter la découverte de Ripley sur la plage et non plus dans le vaisseau échoué ainsi que le rapport beaucoup plus long transmis ensuite ou bien encore la « naissance » de l'alien qui s'extirpe à présent non plus d'un chien mais d'un bœuf. Les autres changements sont beaucoup plus subtils et ponctuels, réorientant fondamentalement le film vers une approche plus religieuse et communautaire telle qu'envisagée dans un premier jet par le scénariste Vincent Ward (cf. les bonus ci-dessous). On trouve ainsi d'innombrables séquences mettant en scène les prisonniers, les rapports qu'ils entretiennent les uns les autres et face à la religion. La scène rajoutée de capture de la bête dans les flammes, le sang et les morts prend ainsi des allures d'acte quasi évangélique soutenu par une musique ad hoc. La fin diffère également très légèrement. Si le personnage de Bishop se voit rajouter une ou deux lignes de texte (« Tu vois, je ne suis pas un androïde », « Arrêtez de filmer »), la mort de Ripley proprement dite ne se fait plus avec « l'accouchement » du monstre.
Commentaire audio
Ce commentaire est essentiellement axé sur la technique avec Alex Thomson (directeur photo), Terry Rawlings (monteur), Alec Gillis et Tom Woodruf Jr. (concepteur des effets spéciaux de l'alien), Richard Edlund (producteur des effets spéciaux) et un seul petit acteur, Paul McGann (Golic) qui par ailleurs n'intervient que très rarement. Lance Henriksen est également de la partie à deux reprises : lorsque Ripley réactive temporairement le droïde et à la fin lorsque le Bishop humain fait son apparition. L'acteur semble toutefois ne pas avoir été enregistré tout en visionnant le film, comme en témoigne sa première intervention : « Dans une scène, le mannequin de Bishop est en piteux état. J'ai prêté ma voix au mannequin » alors que l'on aperçoit précisément ladite scène à ce moment là. Comme on pouvait s'en douter compte tenu des protagonistes présents sur ce commentaire, les détails techniques abondent : maquettes, prothèses, décors, Tom Woodruf non-crédité au générique dans le costume de l'alien... Le directeur photo intervient très souvent pour préciser les éclairages, caméras et objectifs employés, même s'il reconnaît s'être contenté de suivre les « règles » établies par Jordan Cronenweth, le premier directeur photo sur le film (qui dû très rapidement quitter le projet, cf. bonus ci-dessous) et par David Fincher. Un Fincher dont tous reconnaissent à posteriori le talent et les qualités aussi bien en tant que technicien, cinéphile mais aussi directeur d'acteurs. Cette reconnaissance (tardive) est peut-être aussi dû au fait que, comme ils l'admettent unanimement, bien que rejeté et sous-estimé à sa sortie, le film est de plus en plus apprécié au fil du temps. Toujours est-il que, bien qu'absent, Fincher est très souvent mentionné (« Fincher voulait », « C'est une idée de David »...) tout du moins au début car, passée la première heure, les propos deviennent nettement moins soutenus. Dans tous les cas, on ne sera pas vraiment surpris de ne trouver aucune allusion au scénario étant donné qu'il n'y en avait pas (cf. ci-dessous).
Naufrage et rage : la fabrication d'Alien 3 (179min 20s)
Place à présent au fameux making of susnommé. À titre indicatif, nous avons précisé (en rouge) les noms et durées qu'arboraient ces différents reportages sur le coffret DVD paru en 2003.
L'enfer du développement : conclusion de l'histoire (17min 42s)
Préproduction : Développement (17min 01s)
Dès le lancement du projet, des difficultés firent déjà surface. Plusieurs réalisateurs furent contactés, notamment Ridley Scott mais aussi Renny Harlin avec deux orientations possibles : explorer la planète d'origine des aliens ou bien les faire arriver sur Terre. Le scénario passera alors de main en main, y compris celles d'un certain David Twohy (Pitch Black, Abîmes). James Cameron avait lui-même envisagé une suite à son Aliens, le retour en gardant le trio familial constitué par Ripley, Newt et Hicks. Une Ripley qui ne serait pas forcément présente dans ce troisième volet, tout du moins pas sous les traits de Sigourney Weaver puisqu'il fut un temps question que le film se fasse sans l'actrice ! Après un an de préparation, Renny Harlin décida de se retirer du projet, jugeant tous les concepts envisagés trop proches des deux opus précédents. La situation fut alors débloquée par Vincent Ward qui devait également réaliser mais finit lui aussi par abandonner cette possibilité par manque de... liberté artistique !
Les histoires de la planète en bois : la vision de Vincent Ward (13min 11s)
Préproduction : Contes (13min 13s)
Ce second reportage passe précisément en revue les grandes lignes du film tel qu'envisagé à l'origine par Vincent Ward (et dont la version longue du film se rapproche davantage, cf. ci-dessus). Le concept de base était donc le suivant : une sorte d'étoile noire (en bois ?!?) à la Star Wars avec des terriens refusant toute forme de technologie, une sorte de communauté monastique avec cathédrales, champs agricoles... L'histoire demeurait globalement identique au film achevé : Ripley échouait sur cette planète avec un alien dans le ventre. Parvenu à l'âge adulte, la créature était traquée dans les champs de blé avant d'être plongée dans une cuve de verre en ébullition. Côté conclusion, les similitudes sont également de rigueur avec deux fins possibles : une où Ripley se donne la mort dans les champs en flammes et la seconde où un moine l'exorcise (l'avorte) de la créature. Ce choix revint à l'actrice Sigourney Weaver qui, ne souhaitant plus jouer dans la série, demanda à ce que l'on tue son personnage.
La stase interrompue : la vision de David Fincher (14min 13s)
Préproduction : 3ème partie (11min 43s)
Très remarqué par ses nombreux clips et publicités, David Fincher débarque donc au beau milieu du champ de bataille sans même avoir pris connaissance du travail effectué en amont. Commence alors un gigantesque boulot de réécriture (par Walter Hill & David Giler, tous deux déjà à l'œuvre sur le premier opus), de réorientations diverses (la planète monastère devient une planète pénitentiaire) en même temps que le combat entre Fincher et les producteurs. On trouvera également une amusante anecdote à propos de Michael Biehn qui se mort aujourd'hui les doigts de ne pas avoir fait parti du projet (l'alien devait sortir de sa dépouille alors que l'acteur n'avait même pas été contacté à ce sujet).
Xeno-érotic : la reconception de H.R. Giger (10min 20s)
Préproduction : Xéno-érotique (10min 21s)
Désireux de voir le créateur originel de l'alien prendre part au projet, Fincher demanda à H.R. Giger de retravailler sa créature en vue de lui donner un look plus félin. Giger conçut alors de nombreuses variantes qui plaisaient pour la plupart énormément au réalisateur mais c'était une fois encore sans compter sur les producteurs qui malgré les nombreux changements effectués n'avaient nullement repoussé la date de début du tournage. De plus, les relations entre Giger et ces mêmes producteurs se détériorant, bien peu du travail du concepteur demeure à l'arrivée dans le film.
La couleur du sang : studios Pinewood, 1991 (23min 42s)
Production : 1ère partie (18min 03s)
Un premier reportage sur le tournage qui s'attarde tout d'abord sur les décors et les effets spéciaux en direct, notamment l'usage du feu étant donné qu'il n'y a aucune arme dans le film. La seconde partie revient plus en détails sur le travail entamé par le directeur photo Jordan Cronenweth (Blade runner) qui dû abandonner le projet car atteint de la maladie de Parkinson. Remplacé par Alex Thomson, ce dernier se « contenta » alors de suivre les orientations visuelles envisagées par Cronenweth et Fincher : éclairage par variation, points chauds, par en dessous... Thomson revient également sur les difficultés de filmer dans des couloirs aussi étroits et sombres ainsi que sur la trouvaille du steadycamer : la caméra pivotante qui, associée à un objectif anamorphosé aboutira à la vision subjective de l'alien. Le documentaire revient également sur les différents réalisateurs de seconde équipe qui se succédèrent, cette équipe se devant d'être très productive afin de respecter les impératifs du planning.
Organisme adaptatif : conception des créatures (20min 58s)
Production : Organisme polymorphe (20min 35s)
Ce second reportage sur le tournage revient principalement sur la conception de l'alien, notamment sur la scène alternative (cf. version longue) où la créature sort du ventre d'un bœuf et part en courant. On y découvre ainsi un essai (peu concluant) de « costume » pour le chien afin de faire croire à l'alien en train de marcher, tandis que le rôle de la créature dans sa version adulte était tenue comme précédemment par un acteur lui aussi costumé (une heure pour tout enfiler et peaufiner). Un acteur qui par ailleurs n'y voyait strictement rien puisque sa tête était située au niveau du cou de l'alien. Le documentaire revient précisément sur les différents modèles de têtes d'alien (passives, radiocommandées, attaquantes) mais aussi sur la scène du bioscan à base de couches multiples ainsi que sur la fabrication d'une autre tête, celle de Bishop l'androïde.
La spirale infernale : différences créatives (14min 55s)
Production : 3ième partie (8min 57s)
Dans sa version « expurgée », ce reportage prenait les allures de louanges (un brun faux cul il faut bien l'admettre) à l'attention des nombreux mérites et du talent de David Fincher face à la rigidité du studio et des conditions de tournage difficiles : absence de scénario, premier long-métrage, idées trop onéreuses... Dans sa version non censurée, c'est une toute autre histoire...
La furie optique : effets visuels (24min 04s)
Postproduction : Déchaînement visuel (23min 22s)
La première partie est consacrée à l'alien ; un alien miniature manipulé à l'aide de tiges (effacées par rotoscopie) et filmé devant un fond bleu dans un rapport un tiers par rapport au tournage réel dont les mouvements de caméra étaient enregistrés sur ordinateur. Encore quasi inexistante à l'époque (Terminator 2 venait tout juste de sortir l'année précédente), l'infographie du film se limite à un seul et unique plan de quelques secondes : la fissuration du crâne de l'alien à la fin. La seconde partie revient quant à elle sur les décors : la fonderie dans un style « à la Blade runner », la maquette du vaisseau qui s'échoue sur la planète ainsi que les scènes d'explosion également réalisées en miniatures car jugées trop dangereuses pour être tournées en direct avec des cascadeurs.
Où le soleil brûle froid : les studios Fox L.A., 1992 (17min 33s)
Production : 2ième partie (14min 40s)
Les choses se précipitent : le tournage est stoppé net pour cause de budget hémorragique et, de retour à Los Angeles, une première version du film longue de trois heures est assemblée. Commence alors un long et fastidieux travail de remontage qui durera près d'un an : fin changée, tournage de nouvelles scènes... le reportage passe en revue de nombreuses séquences coupées et désormais visibles dans la version longue.
Requiem pour un cri : musique, montage et son (14min 53s)
Postproduction : Musique, montage et son (14min 54s)
Comme son nom l'indique, ce documentaire revient sur la musique, les effets sonores et le mixage de la bande son. Elliot Goldenthal évoque certaines séquences : l'ouverture, l'autopsie, la longue scène de poursuite dans les couloirs pour laquelle il fut bien difficile de composer une musique non répétitive compte tenu de la longueur de la séquence ou encore la musique de fin conçue à la dernière minute en une seule nuit. Aucun thème précis ne sera par ailleurs composé puisque David Fincher souhaitait combiner musiques et effets sonores autant que possible. Un choix qui n'ira d'ailleurs pas sans occasionner quelques frictions entre Goldenthal et les monteurs son.
Post-mortem : réactions au film (8min 24s)
Postproduction : Post-mortem (5min 51s)
Cette conclusion revient sur le succès très mitigé aux États-Unis lors de sa sortie en salles mais qui fut beaucoup mieux accueilli sur les autres marchés tandis que, devenu entre temps un cinéaste reconnu, cette première réalisation de David Fincher est réévaluée au fil du temps. Là encore, la version non censurée du reportage laisse apparaître un tout autre visage du bout du tunnel de ce véritable chemin de croix...
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LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!30/10/2010 05:00 par La RédactionAlien Anthologie : Les bonus d?Alien 3 (non censurés)Vous pouvez discuter ici de l’article Alien Anthologie : Les bonus d?Alien 3 (non censurés).
Cliquez ici pour lire l’article complet : http://www.ecranlarge.com/article-details-17738.php
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